Passer au contenu principal

La pensée comme image

Il est tant d'affirmer la faiblesse de la pensée et de la littérature dans son imprécision ontologique et dans sa capacité à confronter les sensibilités plutôt que de les fédérer. 
Remettre en question son humanité, 
C'est poser la question de la pensée régalienne. 
Il y a d'autres façons de réfléchir que la pensée seule.

"Le mot "mot" n'existe pas", le mot "mot", lui, si.

Une image est donc un objet, directement un objet,objet. mais ilElle est aussi la simple trace d'un mouvement plus ou moins complexe dont ilelle sera lela représentant.représentante.
IlOn y apeut donc concevoir deux concepts distincts pour une seule image : une image-masque et une image-trace.
ÀAutrement dit, à chaque image correspond un objet et un mouvement.
L'objet témoigne d'une appréhension directe etdirecte, fixe, etimmobile, doncimmuable, du même matériaux que l'idée,
Et le mouvement témoigne d'un réseaux d'influences mouvantes, dont se nourrissent les sens et les affects pour y évaluer leur interactivité.interactivité, l'image-trace révèle le mouvement et sa manière, sa musicalité.

Il ne s'agit pas là de deux natures d'image, mais de deux référentiels d'appréhension. Ces deux référentiels sont totalement étrangersopposés l'un de l'autre, au point de changer l'intime essence de cette image.

La tentation d'appréhender l'image comme un objet ou, à contrario, comme la plustrace intimed'un mouvement, est une fracture intellectuelle à la source de l'image.tout conflit humain. Il est impossible de comparer ces points de vue puisqu'ils sont deux perceptions de deux dimensions étrangères.
La force d'un être vivant qui cherche une forme d'entendement et de justesse, c'est la force du champs mouvant entre l'objet et son mouvement, le champs entre l'abstrait et le concret, entre le visible et l'invisible, sans jamais acter une seule fois une seule abstraction.

Parce que

Le mot est une image.
La phrase est une image.
L'idée est une image.
La pensée est une image.
Chaque image, chaque mot, phrase, idée, pensée, est condamnée à être définie dans une intervalle entre un objet et un mouvement.
Mais le mot ne prend pas en compte cet intervalle.
Le mot est une probabilité.
La pensée est une probabilité.
L'image est une probabilité.
La probabilité est probable et
Le probable est une fuite vers la conviction.
L'être sérieux ne peut être qu'un clown aux caractéristiques tragiques.

L'image est insaisissable.
En écrivant ceci j'écris que l'image est un mot qui n'existe pas
Parce que l'image n'est pas un concept dur
Elle n'est pas un concept
L'image n'est pas un concept
L'image n'est pas une image
L'image ecphrasique seule peut être une image car,
Sortie du mot, l'image ecphrasique est une trace pantaisaira,
Une rêverie dans le corps, une rêverie du corps ;
Elle est une sensation que la trace nous a procurée dans l'empathie archaïque des traques et des poésies fossiles,
Une sensation mnésique et musicale rendue concrète par la genèse sensorielle du corps vivant.

Parce que le théâtre est sans cesse immédiat,
Il est la discipline artistique où l'image et la trace sont dans leurs manifestations les plus radicales et les plus franches.

Le théâtre littéraire n'est ici plus une probabilité.
Il est une probabilitéfatalité. discutable.
Le Ilthéâtre exclusivement littéraire est nourri de codes induis par sa langue, au point qu'il en devient un théâtre des fatalités.
Prisé initialement par les grands tragédiens, il est aujourd'hui un idéal culturel où les jeunes dramaturges s'enfoncent dans l'espoir d'une noble reconnaissance. C'est aussi dans ce théâtre des fatalités que s'enlisent les grandes institutions académiques.

Ce théâtre des fatalités est conçu pour respecter unle code normalisant,normalisant du langage et pourde celason bon usage.
C'est donc ce code, cette littérature, qu'il doit porter le code, sa littérature, comme la priorité fondamentale de la discipline. 

Un théâtre qui joue des corps en usant des propos est autre chose qu'un théâtre jouant des propos en usant des corps.
Jouer des propos est un non-sens car un propos est un objet abstrait et fixe.
User des corps est à l'antagonisme du jeu et donc de la discipline artistique, user d'un corps c'est le charger d'un gage, c'est un travail !
Un théâtre vivant ne peut qu'être un jeu organique dont la littérature n'est qu'un accessoire.

Le théâtre vivant est unedans l'évidence indéniable, absurde et mouvante. Il n'est pas conçuconçu, mais seulementil est invité à révéler l'invisible et l'impensableimpensable. commeL'être recherches'y fondamentalecherche depoétiquement l'être.par deçà le langage.

La théâtralité, c'est le mot mis en scène par le corps,
Et non l'inverse.

Pour la formation de l'acteur, puisque c'est ici mon prétexte, il faut chercher
La régression du langage,
La même qui,
immature,
préfère tousser que parler.
Vivre pour dire plutôt que dire pour vivre.

Le pédagogue doit jouer avec le théâtre comme un enfant avec son jouet.jouet, sans conviction et dans l'adaptation des psychées. Il doit faire très attention à ne pas enseigner le théâtre comme un consortium de règles nécessaires au bon embourgeoisement de son protagoniste.
Il ne doit pas transmettre le théâtre littéraire, mais la théâtralité mouvante et
Dans un soucis d'excellence,
L'acteur, comme un pécher honteux,acteur doit
lire et écrire sa littérature en cachette.cachette,
Comme dans un pécher honteux.

Le piège du langage

Le langage crée le liant nécessaire à toute société humaine, Mais le langage est une image. Il est l'image d'un imaginaire collectif et empirique. Le langage est, avant d'être un matériau poétique, un code fait commun et qui défini le commun. Le langage, c'est l'image du commun, c'est le commun même d'une société. Le langage est l'ADN du commun et il est vécu comme tel.
Le commun est cet endroit où nous, humains, sommes tous.
Le langage est la mise en exercice de la langue. La langue est l'image d'une mondiation.
Mais le langage exclut.
Le langage exclut celui qui n'en a pas les codes.
LaSi la nature n'en a pas les codes, c'est l'anthropocentrisme. C'est alors à nous de trouver les mouvements naturels en deçà du langage.
Ainsi, le corps, l'organe, directement inspiré de ses perceptions et de son expérience subjective, est potentiellement mis hors du langage.langage, le corps est isolé. L'environnement n'ayant pasplus son mot à dire, il est mécaniquement exclut du langage,langage et de sa réalité induite et fictive, il est exclut du commun,commun ilet
Il n'y participe plus.
L'environnement est désormais une logiquelogique, plusau qu'dépend d'être une matrice. 
Lorsque le langage est devenu régalien, l’environnement et notre connexion dynamique à nos extériorités sont déracinés. 
Le théâtre alors, n'est plus qu'un artifice.

Faire du théâtre uneun littérature,exercice littéraire,
C'est offrir au commun unela réalité aux corps déracinés, c'est offrir à son humanité la désincarnationdésincarnation. et leLe sentiment divin d'omnipotence etest aussi,légitimé et, à cet endroit,
InToute fine,relation
L'oubliedevient desune jubilations amoureuses. blessure.
Faire du théâtre un exercice littéraire c'est
Rendre le théâtre impossible.

La culture est une fatalité. Elle est l'endroit où les pensées se rencontrent pour y fusionner. Dans une culture où le classicisme est une nostalgie, et donc une utopie, la culture ne peut que promouvoir des relations rugueuses et conflictuelles et dans toute une société.
C'est ici le pouvoir de l'image dans les disciplines artistiques
Ce livre est une nécessité plus qu'un caprice d'auteur.
Le langage est le masque factuel qui cache les visages polymorphes des sensibilités. Et ainsiIci le langage, dans sa structuration même, met le voile sur les intimités.intimités (rares sont les poètes qui y dérogent). Dans une société où la pensée est régalienne, le langage légitime la norme comme d'utilité publique, etil faittransforme desles différences desen incohérencescohérences jusqu'à former lesdes discriminations en toute fluidité.

Ne pas remettre en cause la responsabilité du langage dans une humanité exclusivement pensive, littérale, lexicale, intolérante, c'est ne pas être en mesure d'affirmer le vivant comme qualité fondamentale de nos existences,
Et c'est ne pas être disponible au théâtre, aux affects,
Ni à la seule nécessité ontologique de la lucidité.

Entre toute dualité il y a un champs

Penser c'est chercher une phrase.
Penser, c'est trouver l'agencement de mot qui converti une apparition sourde en une forme entendable, cela en respectant un code commun.
Chaque mot est lié à sa définition qui lui permet d'être traversé par un sens commun.
Mais le concept du mot est également qu'il est prononcé ou écrit par un corps subjectif qui ne peut déroger à sa nature mouvante. Le concept du mot dépend directement du corps qui l'a inspiré. Le concept du mot dépend directement de la sensibilité qu'il représente.
Ainsi le mot, la phrase est indissociable de son contexte organique et de la musicalité qui traverse son organe.

Au delà du ton. C'est aussi une mondiation toute singulière de l'orateur qui définit le concept d'un mot.
Définir une terminologie pour diffuser le vivant n'est pas une tâche impossible, mais elle est une tâche nécessaire, et tout à fait subversive.

Entre chaque mot-masque et mot-trace, il y a un champs.
C'est le champs de l'organisme mouvant qui s'exprime.

Ainsi, chaque mot porte en lui trois concepts et définir un mot est une tâche qui consiste en une réunion concise de ces trois concepts. Ces trois concepts sont les fruits de trois points de vue que tout oppose : 

  • Un point de vue objectalobjectal, idéal et inatteignable.
  • Un point de vue subjectalsubjectal, idéal et inatteignable.
  • Un point de vue combinécombiné, insaisissable et destiné.

Ainsi, 

Une pensée objectale est une pensée qui aborde chaque mot/pensée comme un concept/objet et
Une pensée subjectale est une pensée qui aborde chaque mot/pensée dans la relation de son organe mouvant avec le monde qu'il traite. habite.

La pensée est cette écran dynamique qui agence les images en les musicalisant par des logiques synthétiques. Entendre sa pensée, voir sa pensée,
Ce n'est pas conscientiser,
C'est seulement penser car
Il est totalement impossible de seulement penser pour l'objectivité.
IlEst est totalement impossible de penser volontairement et librement, ce ne peut être qu'une actionextériorité. collective.
Le mot appartient à la société, la grammaire appartient à la société, la conjugaison appartient à la société...
Je m'y accommode juste, par humanité.
Cet aveux de faiblesse est essentiel.

QuelquesPenser exemplesen de mots mouvantsmouvement.

La conscience

LaAinsi, consciencelorsque peutje êtrepense, uneje forceme d'esprit supérieure, un idéal d'où parle l'intellectuel respectable et dont il sort toute son autorité.

Mais,
Pour prendre conscience, il faut que notre pensée ait été confrontée. Et qu'est-ce qui la confrontedemande si ce n'est une part extérieure à elle ?
La conscience ne peut être qu'une blessure.
La conscience était un idéal culturel qui admettait que la pensée était le commencement vers une révolution,
Elle est maintenant une blessure irrémédiable qui ne sera plus qu'obsessions et tracas.


C'est oublier que ce serait là une utopie où chaque être social deviendrait suffisant, social avec lui-même, toujours plus égoïste que solitaire.
La conscience est le privilège des isolés. Elle est une blessure et non un idéal.
La conscience a été tordue, pliée, cassée et elle a maintenant deux têtes.

IlMa liberté est importantun de nommer chaque mot, car dans chaque texte la pensée est la matière et, pour notre sujet, chaque confusion, chaque amalgame, chaque insoucianceidéal ou suffisanceun sera à réparer.sentiment,
LaMon privilège est un pouvoir ou un sentiment,
Ma conscience est unune conceptforce malléableou dontune blessure,
Mon amour est une sensation ou une image,
...
Et ainsi, par delà le soclelangage, diffère
Je autant que celui qui s'en réclame. La conscience est un endroit où l'être subjectif estserai en mesure de secomprendre lire
Les seulement,dimensions et seulementexistentielles de se
Mon lire partiellement. Parce que la pensée est une image obsolète par essence, l'être conscient se lit partiellement au point où ce qu'il conscientise, au moment où il le conscientise, est déjà obsolète si la conscience est le fruit de sa pensée. La conscience pour l'être pensif est une image de soi-même condamnée à être fausse.personnage,
Mon acteur,
Mon partenaire,
Mon public,
Mon frère,
Mon meilleur ennemi,
...

Quand l'être conscient réalise qu'il est vivant et donc insaisissable,
Il rit. 
Ce rire c'est
La seule conscience vivante, la seule conscience fondée. 

Dans l'absolu et dans le référentiel anthropocentré, si je ne conscientise pas c'est que je suis en délire.
Mais ici la conscience est une forme déculpabilisante de l'égoïsme et de la désincarnation.
Aussi, la conscience, si elle peut être autre chose que l'inverse du délire, ne peut-elle pas être une recherche de justesse quant à ses réactions ? Une forme de méditation mouvante, dépourvue de pensée, ou serait recherchée la précision de son corps musical dans le but de s'accorder au plus près d'une présence harmonique et légitime à la revendication ?
Un entraînement à l'écoute de ses affects devient une forme de conscience non pensive, mouvante et permet une incarnation fidèle à la forme de vérité qu'est la beauté. Cette conscience offre une paisibilité joyeuse et pour l'acteur, elle est une garantie d'autorité naturelle.

La conscience est une manière de donner du sens à nous même, et dans la dichotomie naturelle de l'être social, il y a une dichotomie de la conscience humaine.
Il est une conscience organique qui est une intention dans son mouvement, et une conscience pensive qui est un objet déraciné,
Une conscience éveillée, ineffable et muette, concrète, vivante, et une autre qui est une pensée mise en abîme et dont l'affect est nourri par les sens et qui ainsi donne l'illusion d'une pensée juste.
Dans le cas d'une conscience ineffable et muette, rien ne convient plus que le silence et la contemplation, le geste incontrôlé et oublié. La conscience n'est donc plus que l'intervention de la pensée dans sa capacité à constater tout ce qui, au préalable, s'est mis en marche sans elle. Ainsi la véritable conscience n'est que l'illusion d'une intelligence où la pensée aura su donner une forme intelligible, cohérente, à une réalité absurde par essence. C'est ainsi que la pensée devient l'outil de la conscience, elle devient la source d'un monde fait d'images finies et déterminées par les cultures humaines. C'est ainsi que, par extrapolation, la pensée et la conscience deviennent indésirables au vivant et c'est également ainsi que le vivant devient indésirable à la pensée puis, à la conscience.
L'information perçue est ce qui permet au vivant de tenir l'intrication au monde. L'interprétation de cette information est la conscience et son prisme est la pensée.
Dans cette suite d'évènement il existe un organe abstrait qui nourrie la pensée en inspiration, ce même organe qui nourrie le travail du sentiment : La mémoire et sa phantasia. La phantasia est la mémoire mise en mouvement. le sentiment est sa concrétisation organique et la réminiscence est sa transposition dans l'esprit. Il y a donc un parallèle évident à faire entre la phantasia et la réminiscence

L'esprit conscient n'est qu'un écran. Sa proximité avec l'intimité donne l'illusion que nous sommes notre pensée. En réalité, celle-ci n'est que le fruit d'une interaction entre l'intimité réelle, la musicalité, et l'organe social, la langue, qui dans leur enlacement produisent la pensée.

Liberté
Privilège

Le con, ce n'est pas celui qui ne pense pas comme vous,
Le con, c'est celui qui fait confiance à la pensée même.
Il est tant d'affirmer la faiblesse de la pensée et de la littérature dans son imprécision ontologique et dans sa capacité à confronter les sensibilités plutôt que de les fédérer. 
Remettre en question son humanité, 
C'est poser la question de la pensée régalienne. 

Il y a d'autres façons de réfléchir que la pensée seule.