La superposition des processus
Le vent a une direction. Le vent va depuis un point ou l'air est pressurisé vers un point où il existe une dépression.
Le vent se dirige logiquement comme l'eau s'écoule d'un point haut vers un point bas.
Mais l'air est parfois moins dense, il est ici chargé d'eau et là-bas le vent et contraire alors que derrière il est vertical.
Le vent est en transformation constante, et toutes ses caractéristiques varient en permanence.
La météo est ainsi, elle ne dépend pas pas du lieu mais du contexte, la météo est un contexte.
Le vent est une entité indivisible, une somme de multiples courants, elle est cette somme même.
À vitesse relative, dans un monde fait d'intrications, tout est à l'image du vent.
Tout est somme d'entités liées, parfois jusqu'à l'objet, parfois au delà de l'objet.
L'être est ainsi, au croisements des dimensions dans les mouvements des vents brassés, des vents embrassés.
Et il ne peut être réduit à un seul processus quel qu'il soit.
Comprendre la mécanique du vivant c'est comprendre qu'un mouvement est un rythme et que chaque mouvement est une invitation, une aspiration, une nécessité vive, une fatalité rendue intrinsèque, et que
L'être est la somme des vents qui portent les parfums des vents solaires et des mémoires enterrées.
Comprendre le vivant c'est admettre que cette météorologie ne peut être appréciée que dans le dépassement,
Là où être dépassé
Est une vigilance inconsciente vive.
Les dissections ne guérissent pas les âmes.
Il en va de même pour chaque processus qui pourrait être ici décrit.
Le vivant n'est pas une qualité mais un mouvement lié au contexte.
Il est à tel point lié au contexte qu'il se confond en lui, comme chaque chose de cet univers.
Un processus vivant isolé serait une cruelle dissection de la réalité.
Chacun de nous est un point de conscience mouvant,
Et dansé par la symphonie cosmique du présent mouvant.
Un corps vivant est une symphonie mobile, faite d'innombrables processus musicaux aux origines atemporelles.
Ainsi le théâtre est le lieu surréaliste où chaque évènement est isolé pour être rendu au conscient,
Ainsi le théâtre est un confinement volontaire qui isole les musiques du monde de leur contexte pour
Les rendre lisibles aux yeux de l'humanité.
L'acteur est le lieu surréaliste où chaque musicalité peut être isolée pour être rendue au conscient.
L'acteur est un corps qui rêve à la pureté par la justesse de sa danse.
Ainsi l'acteur veut apprendre à laver sa mémoire, à laver son image, à laver chaque musicalité résiduelle et inappropriée de son corps
Pour ne plus être que personnage pur, dans la seule volonté dramatique de son personnage,
Dans la seule musicalité de son masque.
Et ceci aussi
Dans la blessure inévitable de l'impossible réalisation.
Le théâtre c'est ici
L'intelligible qui cherche à grandir.
Des dimensions non mesurables qui se superposent dans la même logique non fongible
que la culture