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Réfléchir entre l'image et la trace, entre la langue et le mouvant

IlJe esttiens tempsà d'affirmer avec force la faiblesse de la pensée et de la littérature dans leur imprécision ontologique et dans leur capacité à confronter les sensibilités plutôt que de les fédérer. 
Remettre en question son humanité, 
C'est poser la question de la pensée régalienne. 

Il y a d'autres façons de réfléchir que la pensée seule.

"Le mot "mot" n'existe pas", le mot "mot", lui, si.

Une image en soi est un objet, directement un objet, et seulement un objet. 
Ailleurs, elle est aussi la trace d'un mouvement dont elle seraest la représentante.
Il y a donc deux conceptions, deux concepts distincts pour une image : son image-masque et son image-trace. 
Ainsi, à chaque image correspond son objet et son mouvement. 

Il y a le tournesol, et le coup de pinceau du peintre. 

L'objet témoigne d'une appréhension directe et fixe, immobile voire immuable,immuable. etElle faiteest dule mêmetémoignage matériauxd'un quetemps arrêté qui constitue l'étape d'une narration, d'un processus. L'idée qui souventdécoule ende découle.l'image
Leest mouvementaussi témoignede d'uncette réseaunature d'influences mouvantes, dont se nourrissent les sensimmobile et lesnarrative. affects

pour

La en évaluer leur interactivité, l'image-trace est l'indice qui révèle un mouvement et sa manière, sa musicalité, restéesa intacte à posteriori de l'évènement matériel initial.texture. C'est ce que révèle un tableau dont on devine encore le geste du peintre. 

L'image est un objet,objet laqui fige un évènement en idée. 

La trace d'unest évènement.aussi dramatique. On peut sentir l'intention, artistique ou archaïque, de son sujet. Elle est souvenir et utopie.utopie,
Aussi,elle ilreste ymouvante aen dansce l'imagequ'elle amène une musicalité quiau s'affranchit du temps.
La manière d'un geste semble résister à l'empreinte fossile.
Ainsi, l'histoire se confond en nous et le temps retrouve ses qualités artificielles. cor.

Il ne s'agit pas là de deux natures d'image, mais de deux référentiels d'appréhension. Ces deux référentiels sont totalement opposés l'un de l'autre, au point de changer l'intime essence de cette image. L'image est un objet que ma pensée peut articuler, la trace est la mémoire d'une musicalité qu'une émotion aura porté dans l'espace physique et que je peux ressentir dans mon propre processus esmai/talan. Cette mémoire s'intègre dans le cor comme un mouvement, du perçu jusqu'au rendu. 

Ce conflit ontologique de l'image n'est tout saufpas anecdotique. OnJe devinerareconnais ici l'origine féroce d'un conflit nietzschéen dans sa source archaïque et dont la promesse est la tragédie,tragédie ladu dramaturgie.paradoxe impensable.
La tentation d'appréhender l'image comme un objet ou, à contrario, comme la trace d'un mouvement, est une fracture intellectuelle à la source de tout conflit humain. Ces deux points de vue sont irréconciliables, puisqu'ils sont deux perceptions de deux dimensions étrangères, deux oppositions. 

LaSi forceje desouhaite l'êtrela vivantmezura quientre cherchemon l'entendementOrs et lama justesse,coindeta, c'estje d'dois être dans le champ mouvant qui sépare ces deux dimensions, 
Entre l'objet et son mouvement, l'abstrait et le concret, entre le visible et l'invisible, 
Et sans jamais acter, une seule fois une seule abstraction. Pour ne pas être dans l'abstraction je dois être dans la sinusoïde mouvante qui lie mon cor intime et vivant à ma pensée anthropique faites d'idées stables. 

Et c'est cela, 
Danser. 
Parce que :

Le mot est une image, il est aussi une trace. 
La phrase est une image, elle est aussi une trace.
L'idée est une image, elle est aussi une trace.
La pensée est une image, elle est aussi une trace.
Alors chaque image, chaque mot, phrase, idée, pensée, est condamnée à être définie dans un intervalle entre un objet et un mouvement, et il est ainsi condamné à l'indéfinition. 
L'idée est ce paradoxe qui lui permet s'annihiler d'elle-même. 

Mais aujourd'huihui, dans ma culture, le mot n'est pas un intervalle. 
Le motIl est une probabilité classique. 
La pensée est une probabilité classique. 
L'image est une probabilité classique. 
La probabilité est probable et classique et 
LeEntre le probable estet unele fuiteclassique versse trouve la conviction,mezura celade la coindeta. 
La probabilité est aussiun vraimouvement quechangé en objet, le classicisme est la forge des convictions. 

Cette probabilité est l'espace mouvant que je ne peux fuir, mais que je dois figer par l'idée. C'est la culpabilité. 
La coindeta est cet endroit où mon humanité me tient par ma pensée en culpabilisant l'absurde. 
L'être sérieuxélégant ne peut être qu'unest clown terne aux caractéristiques tragiques. 

Si quand je monte sur scène mon enjeu est centré sur moi plus que dans le drame, c'est que je suis soucieux de plaire. C'est une approche qui m'invite à la peur de ne pas plaire. C'est un sentiment qui me soumet à l'attente des regards. C'est une attitude qui m'oblige à respecter les moeurs, les codes, qui m'oblige à penser, à être volontaire, à décider chacun de mes gestes. 
Je ne trouble rien, je correspond à l'idéal, je produis les utopies conservatrices où tout doit être pensif. 
Ni poète, ni acteur mais certainement comédien, coindeta sui.

L'image est insaisissable.insaisissable parce qu'elle est une trace, que l'image et la trace se confondent maintenant dans la mezura du temps mouvant. 
En écrivant ceci j'écris que l'image est un mot qui n'existe pas, que l'image est une image qui ne se regarde pas,  
Parce que l'image n'est pas un concept dur, 
Elle n'est pas un concept. 
L'image n'est pas un concept, 
L'image n'est pas une image. 
L'imageToutes ekphrasiqueles seuleimages peutsont êtredes uneichnos, des eidolon, des typos, des eikon. 
Chaque image car,

Sortie du mot, l'image ekphrasique est une trace, et chaque trace pantaisaira,est un chant.
Parce que chaque image, jusqu'au fossile, est la mémoire d'un pantais, 
Une rêverie dans le corps, une rêverie du corps ; 

Elle est une sensation que la trace nous a procurée dans l'empathie archaïque des traques et des poésies fossiles, 
Une sensation mnésique et musicale rendue concrète par la genèse sensorielle du corps vivant. 

Je pense à Céphise, 
Qui creusa la tombe 
De celle que son fils tua d'amour. 

Et parce que le théâtre est sans cesse immédiat,
Il est la discipline artistique où l'image et la trace sont dans leurs manifestations les plus radicales et les plus franches.franches et les plus intriquées.

Le théâtre littéraire n'est ici plus une probabilité classique. 
Il est une fatalité évitable par l'absurde des joies mouvantes. 
Il est la trace d'une volonté à faire de la pensée une autorité, 
Une volonté historiquement intéressée par le maintient d'un privilège 
Qui éloigne les êtres non instruits. 

Le théâtre exclusivement littéraire est nourri de codes induis dans sa langue, au point qu'il en devient un théâtre de fatalités. Un théâtre dont la seule excitation est d'être en mesure de prédire comment nous seront surpris de voir que nous "l'avions déjà pensé".
Prisé initialement par les grands tragédiens, ce théâtre formel est aujourd'hui 
Un idéal culturel où les jeunes dramaturges s'enfoncent 
Dans l'espoir d'une noble reconnaissance, et celacoindetada
S'ils sont arrivés à procurer à leur maître le doux sentiment du privilège,
Ce privilège de la pensée sur le corps.
C'est dans ce théâtre des fatalités que s'enlisent les grandes institutions académiques.reconnaissance.

Ce théâtre des fatalités est conçu pour respecter le code normalisant du langage et de son bon usage.usage, du bon usage de ses conventions et de ses codes. 
C'est donc ce code, cette littérature, qu'ilque doitce porterthéâtre porte comme la priorité fondamentale de la discipline. 

Je pense à Louis XIV qui, 
Pour assoir sa culture 
A eu l'idée coloniale de créer le classicisme et a transformé 
La mezura en proportion, 
Le mouvement en ordre, 
Lo jòi en maîtrise, 
L'image en objet. 

Un théâtre qui joue des corps en usantles desanimant par leurs propos est autre chose qu'un théâtre jouant des propos en usant des corps. 
Jouer des propos est un non-sens, car un propos est un objet abstraitabstrait, pensif et fixe,fixe. jouerJouer des propos n'ajoute que de la confusion à la confusion, et dans uneun joiecontentement morbide.sans joie. 
UserUn théâtre qui fait du corps un objet utile à la pensée est un théâtre sans lyrisme. 
Utiliser des corps est à l'antagonisme du jeujeu, et donc de lades discipline artistique.artistique, Useren d'faisant abstraction du moteur de son interiorité, seul prétexte poétique et lyrique. Utiliser un corps c'est le charger d'un gage,travail, c'estnon d'un travail !
jòi.
Un théâtre vivant ne peut être qu'un jeu organique où la littérature n'est qu'un accessoire. 
C'est seulement ainsi que les mauvais poètes, les colonisateurscolons en littérature, peuvent être désarmés.

Un théâtre vivant se meut dans une évidence indéniable,indiscutable, absurde et mouvante. Il n'est pas conçu, il est invité seulement.seulement par incantation. Il révèle l'invisible et l'impensable. Ce mouvement est l'ancrage où l'être s'y cherche poétiquement, et par deçà le langage.  

La théâtralité, c'est le mot mis en scène par le corps, 
Et non l'inverse. 

Pour la formation de l'acteur, puisque c'est ici mon prétexte, il faut chercher 
La régression du langage, 
La même qui, 
immature,Immature, 
préfèrePréfère tousserune quetoux parler.qu'un long propos. 

Et puisque le mot n'est qu'un indice, 
N’ayons pas peur de la simplicité :
Vivre pour dire plutôt que dire pour vivre. 

LeJe pédagoguedois doit jouer avec le théâtre comme un enfant avec son jouet, sans conviction et dans l'adaptation soucieuse des psychés. Il doitme chercher son élève non dans sonmon endroit mais dans sonmon propre champs,champ. dansMa son mouvement. Sa consignemezura doit être une sorcellerie de toute force où l'empathie est loi et où le langage n'est que poèmesl'expression utopiques.maladroite et lyrique du corps. 
IlJe doitdois faire très attention à ne pas enseigneraborder le théâtre comme un consortium de règles nécessaires auà bonla embourgeoisementcoindeta dedes sonregards. protagoniste.
Il ne doit pas transmettre leun théâtre littéraire,littéraire mais une théâtralité mouvante et 
Dans un souci d'excellence, 
L'acteur apprenti devrait, 
Honteusement et en cachette, 
Lire et écrire sa propre littérature, 
Comme dans un péché honteux.honteux 
Et dans la promesse 
D'une langue au pouvoir d'incarnation plus fort. 

Le piège du langage

Le langage crée le liant nécessaire à toute société humaine, mais le langage est une image. Cette image, c'est l'image d'une culture, d'une mondiation. Il est l'image d'un imaginaire collectif et empirique qui organise et structure la société. Le langage est, avant d'être un matériau poétique, un code fait commun et qui définit le commun. Le langage, c'est l'image du commun, c'est le commun même d'une société. Le langage est l'ADN du commun de mon humanité et il est vécu et usé comme tel. 
Le commun est cet endroit où nous sommes tous. 
LeMon langage est la mise en exercice de lama langue. LaMa langue est l'image d'une mondiation. 
Mais lemon langage exclut. 
LeMon langage exclut celui qui n'en a pas les codes. 

Si la nature n'en a pas les codes, c'est l'anthropocentrisme.anthropocentrisme C'estmécaniste. alors

à nous de trouver les mouvements naturels en deçà du langage.
Ainsi, le

Le corps, l'organe, directement inspiré de ses perceptions et de son expérience subjective, est mis hors du langage, le corps est isolé.isolé hors du langage parce qu'il n'en a pas les codes. L'environnement n'ayantperçu plusne participe plus, son mot à dire, ilmouvement est mécaniquement exclu dudes langagepropos et de sad'une réalité induite et fictive, il est exclu du commun et 


Il n'y participe plus. 
L'environnement est désormais une logique, auaux dépens d'être une matrice. 
Lorsque le langage est devenu régalien, l’environnement et notre connexion dynamique à nos extériorités sont déracinés. 
Le théâtre alors, n'est plus qu'un artifice.artifice, il se réfugie dans la littérature comme mouvement culturel.

Faire du théâtre un exercice littéraire, 
C'est offrir au commun laune réalité aux corps déracinés, c'est offrir à sonmon humanité la promesse de sa désincarnation. 
Le sentiment divin d'omnipotence est légitimé et, à cet endroit,
et le dramaturge est célébré dans sa coindeta, son noble ego.
Toute relation devient une blessure.probable blessure, et l'amour est célébré non comme un liant de jòi, mais comme une équation sociale.
Faire du théâtre un exercice littéraire c'est 
Rendre le théâtre impossible. 

LaJe culturene estpeux uneme fatalité.défaire de ma culture. Elle est l'endroit où les pensées se rencontrent pour y fusionner. Elle est l'endroit où j'éprouve mon humanité. Dans une culture où le classicisme est une nostalgie, ellela estnostalgie devient une utopie. Une telle culture conservatrice ne peut en soi que se confronter indéfiniment à l'innovateur, au poète.poète, Elleà tous les acteurs de l'humanité qui éprouve la transformation du monde et qui souhaitent y réagir, s'y harmoniser. 
Une telle culture ne peut que promouvoir des relations rugueuses et conflictuelles et dans toutes les disciplines de cette société. 

C'est ici le pouvoir de l'image dans les disciplines artistiquesartistiques, et cela rend à l'artiste son immense responsabilité publique, il est le premier responsable.
CeIl livredoit estinvestir l'image comme un objet mouvant et habité. Il doit investir l'acte comme une nécessitémanifestation dramatique plus qu'que comme un capriceévènement. d'auteur.

LeLa langagelangue est le masque factuel qui cache les visages polymorphes des sensibilités,sensibilités. parPar sa structurationstructure même, il met des voiles sur les intimitésintimités. (raresSeuls sont lesquelques poètes qui y dérogent).échappent. 
 

Dans une société où la pensée estrégalienne régalienne,étouffe les cors, le langage légitime la norme comme d'utilité publique, il transforme les différences en cohérences jusqu'à former des discriminations en toute fluidité. 

Ne pas remettre en cause la responsabilité du langage dans une humanité exclusivement pensive, littérale, lexicale, intolérante, c'est ne pas être en mesure d'affirmer le vivant comme qualité fondamentale de nos existences, 
Et c'C'est ne pas être disponible au théâtre, aux affects, 
Ni à la seule nécessité ontologique de la lucidité.lucidité par le mouvant. 

C'est alors à moi de trouver les mouvements naturels en deçà du langage, de trouver 
Le chant de l'Ors 
Qui crée le vent 
Qui emporte les licornes 
Au-delà des cloches. 

Entre toute dualité il y a un champ

Le mot, la phrase est indissociable de son contexte organique et de la musicalité qui traverse son organe.
Penser c'est chercher une phrase. 
Penser, c'est trouver l'agencement de mot qui converti une apparition sourde en une promesse entendable, 
Cela enEn respectant un codesens commun. 
Chaque mot est lié à une définition qui lui permet d'être traversé par un sens commun. 
Mais le concept du mot est également qu'il est prononcé ou écrit par un corps subjectif qui ne peut déroger entièrement à sa nature mouvante. Le concept du mot dépend directement du corps par qui il a été inspiré. Le concept du mot dépend directement de la sensibilité qu'il représente. Le mot est une matière sociale, une image-masque, dans un geste subjectif, une image-trace. Une parole est donc un champ. 

Coindeta est un désir pour celui ou celle qui pense sa vie, 
Et une honte pour celui ou celle qui subissent la pensée des autres. 
Coindeta manque de l'affect que la littérature corrige. 

Le poète ne devrait pas être celui qui justifie la pensée par sa sensibilité. 
Il devrait être l'Ors qui transforme la pensée en actant l'imprévu del jòi. 

Entre chaque mot-masque et mot-trace, il y a un champ. 
C'est le champ de l'organisme mouvant qui ne peut s'exprime.extraire du réel au profit d'une réalité dont il serait dispensé.  

Ainsi, chaque mot porte en lui trois concepts et définir un mot est une tâche qui consiste en une réunion concise de ces trois concepts. Ces trois concepts sont les fruits de trois points de vue que tout oppose : 

  • Un point de vue objectal, idéal et inatteignable.
  • Un point de vue subjectal, idéal et inatteignable.
  • Un point de vue combiné, insaisissablequi etest destiné.une vague qui m'emporte dans le mouvant. 

Une pensée objectale est une pensée qui aborde chaque mot/pensée comme un concept/objet et 
Une pensée subjectale est une penséeréflexion dans la mezura qui aborde chaque mot/pensée dans la relation de son organe mouvant avec le monde qu'il habite.

Au-delà du ton et de ses évidentes interprétations qui concernent plus l'usage de la voix que celle du mot,
C'est une mondiation toute singulière de l'orateur qui définit le concept d'un mot.
Pour un Parisien, Paris est un mouvement. Pour un Marseillais, Paris est tout autre chose. 
Blaise Cendrars, dans son lyrisme, offre Paris aux marseillais comme un mouvement. 
Définir une terminologie mouvante pour diffuser le vivant n'est pas une tâche impossible, mais elle est une tâche nécessaire, et tout à fait subversive. 

Il suffit probablement d'un peu de plaisir à l'empathie.

Ainsi, 
La pensée est cet écran dynamique qui agence les images en idées, en les musicalisantorganisant par des logiques synthétiques. Entendre sa pensée, voir sa pensée,
C'est seulement penser car penser 
Est une extériorité. 
Le mot appartient à la société, la grammaire appartient à la société, la conjugaison appartient à la société... 
Je m'y accommode juste, par humanité. 
Cet aveu de faiblesse est essentiel si je veux 

Parler au nom 
D'unDe êtremon jòi vivant

Quand l'être conscient réalise qu'il est vivant et donc insaisissable, 
Il rit. 
Ce rire c'est 
La seule conscience vivante, la seule conscience fondée.