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Littérature responsable

Nous ne pouvons pas échapper au concret. Il serait tentant de penser qu’ici une phrase est lue, qu’elle traite d’une vision d’un auteur et de sa volonté à être entendu, écouté, comprise. Que l’intention métaphasique du style est un plaisir débordant et que la matière du livre a trouvé son savoir autoritaire qui a justifié autant de temps passé à l’écrire.

Il n’en est rien.

Ici il n’est qu’un livre, trouvé par un poète des interactions, il n’est maintenant que livre grâce à ta curiosité. Il est une part de notre liberté et plus rien ici ne m’appartient. Que serait ce texte sans le pouvoir singulier et propre que toi, lecteur, tu sais donner à tes lectures. Je ne suis, auteur, qu’un mouvement, une fantasia de verbes dans laquelle chaque parcelle de tes connaissances vont être invitées à s’organiser dans l’éclairage qui t’importera. Tu tiens dans tes mains un voyage que tu seras le seul à vivre et à estimer. Tu es ce que tu vois, là où tu vois et seul ce contexte-là est concret. Seul ce contexte-là doit être traité avec affection et crédit. Mon mouvement t’apprendra peut-être à danser d’une certaine manière, et il ne doit pas devenir une façon de penser. Méfie-toi de l’arrogance des écrivains littéraires, joue plutôt avec eux, joue plutôt avec moi, à l’endroit où il te plaira.

Ce qui est écrit a été pensé, et chaque pensée n’est qu’une fiction, une tentative de résolution d’une présence sociale.

Ce livre n’est rien d’autre que ton imaginaire dans ma fantasia. C’est dans ce mouvement, et seulement dans le mouvant que la danse se fait, et que nos sens nous donneront.