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Se donner aux sens

Penser, c’est chercher une phrase. Penser
Penser, c'est chercher, agencer les idées qui sont dans ma langue, c'est transposer le réel dans l'univers holographique de mon humanité. Penser, c'est faire l'effort d'exprimer une expérience vécue en expérience sociale, en l'exprimant dans l'espace commun de mon humanité.
Penser, c'est adaptertransposer le monde àdans mon humanité. 

Je cherche maMa pensée est trouvée pour mon humanité, me cherche une pensée depuis
Depuis mon corps,   
Depuis mesmon corps pour mon humanité, depuis
Mes sensations, mes mémoire,mémoires, mes  
Mouvements invisibles.invisibles qui animent mon corps.  
Écrire, c’estJ'écris le geste de ma penséepensée, depuis du corps dans la parole dude corps.mon humanité,   
Dans le silence,silence. quand
Quand je prête mes sens à ma pensée, je lui donne du sens.

Ainsi j’atteins un nouvel état dans mon écriture :  
La réflexion. Sans cette origine organique ma pensée n'est qu'intelligence froide, sans subjectivité, incapable de jouer et transformer mes représentations, incapable de remettre en question ce monde et ce que j'en suis, incapable d'être mouvant dans un monde mouvant.
Je mets en reflet ma pensée sur mes sens et monmes sens en reflet sur ma pensée.  
Mon corps et ma pensée se regardent : Je réfléchis et ainsi je suis  
Entre le réel et mon humanité holographique des représentations je suis 
Poète.
Et c'est parce que je suis 
Poète 
Que je trouve.

Je trouve  
que  
Je suis vivant et cela dépasse ma pensée. Cela ici rendpensée, ma pensée caduque.  
Je regarderegarde, je constateconstate, j'éprouve que  
Je suis vivant et que 
Je suis incapable d'y penser autrement et même d'y penser seulement.

Alors je regarde, je constate et j'éprouve et témoigne.  
C'est cela le théâtre :  
Un regard nu et poreux et posé.  
Un regard nu et poreux et posé sur mon humanité confondu dans l'imprévu de ce qui me dépasse, 
Au plus profond, 
Le cosmos, probablement. 

Quand je pense je regarde quelque part depuis un ailleurs. 
Quand je pense j'assiste au théâtre de mon humanité. 
Au théâtre, je suis probablement une trace du cosmos posée
Sur l’œil regardant de mon humanité.

Sans cesse je tente de donner du sens aux moments et aux événements que je traverse. Je tente de donner du sens à ma vie en lui construisant une cohérence sociale, je tente de donner du sens à mes choix, mes projets, mes souvenirs depuis le référentiel du langage, depuis mon référentiel social. Je justifie telle émotion ou tel comportement en lui attribuant tel schéma de cause à effet, dans la logique des lois qui organise ma société. Je désire essentiellement appartenir au monde et à ma culture, qui me donnent les codes de bons sens avec lesquels je bâtis mon histoire personnelle. C'est là que je suis humain. 


Si

Unje ne regarde pas cela depuis un ailleurs, Je ne suis
Qu'un humain anthropocentrique. 

Le théâtre est cet espace où l'humanité se regarde et retrouve ce qui existe et qu'elle ne pouvait pas penser. 
Le théâtre est la poésie de mon humanité. 

L’épistémologie apprend à mon esprit rationnel que la raison est le pire ennemi de la raison, et qu’il n’y a pas meilleur moyen de succomber à la fausse vérité que de faire confiance à ma raison par les voies convenables et peu soucieuses des particularités chaotiques de l’esprit, quand il n'est que pensées. 

Parce que c’est précisément ici que "donner du sens" perd toute substance.  
Donner du sens, c’est inverser le processus qui nous fait être humain. C'est être dans le processus qui me retrouve, qui me fait recouvrer le réel, et vivant, en quittant la grande fiction de mon humanité. 
Regarder suffirait
À recouvrer la raison. 

Le sens me donne à l'esprit.  
C’est ici l’ordre naturel qui doit faire sens.   
Le poète témoigne de ses trouvailles, au nom de son corps commun et universel. 
Dans ce qui était absurde et qui maintenant est évident, 
Le poète veillait, illuminé. 

C'est ainsi que le théâtre est né. 
PourDans la veille des poètes nostalgiques des corps et de leurs mouvements, 
Dans la sorcellerie des poètes lassés de regarder leen vivant se mouvoireux et 
MieuxCherchant l'habiterla poésie dans une dimension moins solitaire, 
Cherchant comment le jeu commun mis hors de la pensée  
FaisantRévèle dece chaqueque présence,

seul

Unl'autre référentielpeut incontournable.révéler. 

Le théâtre est cette discipline 
Qui matérialiserévèle l’insaisissable,insaisissable 
Le théâtre estPar la poésie portée dans nos destins d'êtres sociaux.

 

Il faut donc inverser cette idée de « donner du sens ». Il faut  
Trouver ce qui nourrie les sens et qui donne une forme au monde. Il faut  
Inverser la pensée, il faut regarder depuis l'en-deçà.  
C'est là que l'utopie se trouve.

Pour écrire ce livre il me faudra regarder depuis mon intuition, constater mon mouvement et rester vigilant, mettre mes sens dans le mouvement de mon environnement, admettre que l’objet ne peut rien être d’autre qu’une somme d’interactions, admettre également que l’objet n’est que l’illusion formelle d’une somme de champs invisibles et qu’il me faut mobiliser tout ce qui est en mon pouvoir pour détruire l’objet et ses frontières, afin de n’en percevoir que les interactions,

Là  
Où la beauté est la forme incarnée des vérités foisonnantes, des  
Vérités absurdes et paradoxales.

Donner du sens est un acte poétique,  
Non un acte volontaire. 
Le théâtre est ce geste poétique 
Qui est en mesure de rendre l'humanité à mes sens. 

Retourner la pensée pour échapper aux conventions morales, aux convenus inflexibles et percer les limites du visible, ne doit pas se faire naïvement. SeMe donner aux sens est une chirurgie passionnante. C’est une introspection précise et vertigineuse. C’est l’un acte poétique par excellence seulement si elles'il est rigoureusement investieinvesti de passion pour la justesse. 
La justesse du "Je" comme espace commun, lentement dépouillé de mes idées. 
Se donner aux sens, c’est plonger au plus profond des abîmes ineffables de l'mon être commun et universel, pour y trouver le vivant et comprendre qu’avant cela, tout n’était que tragédie et que 
LaCette tragédie est 
La musicalité dud'un monde moderne.qui 
Attend ses utopies d'incarnation, 
Attend de vivre pour autre chose que 
Donner du sens. 

Incarner le vivant, c’est s'm'absoudre des cultures objectales, des sociétés mécanistes pour laisser les rythmes des sens représenter notrema nature dramatique d'être humain et social et  
Regarder,  
Constater,  
Éprouver,  
SeMe laisser affecter,  
Aimer et  
Jouer dans les vagues hors de notremon humanité pour qu'à son tour elle  
Regarde,  
Constate,  
Éprouve,  
Se laisse affecter,  
Aime et  
Joue dans les vagues hors d'elle-même et qu'un jour 
Mon humanité fusionne avec sa terre et son cosmos.

Plonger dans la nature du théâtre, explorer les racines du vivant par le vivant lui-même et dans le laboratoire expérimental de la scène,
C’est donner du sens à ce que je suis  
Quand nous sommes liés par tout ce qui nous dépasse.

Être un acteur c'est être en mesure de donner du sens au mot "Je" là où
"Je" est le concept d'universalité le plus évident..
Nous sommes tous "Je",. 
"Je" est cette éruption qui jaillit sans cesse et de toutetoutes partparts comme
Uned'un prièreseul invisible.être.   
Dire "je" c'est être une subjectivité organique actée au nom des subjectivités organiques actées, parce qu'il est notre référentiel commun, notre boussole sociale universelle.qui a initié l'égalité des êtres. 
Dire "Je" n'a de sens que si celui qui l'écoute se retrouve comme sujet et éprouve dans le ciment qui fait les sociétés. 
Être comédien, c'est
Mettre un masque sur ce visage.
Ce visage estgermé depuis le vivant.