Le rythme dramatique, rencontre de la forme finie et du mouvement de l'infini
L'histoire est une forme. C'est une forme qui a comme substance le monde, le cosmos, agencé dans mes représentations.
Lorsque le vivant et l'histoire cohabitent dans l'imprévisible à venir, lorsque ma subjectivité change le cours mécanique de l'histoire, celle-ci se change en drame.
L’expérience épique de mon cor, offerte par des liens invisible qui maillent le vivant, vient animer mon histoire dans la force d'un champ impensable.
Lo jòi est cette force d'intrication qui change l'histoire en drame.
Une présence est un effet de cause.
Raconter une histoire, c'est mettre le cosmos en mouvement dans une traversée, et
Donner à cette traversée une forme intelligible, remarquable et digne d'intérêt. Parce que Je la raconte et que Je traverse l'histoire, que J'en fait un drame.
Le cosmos est absurde.
Mon corps est le conflit de mon cor avec sa pensée, mon corps est paradoxe qui donne la forme de ma mezura.
Comment confronter mon corps et son esprit, en négociation permanente, avec l'inconditionnelle régie du cosmos ?
C'est là une triangulaire qui tente de lier
Le corps infini avec
L'esprit incommencé
Par le liant intriquant du cosmos.
Chaque drame n'a pour seule finalité que le cosmos liant, dans sa régie d'intrication, le liant du cosmos est la régie universelle de toute les histoires possibles
Et chaque drame dénonce, et dénoncera, mon être dépassé par l'ether dans lequel il baigne et
Qui le mène, l'oriente, le dirige, Dans son drame.
Et chaque histoire, hors de cette essence, est l’expérience d'une pensée qui lui cherche une forme, qui cherche à Donner du sens à sa nature, Qui cherche à retrouver sa source organique du cor.
C'est le drame des expériences absurdes, improbables et imprévisibles, des esperiences d'extériorités et d'autres d'intériorités, puis des expériences d'intériorités et d'extériorités confondues.
Le drame peint le monde dans les représentations de son humanité.
L'histoire est l'utopie d'une forme, créée par la faiblesse de ne pouvoir échapper à sa pensée.
Le lyrisme est la présence organique d'une raison inévitable, rendu par le corps chaud et coloré d'une emprise charnelle au cosmos Qui change l'histoire en drame.
L'histoire est un mouvement qui nous aide à appréhender les expériences qui jusqu'alors étaient restées invisibles.
L'histoire est un mouvement qui nous suggère les possibles, les utopies, et les mémoires futures dans la grande entreprise culturelle de notre humanité.
L'histoire est une image mouvante,
Elle est l'idée qui subit les métamorphoses que lui inflige la nature mouvante de nos conditions d'être singuliers et vivants.
Elle est l'expérience d'un corps dans sa participation à un évènement du monde et du cosmos.
Le corps est une perception infinie dans un référentiel organique intriqué, c'est là mon aventure primordiale.
Et
L'être humain est un corps infini, nourri d'une pensée finie dans une humanité bornée. C'est là notre aventure humaine et commune.
L'histoire est une forme vécue par la pensée, et une mémoire musicale pour le corps.
Pour le protagoniste de l'histoire, je dirais ici l'acteur, l'histoire est cet endroit rare et improbable où l'absurde réalité du monde a trouvé une forme intelligible.
Cette forme intelligible est une forme qui se représente techniquement à l'esprit, par la parole, l'image, la musique, les interaction théâtrales, et qui peut ainsi se transmettre d'un esprit à un autre.
Mon esprit aime les histoires intelligibles.
Mon esprit fabrique des histoires de toutes parts. Mon esprit résoud par défaut les absurdité les plus riches pour à tout prix en faire une histoire intelligible. Mon esprit apprend à rendre intelligible les absurdités les plus loufoques que me donnent mes expériences sensibles. Mon esprit déforme pour rendre forme, il epluche pour sculpter l'enveloppe, il abstrait pour conscientiser. Il abîme pour générer une image.
Si je sais l'imaginer, je sais la penser. Aussi,
Si je sais l'imaginer, elle est une dimension où elle existe, où elle a existé.
Cela parce que si je sais l'imaginer, c'est que l'imaginer est accessible, et alors c'est qu'elle est accessible pour d'autres, que cela l'aura été d'innombrables fois, et que parmi toutes ces fois, il y en a certaines qui auront été actées par la force des utopies.
Si Je sais imaginer l'histoire la plus incroyable, la plus belle, si je sais imaginer la pire histoire et même malgré moi,
Je peux me dire qu'elle existe, perdue dans l'espace temps et mon humanité,
Et que quelqu'un la réalise, quelque part dans l'espace temps de cette humanité.
Il est certain que toutes les idées ont été réalisées, ou qu'elles le seront un jour.
C'est la force de l'utopie,
Des inconscients sur nos idéaux.
Des pires horreurs aux plaisirs les plus fous,
Rien ne sera épargné aux êtres pensants.
C'est là que l'histoire trouve son rayonnement : Parce que l'histoire, les histoires, sont structurelles chez l'être humain.
Elles sont les formes mouvantes qui résonnent dans nos essences d'humanités.
Elles sont les matières utopiques qui créent tout ce que nous seront et avons été,
Et dans un style où nous y sommes déjà.
Ainsi mon esprit est un théâtre dramatique aux histoires surréalistes.
Ainsi ma vie est un théâtre dramatique aux histoires mises en commun.
Ainsi notre rencontre est un théâtre dramatique à l'histoire singulière.
Ainsi la science est une histoire qui espère trouver le visible.
Ainsi la poésie est une histoire qui espère trouver l'invisible.
Ainsi la société est une histoire.
Ainsi l'histoire est un champ de bataille.
Chaque histoire est la rencontre entre un système absurde et une pensée qui s'y confronte.
Entre un infini,
Et un incommencé,
Qui se cherchent une forme, sans quoi
L'esprit humain perdrait toute son autorité sur ses larges conquêtes.
Ainsi l'histoire, celle qui nous concerne, celle qui anime les théâtre, celle qui raconte le vivant,
Est omniprésente, polymorphe, en transformation permanente,
Elle passe comme un oiseau libre qui parfois se touche. Un pauvre oiseau malade,
Qui rêve d'échapper au dramaturges idéalistes.
L'histoire est la reine des oiseaux, qui rêve
de ne rien être d'autre que le ciel.
Un oiseau condamné à toucher terre,
Encore et encore.