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La phantasia del pantais, et le phénomène de transe

Dans mon jardin, 

L'imagination est une fleur, 
L'imaginaire est son terreau. 
Ma phantasia est la lumière qui jaillit vers le zénith de mon esprit depuis la fontaine des mémoires souterraines. 
Lo pantais est la phantasia du corps. 

Mon corps est mouvant. 
Mon corps vivant est mouvant. 
Mon vivant del jòi est mouvant. 
L'image qui apparaît psychiquement est l'indice d'un mouvement du cor. ​

Tout ce qui apparaît à mon esprit pensif est le fruit d'un mouvement. 
Un geyser d'eaux de fleurs jaillit de la fontaine de mon jardin. 

Le mouvement est mouvant et ma pensée court après. 
Il y a un mouvement dans le mouvement. 
La manière n'est pas un hasard et 
Rien ici ne peut être réduit à la forme d'un objet. 

Le mystère demeure dans l'objet, 
Ailleurs il n'est que mouvement et transformations continues. 

L'imaginaire n'est pas un objet, il est un brouillard paréidolique, le sel électrique du mouvement de mon cor.
L'imagination n'est pas appelée par une volonté, elle est la manifestation par apparition d'une réminiscence sélective, depuis le cor et sur le plan de mon esprit. 
Cette réminiscence sélective est l'accord symphonique d'une musicalité évènementielle avec ma musicalité mémorielle, l'accord d'une extériorité avec mon intériorité. 
La sensation lumineuse de cette transformation, de l'imaginaire vers l'imagination, est un mouvement : 
La phantasia. 

Une vague de reflets d'eaux de fleurs, un jet de lumières multicolores qui traverse la cloche de verre de mon humanité vers le zénith de mon esprit. 
Ma phantasia est mouvante, insaisissable, elle est la sensation lumineuse de ma colonne qui précède ma pensée. Elle est ma raison organique et inconsciente, fruit des musicalités au bout de leur climax, et qui se manifeste à mon esprit. 
Cette phantasia est mon geste encore invisible. 
Elle porte en elle le mystère, la beauté lyrique, l'hallucination du réel. 

La phantasia n'est pas un rêve. 
Le rêve, c'est la mémoire qui s'adapte à elle-même. 
La phantasia, c'est la mémoire qui s'accorde au réel. 
C'est le réel qui nourrit mon corps de sa musicalité pour entrer en résonance avec ma mémoire musicale. 
C'est la fusion qui nourrit le réel de ma mémoire musicale pour la porter à mon esprit. La phantasia, c'est la trace mouvante d'une subjectivité naissante. 

Lo pantais, c'est la manifestation organique et gestuelle du mouvement de ma phantasia. 
Ma nuque est lente quand je vois cette plante grandir dans mon imagination. 
Lo pantais c'est la rêverie d'un corps qui n'a jamais été dissocié de son esprit.  

Lo pantais, c'est la mémoire qui dirige la volonté et lo pantais, c'est la mémoire qui dirige le geste. 
Lo pantais, es la memòria que dirigís la volontat e lo pantais, es la memòria que dirigís lo gèst. 
Lo pantais, c'est la phantasia qui a perdu son exclusivité philosophique. 

Dans ce monde d'intrication, la phantasia est la manifestation psychique d'un pantais organique, lo pantais projeté dans le monde des représentations.

La phantasia est la manière, 
La phantasia est la manière dont surgit l'imaginaire psychique. C'est la phantasia qui agence nos idées et nos phrases, nos souvenirs, bien avant la pensée. C'est la phantasia qui se cache derrière le masque du langage. 
Lo pantais est la manière dont le geste s'articule, et qui influe l'énergie nécessaire. 
C'est le rythme qui se résout par la danse d'un corps rempli de son cor. 

Il existe des mondes où le rêve, l'imagination et le geste 
Sont confondus. 
Ce monde n'est pas le nôtre, ce monde n'est plus le nôtre, mais 
Il est encore celui du poète, du chaman et de l'acteur. 

Là où l'inconscience n'a d'inconscient que son titre, 
Ces pantais sont mes jòis en travail, ces pantais sont l'entièreté d'un imaginaire qui se mobilise pour s'accorder à une exteriorité, ces pantais sont
Mon identité inviolable 
Et par conséquent, 
La phantasia, et le pantais du geste, sont les fondations de mes personnages. 
Je peux maintenant travailler les rythmes et les résonances de mes personnages en cherchant leurs mouvements par le jeu. C'est à dire en cherchant par le jeu les mouvements de leur pantais. 
Respecter lo pantais comme le motif inébranlable d'un personnage, c'est être dans la technicité impeccable du travail du comédien 
Car le masque n'est nulle part ailleurs qu'ici, là
Où la phantasia et lo pantais sont un seul et même objet. 

Ceci n'est plus un rêve, ni une rêverie, c'est lo jòi qui fusionne le réel avec ma réalité, lo jòi qui fusionne mon corps avec le cor de mon personnage, lo jòi qui fusionne les rythmes dans son effet d'intrication. 
C'est le monde mouvant qui m'apparaît dans le référentiel dramatique du cor. 
Il n'y a rien de plus concret, de plus juste, insensé, beau et indiscutable, 
Que cette danse visible de mon cor invisible. 

C'est là une danse qui s'accorde à son milieu, dans la mezura de ma subjectivité. 
C'est le bourdon d'un monde et le bourdon de mon cor qui ont en commun un chant. 

C'est une danse qui, lorsqu'elle est bouclée sur elle-même, définit la transe. Cette transe est un voyage dans les profondeurs cosmogoniques et mouvantes de mon cor. La transe c'est mon cor rendu visible. La transe est une porte vers un monde invisible, absurde et réel pour celui qui saurait les penser au-delà, au-deçà de toute littérature, avant toute folie humaine. 
Cette danse c'est le pouvoir du poète montré ou de l'acteur regardé. 

Mais, 
Si la pensée s'affranchit de son corps sensible pour se boucler sur elle-même, alors elle devient cette pensée humaine et fictive qui crée les réalités biaisées. Quand la parole se pense elle-même, elle devient le bourdon synthétique de toutes les pensées parfaites, loin de toute mezura. C'est une transe de volonté hors talan et potentiellement tragique pour le corps. 

À propos de la transe

Penser, c'est chercher une phrase. 
La phrase est cherchée dans les représentations du langage, depuis les logiques culturelles acquises du vocabulaire, des sémantiques, des grammaires et de tous les autres codes qui nourrissent une langue vivante. 
Ainsi, la langue et la pensée sont une extériorité à l'être, elles ne sont pas une intimité mais une capacité à rendre cette intimité à l’extériorité de l'entendement social. 
Penser, c'est une activité sociale. 
Réfléchir, c'est mettre en reflet son ressenti avec ma pensée. Réfléchir, c'est mettre mon intimité en reflet avec ma nature sociale. 
Penser c'est négocier mon intimité pour l'inclure dans le système social où je baigne. 
Penser, c'est une concession de mon cor qui accepte la nature sociale de mon humanité. 
Penser, c'est convertir mon intimité pour le partage. 
Quand je pense, je ne suis plus autre chose qu'une entité sociale et ma pensée s'adapte aux codes du langage au point où 
Je pense depuis ma société humaine.

Si je ne suis qu'être pensif je me désincarne dans mon extériorité, mon image, mon ego. 
Mais que se passe-t-il si je ne pense plus ? 
Que se passe-t-il quand la pensée s'efface dans la confusion ? 

Je plonge. 

Ma phantasia a perdu toute structure sociale, je ne suis plus que bourdons d'images et de sens dans un corps animal où les traces me pensent. C'est la transe. 
La transe est cet état où lo pantais et sa phantasia circulent librement dans l'être, sans être contraints par le souci social ou l'appréhension d'une réaction. 

La transe est cet endroit où ma phantasia vit sa concentration. Ma pensée s'éteint littéralement et toute ma vigilance se focalise sur le mouvement de mon cor. 

La transe est cet endroit où le corps parle de lui, et de son intrication avec le monde.

À propos de la méditation

Si je me focalise avec concentration sur mes sens, ce qu'ils perçoivent, je peux boucler mes sensations et amplifier leurs musicalités. 

Si je me focalise sur mon sentiment, mon émotion, je peux les faire boucler jusqu'à la catharsis. 

Si ces méditations sont accompagnées d'images, je peux considérer que mon inconscient enfin conscientisé me parle et 
Je peux vivre le rêve de ma réalité organique que ma pensée jusqu’alors contraignait. 

La méditation est une écoute focale sur mes mouvements invisibles et contrôlés par ma pensée. Si je donne à mon corps et sa raison l'écoute qu'il réclame, 
Celui-ci me submerge d'informations intimes et ineffables, nécessaires à mon bonheur et ma santé. 

Je ne peux que prendre au sérieux mon corps qui, dans son génie inné, aura toujours quelques millions d'années d’expérience de plus que ma trop faible pensée. 

Pour l'acteur de théâtre, ou pour celui qui chercherait à acter sa propre vie, la méditation est un outil de travail et d'hygiène extraordinaire. La méditation permet à l'acteur d'apaiser sa vie psychique, de recouvrer une musicalité calme et de trouver son cor comme outil de transformation. 

Comment devenir quelque chose d'autre si je ne peux moi-même me soustraire à cette chose ? Je ne peux pas prendre le cor de mon personnage si je ne sais pas où se situe le mien. 
Comment passer à autre chose si mon état retient les mémoires indésirables, irrésolues et conflictuelles, parfois depuis des décennies ? Si le pantais d'une lointaine émotion perdure en moi sans jamais avoir trouvé sa résolution, elle devient inconsciente et peut surgir n'importe quand, dans un talan imprévu. 

La transe, c'est mon imaginaire mis en larsen dans un pantais bouclé. 
La transe c'est la musicalité intime de mon cor 
Qu'elle le traverse 
Dans la machine spasmodique 
Des impensables poétiques. 

La méditation trouve cela. 

Il n'y a pas de protocole, 
Sinon ma propre exploration.

À propos de l'hypnose

L'hypnose est une technique d'induction à la transe. la pensée n'est pas abstraite de mon mouvement, mais elle est volontairement prêtée, confiée dans la suggestion, jusqu'à ce qu'elle trouve une existence extérieure. Le cor, joueur, se retrouve libéré de ses talans. 
L'hypnose est cette technique de mise en transe où la pensée est effacée parce qu'elle aura été substituée à une autre : C'est la suggestion. 

Si je te dis que ce que Je dis c'est ce que Tu penses, 
Alors tu ne penses plus. 
Ma phrase est toute prête et tu n'as plus à la chercher. 
Tout est déjà sous tes yeux et dans ma voix.
Je suis la phrase que tu n'as pas pensée 
Et qui libère le mouvement de ton cor rendu visible. 
Je suis la phrase qui T'apaise parce que quand Je parle, Tu ne penses plus. 
Alors je te dis "cheval" et tout est maintenant "cheval". 
Je te suggère et cela suffit à éteindre ta pensée. 
Je te suggère et maintenant "cheval" est ta liberté.

Et si je te laisse avec ce cheval, qui est Ton cheval. 
Ce cheval est ton rêve.

C'est cela, l'hypnose et 
C'est aussi cela, 
Le spectacle. 

L'hypnose est cet outil simple qui permet l'enchantement à court terme, et qui suscite la passion des publics. 
C'est une exploration merveilleuse et à la portée de tous.  
Pour l'auto-hypnose, une fois la transe légèrement initiée, la volonté peut suggérer au cor et c'est un jeu aussi prenant qu'étourdissant qui s'offre à son explorateur. 

Aussi vrai que le corps est mon instrument, 
La transe et l'hypnose sont des disciplines qui me permettent d'augmenter cet instrument. 

À propos des drogues 

Les drogues sont des inductions à la transe, des inductions chimiques. 
Parce qu'elles éteignent la pensée ou qu'elles imposent au corps une activité musicale intense, elles provoquent des phénomènes de transe. 

Là où la méditation me révèle les urgences de mon corps, la drogue devient l'urgence du corps. 
Les transes liées aux inductions chimiques ne révèlent rien d'autre que la suggestion que porte cette drogue en elle. 

Être acteur au théâtre c'est s'animer d'une muse qui nous amuse dans lo jòi et les invisibles communs. 
Cela peut difficilement correspondre à la transe illégitime d'une drogue. La drogue n'est pas la bonne muse. 

L'acteur et la transe

De la même façon que l'acteur ne peut compter exclusivement que sur sa pensée pour le jeu, rentrer dans des transes profondes rend le travail impossible. L'acteur perd son affect d'extériorité, il ne peut plus jouer. S'il manifeste sa présence, alors cela intéresse plus les messes animistes que la mezura de l'acteur. 

De la même façon qu'un musicien répète ses gammes,
La transe, dans son mouvement présent, n'appelle pas autre chose qu'une absence sociale et a donc peu d'intérêt au théâtre. 

Néanmoins elle est un outil fantastique pour l'acteur et le poète, dans leur travail ontologique, et qui chercheraient justesse et précision.