Sur l'usage des images
L'image m'appartiens.
L'image m'est et elle me pense.
L'image en moi gerbe.
L'image est un prétexte.
L'image est le masque de l'invisible.
Le masque est l'outil de ma pensée, l'invisible est l'outil de mon vivant.
Si le mot est une image, que raconte-il malgré moi dans l'usage que j'en fais ? Quelles sont les images que ma parole sculpte ? Pourquoi le style littéraire révèle le style de pensée et comment la parole trahi sans cesse l'égo ? En quoi cette forme de psychanalyse concerne le comédien ?
Le masque a une forme, et un mouvement
Lorsque je crée une image, ma phantasia lui aura donné sa forme et son mouvement. Ainsi je peux analyser ma phantasia. La forme, c'est le trait qui dessine le sujet. Le mouvement, c'est la couleur qui jaillit et révèle les lumières, les textures et les traces d'un contexte
Là où tout s'anime
Dans l'interaction.
Ainsi un motif révèle un pattern, une musicalité.
Les formes d'imagesImagesnaïves, rythmiques,savante Imagesou dynamiques,naturalistes imagesrévèlent identitaires,nos logiques profondes et structurent notre psyché.
Les couleur sont liées à un tempérament, dans leur intensité, leur ton et leur variété.
S'il existe des règles fiables quand à ces analyses, aucune règle n'est universelle et seul un mouvement empathique long permet de sentir et de se rapprocher d'une image. Cela parce que si une image, son idée, est bien une trace immobile, elle est aussi une trace morte.
L'image est une trace morte.
Dans la dimension de la pensée, ce qu'une image cache, c'est son mouvement.
Je ne peux pas penser un mouvement, je ne peux que le vivre. Mais je peux penser une image, et cela rassure mes psychoses. Alors je m'accroche aux images, au monde des masques.
Je peux aussi regarder le masque, prendre son mouvement et ainsi le vivre.
On ne devrait que vivre les images, les vivre par le jeu, sans identité, sans qualité, sans autre enjeu que de comprendre la musicalité d'un monde.
L’esprit humain crée des images, de façon obsessionnelle. DesLes images sont rythmiques, dynamiques, identitaires, elles sont des images visuelles, des images tactiles, odorante,odorantes, gustative,gustatives, auditiveauditives mais aussi émotionnelles, kinesthésiques, schématiques et tout ce quià quoi le corps se réfère pour vivre ses souvenirs. Parce que chaque image est enun sesmorceau moyensde poursouvenir, créeret d’autresqu'ainsi images,chaque image est une part d'utopie.
à un degré supérieur, pour donner un plus haut degré à sa compréhension et gagner en vitesse d’analyse.
Ceci est important pour le pédagogue qui, s'il adapte sa transmission aux images qu'il perçoit, devient un redoutable enseignant, empli de complicités.
Ceci est important pour l'acteur qui doit saisir le mouvement de son personnage pour plus d'ancrage dans le vivant. Autant il ne lui est pas nécessaire de penser son personnage, autant il doit le comprendre comme on cherche à aider un ami, capter sa musicalité, la faire sienne et la tenir au plus proche.
Pour capter un acteur, rien de tel que le voir marcher, ou de le voir tenir une logorrhée. Tout cela est riche et chaque formation de l'acteur devrait commencer par définir la matière initial du mouvement du corps, chaque formation de l'acteur devrait commencer par une sonde comportementale et humaniste, ontologique plus que psychanalytique, afin que l'acteur puisse travailler à échapper à lui même, et devenir meilleur comédien.
Ainsi, si l'acteur en vient à comprendre qu'il est assez universel pour ne pas travailler ses rythmes, s'il comprend que ce qui est universel en lui suffit à faire illusion de ce qui est universel en son personnage, il sera en tout cas débarrassé du doute et de ses maladresse. De la même manière, dans une approche ontologique de ses actes, il échappera probablement à la tentation de la diva, qui est de jouer pour réparer et non pour projeter.
Une image est étymologiquement un masque mortuaire, en latin « imago », c’est-à-dire un objet représentant le visage d’un être humain pour en susciter le souvenir. Nous pouvons tenter de transposer cette idée à toutes nos représentations mentales. L’image mentale d’un objet évoque notre expérience vécue avec cet objet. L’expérience vécue met en scène chaque sens du corps de façon surréaliste pour finalement éprouver la réminiscence de cette expérience. Si un même objet a été la source d’une multitude d’expériences, alors toutes ces expériences se superposent dans le souvenir avec une plus forte pondération pour celle qui s’avère être la plus sensationnelle. Plus nombreuses sont les expériences, plus riche sera la définition intime de l’objet et plus vastes seront les associations possibles pour l’esprit.
Nous sommes en mesure de créer des images de toutes choses et notre esprit cherche en toute chose à en reconnaître une image, comme si toutes les choses matérielles et immatérielles qui nous entourent seraient les traces intelligibles d’un invisible. Trouver l’invisible, c’est l’intention de la poésie. Vouloir créer des traces qui représentent avec justesse une perception et un processus émotionnel, c’est créer une œuvre artistique.
Pour un public, chaque détail finit par représenter quelque chose.
Si la consigne a été donnée à un comédien de traverser une scène de la manière la plus neutre possible, on ne pourra empêcher au spectateur d’imaginer une situation extrêmement riche malgré le succès de l’acteur dans l’exercice. D’une part, cet art abstrait est une merveilleuse façon d’émanciper efficacement son spectateur et d’une autre part, cela devient une initiation simple et profonde dans la formation des arts vivants.
Pour enrichir son imaginaire, il faut être curieux en évitant toute passivité dans la découverte, multiplier les occasions de découvrir et s’investir émotionnellement dans chaque exploration. La lecture de livres variés permet d’accumuler des expériences de façon fulgurante. Une écriture lyrique saura marquer durablement les imaginaires.