Passer au contenu principal

Pensée, langage, libertés, privilège et conscience

"Le mot "mot" n'existe pas", le mot "mot", lui, si.

Une image est donc un objet, directement un objet, mais il est aussi la simple trace d'un mouvement plus ou moins complexe dont il sera le représentant.
Il y a donc une image-masque et une image-trace.
À chaque image correspond un objet et un mouvement.
L'objet témoigne d'une appréhension directe et fixe, et donc du même matériaux que l'idée,
Et le mouvement témoigne d'un réseaux d'influences mouvantes, dont se nourrissent les sens et les affects pour y évaluer leur interactivité.

Il ne s'agit pas là de deux natures d'image, mais de deux référentiels d'appréhension. Ces deux référentiels sont totalement étrangers l'un de l'autre, au point de changer l'essence la plus intime de l'image.

Le mot est une image.
La phrase est une image.
L'idée est une image.
La pensée est une image.
Chaque image, chaque mot, phrase, idée, pensée, est condamnée à être définie dans une intervalle entre un objet et un mouvement.
Mais le mot ne prend pas en compte cet intervalle.
Le mot est une probabilité.

Le théâtre littéraire est une probabilité discutable. Il est conçu pour respecter un code normalisant, et pour cela il doit porter le code, sa littérature, comme la priorité fondamentale de la discipline.
Le théâtre vivant est une évidence indéniable, absurde et mouvante. Il n'est pas conçu mais seulement invité à révéler l'invisible et l'impensable comme recherche fondamentale de l'être.

La théâtralité, c'est le mot mis en scène par le corps,
Et non l'inverse.

Pour la formation de l'acteur, puisque c'est ici mon prétexte, il faut chercher
La régression du langage,
La même qui,
immature,
préfère tousser que parler.
Le pédagogue doit jouer avec le théâtre comme un enfant avec son jouet. Il doit faire très attention à ne pas enseigner le théâtre comme un consortium de règles nécessaires au bon embourgeoisement de son protagoniste.
Il ne doit pas transmettre le théâtre littéraire, mais la théâtralité mouvante et
Dans un soucis d'excellence,
L'acteur, comme un pécher honteux, doit lire et écrire sa littérature en cachette.

Le piège du langage

Le langage crée le liant nécessaire à toute société humaine, Mais le langage est une image. Il est l'image d'un imaginaire collectif et empirique. Le langage est, avant d'être un matériau poétique, un code fait commun et qui défini le commun. Le langage, c'est l'image du commun, c'est le commun même d'une société. Le langage est l'ADN du commun et il est vécu comme tel.
Le commun est cet endroit où nous, humains, sommes tous. 
Le langage est la mise en exercice de la langue. La langue est l'image d'une mondiation.
Mais le langage exclut.
Le langage exclut celui qui n'en a pas les codes.
La nature n'en a pas les codes, c'est l'anthropocentrisme.
Ainsi, le corps, l'organe, directement inspiré de ses perceptions et de son expérience subjective, est potentiellement mis hors du langage. L'environnement n'ayant pas son mot à dire, il est mécaniquement exclut du langage, il est exclut du commun, il n'y participe plus. L'environnement est désormais une logique plus qu'une matrice.
Lorsque le langage est devenu régalien, l’environnement et notre connexion dynamique à nos extériorités sont déracinés.

Faire du théâtre une littérature,
C'est offrir au commun une réalité aux corps déracinés, c'est offrir à son humanité la désincarnation et le sentiment divin d'omnipotence et aussi,
In fine,
L'oublie des jubilations amoureuses.
Faire du théâtre un exercice littéraire c'est
Rendre le théâtre impossible.

Le langage est le masque factuel qui cache les visages polymorphes des sensibilités. Et ainsi le langage, dans sa structuration même, met le voile sur les intimités. Dans une société où la pensée est régalienne, le langage légitime la norme comme d'utilité publique, et fait des différences des incohérences jusqu'à former les discriminations en toute fluidité.

Ne pas remettre en cause la responsabilité du langage dans une humanité exclusivement pensive, littérale, lexicale, c'est ne pas être en mesure d'affirmer le vivant comme qualité fondamentale de nos existences,
Et c'est ne pas être disponible au théâtre, aux affects,
Ni à la seule nécessité ontologique de la lucidité.

LeEntre pédagoguetoute trouverasdualité iciil dey quoia nourrirun sa pratique :champs

Penser c'est chercher une phrase.
Penser, c'est trouver l'agencement de mot qui converti une apparition sourde en une forme entendable, cela en respectant un code commun.
Chaque mot est lié à sa définition qui lui permet d'être traversé par un sens commun.
Mais le concept du mot est également qu'il est prononcé ou écrit par un corps subjectif qui ne peut déroger à sa nature mouvante. Le concept du mot dépend directement du corps qui l'a inspiré. Le concept du mot dépend directement de la sensibilité qu'il représente.
Ainsi le mot, la phrase est indissociable de son contexte organique et de la musicalité qui traverse son organe.

Au delà du ton. C'est aussi une mondiation toute singulière de l'orateur qui définit le concept d'un mot. 
Définir une terminologie pour diffuser le vivant n'est pas une tâche impossible, mais elle est une tâche nécessaire, et tout à fait subversive.

Entre chaque mot-masque et mot-trace, il y a un champs.
C'est le champs de l'organisme mouvant qui s'exprime.  

Ainsi, chaque mot porte en lui trois concepts et définir un mot est une tâche qui consiste en une réunion concise de ces trois concepts. Ces trois concepts sont leles fruits de trois points de vue que tout oppose : 

  • Un point de vue objectal
  • Un point de vue subjectal
  • Un point de vue combiné

Ainsi, 

uneUne pensée objectale est une pensée qui aborde chaque mot/pensée comme un concept/objet et une
Une pensée subjectale est une pensée qui aborde chaque mot/pensée dans sala relation de son organe mouvant avec le monde qu'il traite ?

Quant une personne ne peux entrer dans les abysses organiques d'elle-même, qu'elle s'identifie à sa pensée au dépend de son ressenti, elle est hors d'elle-même et,traite.

La conscience c'est l'idée que l'esprit domine le corps. Cette idée est irréalisable.

La pensée est cette écran dynamique qui agence les images en les musicalisant par des logiques synthétiques. Entendre sa pensée, voir sa pensée,
Ce n'est pas conscientiser,
C'est seulement penser car
Il est totalement impossible de seulement penser avecpour l'objectivité.
Il est totalement impossible de penser volontairement.volontairement et librement, ce ne peut être qu'une action collective.
Cet aveux de faiblesse est essentiel.

Quelques exemples de mots mouvants

La conscience

La conscience peut être une force d'esprit supérieure, un idéal d'où parle l'intellectuel respectable et dont il sort toute son autorité.

Mais,
Pour prendre conscience, il faut que notre pensée ait été confrontée. Et qu'est-ce qui la confronte si ce n'est une part extérieure à elle ?
La conscience estne peut être qu'une blessure.
La conscience était un idéal culturel qui admetadmettait que la dissociation,pensée laétait désincarnationle volontairecommencement vers une révolution,
Elle est unmaintenant étatune souhaitable.blessure irrémédiable qui ne sera plus qu'obsessions et tracas.


C'est oublier que ce serait là une utopie où chaque être social deviendrait suffisant, social avec lui-même, toujours plus égoïste que solitaire.
La conscience est le privilège des isolés. Elle est une blessure et non un idéal.
La conscience a été tordue, pliée, cassée et elle a maintenant deux têtes.

Il est important de nommer chaque mot, car dans chaque texte la pensée est la matière et, pour notre sujet, chaque confusion, chaque amalgame, chaque insouciance ou suffisance estsera à réparer. Il me faut dénoncer aussi l'idée même de conscience, et de lui réhabiliter peut-être une forme plus entendable.
La conscience est un concept malléable dont le socle diffère autant que celui qui s'en réclame. La conscience est un endroit où l'être subjectif est en mesure de se lire seulement, et seulement de se lire partiellement. Parce que la pensée est une image obsolète par essence, l'être conscient se lit partiellement au point où ce qu'il conscientise, au moment où il le conscientise, est déjà obsolète si la conscience est le fruit de sa pensée. La conscience pour l'être pensif est une image de soi-même condamnée à être fausse.

Quand l'être conscient réalise qu'il est vivant et donc insaisissable,
Il rit.
Ce rire c'est
La seule conscience vivante, la seule conscience fondée.

Dans l'absolu et dans le référentiel anthropocentré, si je ne conscientise pas c'est que je suis en délire.
Mais ici la conscience est une forme déculpabilisante de l'égoïsme et de la désincarnation.
Aussi, la conscience, si elle peut être autre chose que l'inverse du délire, ne peut-elle pas être une recherche de justesse quant à ses réactions ? Une forme de méditation mouvante, dépourvue de pensée, ou serait recherchée la précision de son corps musical dans le but de s'accorder au plus près d'une présence harmonique et légitime à la revendication ?
Un entraînement à l'écoute de ses affects devient une forme de conscience non pensive, mouvante et permet une incarnation fidèle à la forme de vérité qu'est la beauté. Cette conscience offre une paisibilité joyeuse et pour l'acteur, elle est une garantie d'autorité naturelle.

La conscience est une manière de donner du sens à nous même, et dans la dichotomie naturelle de l'être social, il y a une dichotomie de la conscience humaine.
Il est une conscience organique qui est une intention dans son mouvement, et une conscience pensive qui est un objet déraciné,
Une conscience éveillée, ineffable et muette, concrète, vivante, et une autre qui est une pensée mise en abîme et dont l'affect est nourri par les sens et qui ainsi donne l'illusion d'une pensée juste.
Dans le cas d'une conscience ineffable et muette, rien ne convient plus que le silence et la contemplation, le geste incontrôlé et oublié. La conscience n'est donc plus que l'intervention de la pensée dans sa capacité à constater tout ce qui, au préalable, s'est mis en marche sans elle. Ainsi la véritable conscience n'est que l'illusion d'une intelligence où la pensée aura su donner une forme intelligible, cohérente, à une réalité absurde par essence. C'est ainsi que la pensée devient l'outil de la conscience, elle devient la source d'un monde fait d'images finies et déterminées par les cultures humaines. C'est ainsi que, par extrapolation, la pensée et la conscience deviennent indésirables au vivant et c'est également ainsi que le vivant devient indésirable à la pensée puis, à la conscience.
L'information perçue est ce qui permet au vivant de tenir l'intrication au monde. L'interprétation de cette information est la conscience et son prisme est la pensée.
Dans cette suite d'évènement il existe un organe abstrait qui nourrie la pensée en inspiration, ce même organe qui nourrie le travail du sentiment : La mémoire et sa phantasia. La phantasia est la mémoire mise en mouvement. le sentiment est sa concrétisation organique et la réminiscence est sa transposition dans l'esprit. Il y a donc un parallèle évident à faire entre la phantasia et la réminiscence

L'esprit conscient n'est qu'un écran. Sa proximité avec l'intimité donne l'illusion que nous sommes notre pensée. En réalité, celle-ci n'est que le fruit d'une interaction entre l'intimité réelle, la musicalité, et l'organe social, la langue, qui dans leur enlacement produisent la pensée.

Liberté
Privilège

Le con, ce n'est pas celui qui ne pense pas comme vous,
Le con, c'est celui qui fait confiance à la pensée même.
Il est tant d'affirmer la faiblesse de la pensée et de la littérature dans son imprécision ontologique et dans sa capacité à confronter les sensibilités plutôt que de les fédérer. 
Remettre en question son humanité, 
C'est poser la question de la pensée régalienne. 

Il y a d'autres façons de réfléchir que la pensée seule.