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La sinusoïde de la pensée et de la musicalité

Je suis scindé. 
Profondément scindé. 

Il y a cette part intime et consciente, transparente, 
Qui m'acte plus que j'acte moi-même. 
Puis, 
Cette part sociale et pensante, humaine, 
Qui m'organise plus que je l'organise. 

Il y a ma danse inconsciente, 
Sur la scène mécanique de mon humanité. 

L'acteur, pour jouir de son rôle, 
Doit travailler dans le champschamp 
Entre 
La musicalité et la pensée. 

Cette tension doit être l'origine de la plus grande rigueur de l'acteur. Il doit travailler indéfiniment à chaque instant à évaluer sa musicalité et la mettre dans le référentiel qui convient. 
Ce que je propose concerne-t-il l'acteur, le personnage, le contexte réel, le contexte fictif ? Comment tout cela s'intrique et avec quelle justesse ? Ce que je pense, est-ce que je le pense par juste empathie avec mon rôle ou par indépendance inappropriée. 

C'est ainsi que le comédien confie sa pensée à un auteur, ce qui le débarrasse d'un poids lourd. 
L'acteur peut alors danser les musicalités contenuecontenues dans le texte. 

Auquel cas, chaque représentation serait un objet aux variations petites, 
Le vivant devient dès lors au service d'une idée, celle du dramaturge. 

L'acteur est pour être vivant. 
Pour un théâtre vivant, l'acteur doit-il se mettre au service d'une idée ? Ce n'est pas cela "représenter le vivant". 
Pour créer une utopie valable pour le vivant, l'acteur doit libérer son jeu dans l'absurde, l'absurde qui lui est dicté par ses intuitions, et pour n'en révéler que le mouvement. 
Il est un endroit où tout prend du sens malgré moi. 
Cet endroit c'est le regard des autres. 
Je peux leur faire confiance.

La seule mécanique, 
C'est l'essence qui est attribuée à l'amour 
Dans le pouvoir du jòi.

Pour l'acteur pensif, mécanique, les règles sont la résolution de problème dans des enchaînements causalistes, l'humour par le commentaire, et une sorte de théâtre de marionnettes construit avec des espaces et des objets transitionnels lui permettant de ne pas mettre en jeu ses affects aux réactions justes.
Dans le travail, il faut repérer ces travers et revenir aux mouvements invisibles, aux interactions des subjectivités, aux explosions mouvantes des états investis comme des identités. 

Aussi,
Mon humanité me ramènera toujours à mon humanité. Mon esprit me raccordera toujours à ma pensée, ma conscience me plongera toujours dans des inspirations rares. Seulement je ne dois me complaire à aucun endroit et je cherche la sinusoïde dramatique 
De mon essence tragique
Entre
Les dimensions en conflit. 

C'est là le champschamp 
Des trouvailles poétiques et 
Des révélationrévélations mystiques.