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La phantasia

L’imaginaire est donc une collection d’images que la phantasia transformera en imagination.

La phantasia est déjà une image, celle d’une géométrie mentale, d’une faculté acquise à agencer les images de telles ou telles façon. Elle est la lumière qui projette l’image mentale, elle est l’articulation même de l’imagination. Elle est comme l’équation des images et dont les notations seraient les schèmes de l’esprit. Elle est la nature du bois pour le feu dans la caverne de Platon là ou l’image est l’ombre formée par les corps. La nature dynamique de la phantasia donne à l’artiste une manière. Elle est la manière dont émerge l’imaginaire et donc, la manière dont s’agencent les dramaturgies.

C’est elle aussi, qui agence les émotions dans les tempéraments.

Amener une réflexion sur la phantasia dans les états éveillé, de transe et de sommeil.

Travailler avec sa mondiation propre, c’est être le référentiel juste de son propos. Chaque artiste est à un moment ou un autre confronté à une forme de psychanalyse parce qu’à un moment, fatalement, il se rendra compte qu’il expose son inconscient à un public. Celui qui n’est pas à l’aise avec cette idée sera, devant un public, dans une retenue qui empêchera toute créativité. Il sera dans un exercice de mauvais goût de simulation du vivant donnant lieu à de multiples formes de déresponsabilisation de son propos, perdant tout lyrisme et abandonnant tout espoir de justesse. Ou bien il choisira d’agencer par la morale les codes établis qui auront grande valeur pour l’industrie et les politiques populistes. C’est le choix du masque ou du surjeu. Il est important pour l’artiste qui utilise son processus du vivant comme moteur artistique de se libérer de ses propres tragédies inconscientes pour qu’elles ne viennent pas nourrir, en polluant chaque présence, un style qu’il finirait par subir. Il devient alors le poète et l’artiste, dans une lutte indirecte à faire se retrouver le monde.

L’utopie est une trace de l’avenir dans le souvenir. La beauté d’une image est sa capacité à prendre du sens dans la dimension de l’inconscient. Plus elle prend du sens, plus elle s’ancre dans les schèmes dramatiques de l’imagination et plus elle tend à devenir une utopie. L’utopie est une force qui transforme l’à-venir par la manière. Pour le conscient elle est trop absurde pour être identifiable sous forme d’idée, elle reste donc une image, une présence dans environnement intellectuelle qui attend d’être résolue. Si l’image se répète dans un rythme et quand elle est rendue impensable ou interdite, elle ne peut apparaître en rêve et définie les formes psychosomatiques et traumatiques. La forge utopique est par essence assimilée à la sorcellerie. C’est le pouvoir des fictions et des religions qui créent les cultures avec une matière mystique. Sans cette matière mystique, elle devient politique.

Certaines choses sont belles dans leurs petites formes. Repérer une émotion dans sa petite forme apporte du bien être. Une petite utopie est souvent plus recevable. Les petites perceptions donnent plus facilement du sens, elles rendent lucide.