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Le rythme dramatique, rencontre de la forme finie et du mouvement de l'infini

L'histoire est une forme.
C'est une forme qui a comme substance le monde, le cosmos, agencé dans mes représentations.

Lorsque le vivant et l'histoire cohabitent dans l'imprévisible à venir, lorsque ma subjectivité change le cours mécanique de l'histoire, celle-ci se change en drame.

L’expérience épique de mon cor, offerte par des liens invisibles qui maillent le vivant, vient animer mon histoire dans la force d'un champ impensable.
Lo jòi est cette force du vivant qui change l'histoire en drame.

Une présence est un effet de cause.
Raconter une histoire, c'est mettre le cosmos en mouvement dans une traversée, et
Donner à cette traversée une forme intelligible, remarquable et digne d'intérêt.
Parce que
Je la raconte et que 
Je traverse l'histoire, que
J'en fais un drame. 

Le cosmos est absurde.
Mon corps est le conflit de mon cor avec sa pensée, mon corps est le paradoxe qui donne la forme de ma mezura.

Comment confronter mon corps et son esprit, en négociation permanente, avec l'inconditionnelle régie du cosmos ?

C'est là une triangulaire qui tente de lier
Le corps infini avec
L'esprit incommencé
Par le liant intriquant du cosmos.

Chaque drame n'a pour seule finalité que l'image d'un cosmos liant, source d'intrication. Le liant du cosmos est la régie universelle de toutes les histoires possibles et autres.
Et chaque drame dénonce, et dénoncera,
Mon être dépassé par l'ether dans lequel il baigne et

Qui le mène, l'oriente, le dirige,
Dans son drame.

Et je pense à Europe à Cadmos à Narcisse à Œdipe à Echo à Jean de l'Ors à Zeus à Dionysos à Bergson à Apollon à Tirésias à Rimbaud à Homère à Blaise Cendrars à Icare à Zarathoustra à Zorba à Sisyphe au Petit Prince à Hamlet à Ariel de Ventadorn à Louis XIV au dieu inconnu à Pégase au théâtre de mon cor où les masques surgissent pour nourrir mes drames.

C'est l’expérience d'une pensée qui se cherche une forme, qui cherche à
Donner du sens à sa nature, à
Retrouver sa source organique du cor dans le mouvement musical des mémoires d’extériorités.

C'est le drame des expériences absurdes, improbables et imprévisibles,
Des expériences d'extériorités et d'autres d'intériorités, puis des expériences d'intériorités et d'extériorités confondues
Dans la naissance d'une nouvelle subjectivité que le jeu dans lo jòi m'aura amené.

Le drame peint le monde dans les représentations de son humanité.
L'histoire est l'utopie d'une forme, créée par la faiblesse de ne pouvoir échapper à sa pensée.
Le lyrisme est la présence organique d'une raison inévitable, rendu par le corps chaud et coloré d'une emprise charnelle au cosmos
Qui change l'histoire en drame, qui change 
L'histoire incommencée 
En drame infini. 

L'histoire devient un mouvement qui invite le drame et m'aide à appréhender les expériences qui jusqu'alors étaient restées invisibles.
L'histoire devient un mouvement qui nous suggère les possibles, les utopies, et les mémoires futures dans la grande entreprise culturelle de mon humanité.

Le drame est l'histoire qui devient une image mouvante,
Il est l'idée qui subit les métamorphoses que lui inflige la nature mouvante de nos conditions d'être singuliers et vivants.
Il est l'expérience d'un cor dans sa participation à l'évènement du monde et du cosmos.

Je suis un cor infini, nourri d'une pensée incommencée, dans un corps limité et dans une humanité bornée. C'est là notre aventure humaine et commune. Et
Le cor est cet organe infini dans un référentiel organique intriqué pour mon aventure primordiale.

Mon cor fait corps avec l'histoire pour en faire un drame.

Pendant que l'ours mange un poisson, L'ors se régale d'une constellation.

Pour le protagoniste du drame, l'histoire est cet endroit rare et improbable où l'absurde réalité du monde a trouvé la forme intelligible de la fatalité. C'était en fait l'utopie enfin réalisée, enfin renouvelée.
Cette forme intelligible est une forme qui se meut techniquement aux cors, par la parole, la trace, la musicalité, le jeu des interactions, et qui peut ainsi révéler toutes les couleurs d'un drame dans le masque du monde.

Mon esprit aime les histoires intelligibles.
Mon esprit fabrique des histoires de toutes parts. Mon esprit résout les absurdités les plus riches pour, à tout prix, en faire une histoire intelligible. Mon esprit apprend à rendre intelligibles les absurdités les plus loufoques que me donnent mes expériences sensibles. Mon esprit déforme pour rendre forme, il épluche pour sculpter l'enveloppe, il abstrait pour conscientiser, il abîme pour générer l'image,
Il fait de l'absurde la forme qui me grandit et du paradoxe un juste intervalle.

Si je sais l'imaginer, je sais la penser. Aussi,
Si je sais imaginer l'histoire, il est une dimension où elle existe, où elle a existé, où elle existera, tout cela en même temps.
Si je sais l'imaginer, c'est que l'imaginer est accessible.
Si une histoire est accessible à ma pensée alors elle est accessible à d'autres pensées, et cela l'aura peut-être déjà été d'innombrables fois, et que parmi toutes ces fois, il y en a certaines qui auront été actées,
Par la force des utopies, Et
Alors elle est devenue un drame.

Si Je sais imaginer l'histoire la plus incroyable, la plus belle, si je sais imaginer la pire histoire et même malgré moi,
Je peux me dire qu'elle existe, perdue entre l'espace-temps du cosmos et les humanités,
Et que quelqu'un la réalise, quelque part dans l'espace-temps de ces humanités.

Parce que lo jòi est l'utopie fossile qui se manifeste à moi comme un démiurge.

Toutes les idées ont été réalisées, ou qu'elles le seront un jour.
C'est la force de l'utopie des inconscients mystérieux sur nos idéaux azimutés.

Des pires horreurs aux plaisirs les plus fous,
Rien ne sera épargné aux êtres pensants.

C'est là que l'histoire trouve son rayonnement :
Parce que l'histoire, les histoires, sont structurelles chez moi,

Elles sont les formes potentiellement mouvantes qui résonnent dans mes essences d'humanité,
Elles sont les supports utopiques qui créent tout ce que nous serons et avons été
Dans le mouvement de ce que je suis.

Ainsi mon esprit est un théâtre dramatique aux histoires surréalistes.
Ainsi ma vie est un théâtre dramatique aux histoires mises en commun.
Ainsi notre rencontre est un théâtre dramatique à l'histoire singulière.

Ainsi la science est une histoire qui espère trouver le visible.
Ainsi la poésie est une histoire qui espère trouver l'invisible.
Ainsi la société est sa propre histoire.

Ainsi l'histoire est un champ de bataille.

Chaque histoire est la rencontre entre un système absurde et une pensée qui s'y confronte.
Entre un infini
Et un incommencé,
L'histoire se cherche une forme, sans quoi
Mon humanité perdrait toute son autorité et je m'isolerais dans un théâtre sauvage et solitaire. 

Ainsi l'histoire qui anime les théâtres, celle qui raconte le vivant,
Est omniprésente, polymorphe, en permanente transformation.
Elle passe comme une constellation dans le ciel des cors,
Et des nuages d'Ors sur leurs montures rayonnantes,
Traversent le ciel pour se régaler des bancs d'étoiles
Loin de la fatalité des coindetas qui rôdent dans le ciel des cloches, tels des trous noirs d'abstraction.

L'histoire est la reine des constellations qui rêve, peut-être le temps d'une nuit
De ne rien être d'autre que le ciel. 
C'est une constellation condamnée
À toucher terre,

Encore et en cor.