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Physique du masque, une métaphysique de l'interface

Dans notre poème cosmogonique du vivant, nous avons mis en mouvement des dimensions reliées entre elles par des tenseurs mis en vecteurs. C’est alors qu’un même fait, objet ou tout autre manifestation concrète ou abstraite vient trouver une expression dans une autre dimension via le champ de son mouvement. Chaque présence vit donc des transformations synchrones dans la transdimensionnalité. Au point qu’une présence ne peut être considérée comme telle que lorsqu’elle se manifeste dans une pluridimensionnalité, c’est-à-dire le fait concret par ses interactions avec les autres dimensions.

Pour illustrer ce phénomène et ce afin de le rendre plus intelligible, tentons une expérience humaine à notre portée. Choisissons le référentiel humain qui nous est donc commun, à toi et moi. Ainsi la force du constat est de minimiser la place de l’interprétation. L’interprétation, une fois le temps redéfini en simple mouvement insécable et inséquençable, devient une intrication de l’expérience avec son mouvement, il est donc tout à fait juste de stipuler que l’interprétation est une raison tout à fait valable et concrète. Admettons une narration, admettons que celle-ci soit une expérience concrète : Je ramasse une pierre et je dis à mon enfant « Voici une pierre ». Il y a la dimension factuelle, dans mon référentiel, où la pierre a été mécaniquement ramassée. Cette dimension interagit en toute synchronicité avec la dimension évènementielle où une pierre singulière a été ramassée par un être singulier. Il y a maintenant la dimension organique où mon corps bouillonnant de réactions électrochimiques pour que mon corps puisse développer assez de joules pour agencer un mouvement mécanique. Il y a la dimension affective où mon corps s’organise

La nature intriquée des diverses dimensions nécessite des liants. Ces liants sont des interfaces, c’est-à-dire des limites abstraites au-delà desquelles les informations sont métamorphosées pour correspondre à une autre dimension sans rien changer à leur nature propre. L’interface est donc l’espace où s’effectue le mouvement d’équilibre entre deux dimensions pour qu’une information reste valable dans plusieurs dimensions et de façon tout à fait synchronisée. L’interaction est donc un espace où l’équilibre se cherche dans une négociation synchronisée entre deux sujets.

Une interaction est essentiellement une interface entre deux sujets, sur le modèle des lois d’intrications et à la racine de toute présence, dans la nature des choses à appartenir aux lois du cosmos.

Nous pouvons remarquer une chose tout à fait intéressante : L’interface est un mouvement qui trouve son origine avant la dimension de l’espace-temps et qui se manifeste par une métamorphose des sujets. Cette métamorphose donne à l’esprit humain le sentiment d’une cause et d’une conséquence. C’est donc le mouvement de l’interface qui donne à l’esprit sa notion du temps. Cette notion du temps qui distingue le passé et le futur dans l’abstraction nécessaire du présent n’est qu’une confusion de l’esprit à ne pas pouvoir s’intriquer dans la matière comme peut le faire le corps, par sa fonction narcissique. Ceci explique tout à fait le penchant de l’esprit à expliquer les différents passés et futurs par la seule excuse de l’interprétation. Mais l’interprétation pourrait tout à fait n’être qu’une abstraction tout à fait commune, faisant échapper l’esprit à la réalité concrète d’une seule et unique intrication générale, mise en mouvement par la métaphysique de l’interface, quand les interfaces ne sont qu’une autre façon de nommer un champ, produit vectoriel abstrait de deux vecteurs nuls, donnant un troisième vecteur nul, perpendiculaire et donnant naissance à un nouvel infini, une nouvelle dimension.

C’est-à-dire qu’il y a dans l’interaction toute la substance métaphysique du mouvement.

Pour recouvrer son visage, il faut élaborer une psychologie du masque.

Nous sommes, sans exception, des êtres sociaux. Mon visage est une représentation dans le regard des autres. Il est ce qui me permet d’être reconnu. Il me permet d’être reconnu dans son apparence, le masque, mais aussi dans son mouvement, mes états. Il invite l’empathie et il m’inclut dans l’arborescence structurelle de mon environnement social. Il est la première chose regardée et scrutée par mes semblables. Il est l’image de tout ce que je suis. Lorsque mon visage devient ma représentation dans le corps social, il devient un masque social et définira mon égo.

Mon égo est cette image qui me définit et qui m’est attribuée par mes semblables. Je n’ai aucun pouvoir sur lui. Il est intimement lié à tout ce qui est représenté dans mon esprit, puisqu’il habite la même dimension que toutes mes représentations. Lorsque je pense, que je cherche une phrase, je n’échappe pas à mon égo. Lorsque je me souviens, ou que je me projette, je n’échappe pas à mon égo. Dès que mon esprit s’active, il sollicite dans sa nature sociale la participation de mon égo. Mon égo, dans mon intimité, c’est l’idée que je me fais de ce que les autres pensent de moi. Mon égo ne m’appartient pas, il est une part du corps social auquel j’appartiens. Il est mon identité, mon statut, ma parole et mon rôle. Il est dans tout ce que je peux conscientiser, dans la définition psychanalytique du conscient.

Il est très clair alors que cet égo échappe tout à fait à ma présence concrète et c’est en cela qu’elle est digne d’intérêt. Il faut la définir pour l’abstraire de l’acteur. Que reste-t-il alors ? Où trouver cette présence organique si elle est inconsciente ? Qu’est-ce qui peut bien échapper à cet égo ? Comment définir cette autre part de moi, plus intime ?