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Vivre la relation

L'enthousiasme

La relation est un système où chaque acteur joue un référentiel narcissique

L'engouementLe théâtre est la discipline artistique qui représente les interactions. Il est donc naturel d'engager l'acteur dans sa discipline artistique en lui rappelant que la relation qu'il va créer avec les autres entités présentes, est au cœur de sa représentation.

La complicitérelation (confiance)n'est pas une relation de statut. Celle-ci est formelle et elle engage plus l'histoire que la dramaturgie. Une relation amoureuse peut être une relation singulière, construite sur la magie, sur la sincérité ou sur la volonté, elle trouvera dans son mouvement sa véritable identité. Que leurs protagonistes soient des minorités, des artisans, des mystiques, que le drame amoureux se passe dans une mégalopole, à la préhistoire ou dans l'espace, cela changera le contexte mais en réalité, ce sera la même histoire. 

C'est l'indice qui montre que le cœur d'une dramaturgie n'est pas dans l'histoire, le scénario, qui ne sont ici que des prétextes, des accessoires oniriques,
Mais il est dans la nature même de la relation, c'est à dire son mouvement, dans le champ de deux entités qui s'affectent l'une l'autre, et qui vont en générer des réactions singulières. Ces réactions sont les traces invisibles qui structurent le drame.

Ce que cela nous renseigne, pour l'acteur et le dramaturge, c'est que le scénario n'est jamais l'ambition réelle, mais au moins la conséquence d'une rencontre entre deux acteurs, deux personnages portés par le vivant, sans quoi l'histoire serait informative plus que dramatique.

Ainsi l'acteur, quel que soit l'endroit de son jeu, doit trouver le réflexe de revenir sans cesse, par le regard et l'affect, dans une connexion musicale avec son partenaire de jeu. 

Un acteur est un référentiel narcissique dans un système de relations.

S'il n'est plus dans l'identification au ressenti, s'il n'est plus en mesure d'être ce référentiel narcissique, la relation se défait. L'échange entre les personnages devient purement informatif, causaliste, soumis à la fatalité. 

Si l'acteur n'est plus en mesure d'être narcissique, quand narcissique signifie s'identifier à son ressenti, il perd son référentiel qui lui permet d'interagir de façon dramatique. 
Si ce statut lui échappe, il doit le reconnaître et le corriger. L'idée n'est pas de tenir la relation, mais d'y revenir en permanence, à la manière d'une sinusoïde, sur le modèle de la réflexion, qui trouve sa raison dans l'échange sinusoïdal entre sa pensée et son ressenti. 

Cela porte ailleurs le travail de l'acteur, et sur la notion de confiance. 
Littéralement, l'acteur doit être en confiance pour ne pas avoir peur. Il doit être dans la confiance avec son partenaire, et avec son public. Sans cette confiance il ne peut mettre en jeu son narcissisme sans risquer des blessures difficiles à conscientiser. 
Le secret de cette confiance est d'admettre qu'il n'existe pas de confiance en soi.
La confiance en soi n'est rien d'autre qu'une confiance en l'autre. 
Chercher la confiance dans le regard de l'autre, c'est mettre la confiance en soi à sa bonne place : nulle part. Exister est la raison suffisante à être regardé. Sans cette idée, il n'y aurait pas de poète, et donc pas d'acteur.
C'est la première étape d'un narcissisme en bonne santé. 
C'est le début d'une fierté théâtrale qui portera un jeu. 
C'est être un référentiel dramatique. 

Aller dans un cours de théâtre pour travailler sa confiance en soi est une terrible maladresse. C'est inverser le contrat social et la responsabilité d'une société à faire confiance à ces membres. 

Voici la nature de la relation. Elle est un champ entre deux référentiels narcissiques. Ce champ, dans le theatron du public, il est le drame. 

La relation n'est pas l'ambition du jeu, d'un point de vue dramaturgique, il doit en être le point de départ. L'acteur doit tenir ses référentiels aux bons endroits, parce que c'est du théâtre,
La discipline artistique
Qui représente
Les interactions humaines.