Pourquoi ce livre ?
J'enseigne le théâtre depuis de nombreuses années. Je peux observer, et l’œil nu ici suffit, que la culture contemporaine ne permet pas d'investir l'enseignement au théâtre avec assurance, et par l'évidence.
Enseigner, c'est faire toucher.
Pour toucher, il faut un corps.
Le corps de l'acteur, au théâtre, est le vecteur du vivant.
Dans la formation d'un acteur, l'essentiel de la transmission se résume en une idée simple :
L'incarnation,
Sans quoilaquelle l'être ne peut être en mesure de "toucher" ce qu'il doit acter. Dans notre culture contemporaine, cette simple idée est souvent inatteignable.
Aujourd'hui,Dans dansles beaucoup de nationscultures occidentales, être est avant toutsouvent être une représentation de soi-même, UneEt c'est une désincarnation.
Cette spécialisation de l'être dans l'image seule est unela tendance culturelle qui innerve les disciplines artistiquesartistiques, grâcepar à unela confusion généralisée entre l'une identification par l'image, l'ego, et l'identification par le ressenti, ce que j'appellerai le narcissisme.
À vivre dans l'illusion de la représentation, à l'intérieur même de la fiction de l'humanité, l'être perd peu à peu son organe pour ne plus être qu'une idée.idée, un objet inerte et animée par la logique mécanique que la pensée construit.
Dans cette culture nettement appauvrie en poésie, en lyrisme, en musicalités, dans une culture où rares sont les personnes qui savent avec conviction distinguer une émotion, comprendresentir bouger leur imaginaire,imaginaire dans la phantasia,
L'être perd sa présence ontologique, dilue son essence jusqu'à ne plus se repérer eux-mêmeslui-même dans le monde, jusqu'à sedissoudre perdresa totalementsubjectivité dansen desun inconsciencesoutil institutionnellesaccessoire et dansparticiper innocemment à la déresponsabilitédéresponsabilisation collective, la déresponsabilisation institutionnalisée.
Dans cette culture,
Le vivant, en toute logique,
S'éteint.
La nature nouvelleinventée de l'humanité,humanité et son univers représenté, estaccouchent régieaujourd'hui par desles lois inconscientes où le privilège est la sourcefinalité espérée, où
L'ambition remplace l'utopie et l'ambition.où le désire remplace la joie elle-même.
Dans les réseaux artistiques, cette culture du privilège a dévalué l'idée du commun pour faire l'éloge des égos, source de consumérisme. De file en aiguille, dans sa logique nourrie de causalités, la valeurculture communeoccidentale etdominante a encouragé les pratiques solitaires, isolées, mercantiles, politiques, jusqu'au confinement des niches,niches où l'art lui-même a été capté
Comme une discipline qui entretient le corps et la beauté
En un privilège de la pensée.
L'art n'a pas perdu ses origine spirituelle, c'est l'économie capitaliste qui, par la foi qu'elle demande et sous couvert d'entreprisesoptimisme, culturellesfait spécialisées,office nede survivantspiritualité. au
Les capitalismedisciplines queartistiques jouent aujourd'hui dans l'urgenceirresponsabilité de satisfaire d'un publicréel conservateurou etle aisé.vivant s'éteint.
Cette spécialisation des disciplines artistiques, dans l'entertainment et le produit de consommation, a rendu l'art mécanique et objectal, désaffecté du vivant. CetteLa nécessité à faireproduire du fongible a éloigné l'artiste de la poésie, de l'erreur, du mysticisme organique essentiel et rendu obsolète, de l'utopie dénigrée, au profit d'un concept, d'un design, d'une pièce, d'un commentaire politique et de l'image cherchée utile et "intelligente"., qui s'associe bien à nos canapés.
"Réussir sa vie, c'est la rendre utile à un système qui a un intérêt à l'asservir."
IlL'art est vraiimprégné quede lespossibles invisibles, de poésies qui restent à faire surgir, et dans l'espoir nécessaire de nous ramener dans une juste musicalité du monde.
Les disciplines artistiques sont habitées d'inconnus. Des choses difficilement intelligiblesinintelligibles sont en régie des arts. C'est parcechoses qu'ellesne sont des choses invisibles dites abstraites. Ces principes abstraits essentiels peuvent devenir toutplus à faitcréer conscientisablesmais età surpasserretrouver, cequelque qui,part, dans la trouvaille inspirée, source de primelucidité. abord, est considéré comme concret. Il sera aisé de donner des définitions concises de l'art, du théâtre et de la poésie, il sera plus délicat de leur donner du sens dans un contexte qui rend la nécessité déraisonnable.
Il faut dès lors entraîner la pensée à concevoir les présences dans leurs mouvements plus que dans leurs physicalités. C'est, par exemple, l'idée d'un "poème cosmogonique du vivant" qui participe à l'introduction de ce livre comme une épreuve à dépasser sa pensée au profit d'une réflexion dont l'activité du corps et du cosmos pourrait en être la matière première.
Certains diront que le théâtre, son apprentissage, se trouvent sur scène et non dans un livre, ou que la poésie n'est pas une science, qu'elle manque d'autorité, ou encore qu'avoir la foi ne suffit pas, et qu'il est préférable de respecter les fictions en place plutôt que d'y échapper avec de vagues "utopies". C'est toutun poème qui invite à faittransformer possible.sa Maispensée mondans expériencel'investissement m'apprendà qu'uncette comédiencapacité ouhumaine un dramaturgeessentielle qui rêve d'une carrière dans le théâtre ne se rend majoritairement pas compte de l'endroit où il place ses rêves. Et c'est effectivement
De unpouvoir faitchanger contemporainnotre depropre plusreprésentation endu plusmonde. fréquent,
Un lareprésentation fonctionmouvante, de
Pour l'art ayant été supplanté par les logiques mercantiles. Dansvivre ce contexte,monde lamouvant. poésie n'
C'est pasl'acte qu'une lubie aux utopies vaines.poétique.
Parce que
La poésie est ce qui permet de rendre au corps un monde qui dégénère. La poésie c'est la force et le courage qu'aura eu un être, dans un moment flou d'égarement, à laisser jaillir la raison absurde du cosmos dans le chaos de son humanité.
C'est d'ailleurs ici un choix assumé. La forme de ce texte s'égarant volontiers dans des lazzis mentaux, ellequand la poésie surgit malgré moi, dans les fulgurances qui me tiennent à ma présence lucide, pilier de mon propos.
Le mouvement poétique du texte me permet de ne pas faire de mon propos un propos qui cherche la vérité pour en faire des leçons. IlMais s'agitce plutôtcaractère d'poétique sait rendre la parole en un témoignage etqui transmet la trouvaille qui appartient à autre chose qu'à ma pensée. Cette chose trouvée malgré moi, semble née de lama transmissionpart d'uneuniverselle, trouvailleau que j'estime universelle : le vivant et son exercice par l'être humain contemporain, dans l'idéal de sa théâtralité, et trouvé dans l'exercicedelà de mon vivant,humanité. puisCette validépoésie partrahit desen centaines,moi peut-êtrece desqui milliersest d'élèvesvivant. surElle desdoit décenniesparticiper d'enseignementici auà théâtre.l'ambition de ce livre.
Ce livre n'est pas un objet, il est un mouvement.
Pour continuer sur la forme de ce texte, l'usage du pronom "Je" et de sa subjectivité aura été le fruit d'une longue réflexion. Mon choix s'est arrêté dessus après deux constatations. La première :"Je" est universel. En dehors de quelques sociopathie, nousNous sommes tous "Je".
Je est extrêmementcette séduisantprésence, dansce unmouvement, contexte
Où quinous trouverasommes lesconfondus, singularités
En ailleursdeçà quedes dans les statutspensées, et lesparfois identités.en Aussi,deçà l'usage
De dunotre "Je"humanité permet à l'écriture comme à la lecture un sentimentet de présence,ses dereprésentations. réflexion mouvante plus que précieuse pour notre sujet.
La présence,pensée l'art,abstrait le théâtre,réel. La lecture contient cette exigeante à être dépassée.
Je défigurerai le vivant,langage êtrepour humain,mieux autantdéfigurer dela conceptspensée. vagues
Je serai radical dans la justesse et toi,
Lecteur, commence à aimer sentir
Ce qui nete sontsemble pourtant que des évidences poétiques. Ne soyez donc pas surpris, dans cette lecture, d'être emmenés dans des formes littéraires parfois abstraites, pour une transmission qui se veut radicale et vers un enseignement Simplebeau
Et exigeant,garde-le Là oùDans la pensée cherchesilencieuse, dans ÀLes disparaitre.
L'exigence, c'est également une caractéristiquemusicalités de ceton texte. J'observe beaucoup d'aspirants comédiens qui ne lisent jamais. Lors de leurs interprétations, ceux-ci sont incapables de donner du volume à leur parole, de la matière au mot qu'ils usent et de la présence à leur propos. C'est pourquoi j'aimerais faire de ce texte une épreuve suffisante à l'intellect, un challenge et une experience au jeune lecteur, et pourquoi pas aussi, un plaisir pour le lecteur aguerri. Je ne ferai donc pas l'effort d'adapter mon écriture au confort et au soucis littéraire. Je souhaite proposer un texte exigeant et engageant pour les intériorités.corps.
Ma radicalité n'est pas une imposture elle
Est l'urgence mise en mouvement
Dans la nécessité poétique d'une perception immédiate.
C'est ainsi, et probablement seulement ainsi,ainsi que la radicalité sera en mesure de défricher l'esprit de ses carcans, pour
Pour recouvrer le champ des possibles et Et tenterTenter l'emmancipation.émancipation.
Émanciper la joie, c'est recouvrer son corps,
C'est la destination du jeu.
L'évidence du corps est de la plus haute complexité pour la l'esprit noyé par sa pensée, Et ceCe qui est naturel à la pensée est tout à fait étrangeétranger pour leau corps.
C'est un antagonisme naturel.naturel qui produit l'oscillation sinusoïdale,
La danse nietzschéenne des être sociaux.
Ce qui est abstrait pour le corps est concret pour la pensée.
Ce qui est abstrait pour la pensée est concret pour le corps.
Cette danse, c'est le théâtre.
Le théâtre est lal'endroit manifestation de ce paradoxe. Le théâtre met àoù l'épreuveon la pensée en la confrontant aux mouvements concrets des corps, par l'exercice du vivant.regarde LorsqueVivre la pensée habite le mouvement abstrait (ou concret, au choix) du corps hors de sa langue, alors l'esprit peut conscientiser le vivant, D'un mouvement singulier et pur puis Vivre, etpour
Être vivant, et Donc Acter sa présence puis Faire valoir sa théâtralité
Dans le regard de sa communauté
Au nom dud'une cosmos, au nom De la beauté.
Les enjeux sont nombreux et dépassent largement la discipline du théâtre. Le théâtre n'est et n'aréalité toujours étéplus à l'humanité qu'une intimité nécessaire, face au reste du monde.grande, LeEt restepar dule mondevivant. que j'appelle ici Le cosmos, ou la Terre, selon. LeCe vivant est ce
La quesensation j'éprouveineffable qui disparaît dès lors Lorsque je suis traversé par le cosmos.
Parce qu'ilQu'elle est aisépensée. d'oublier que nombre d'éléments sont immensément plus grands que notre humanité minuscule, et que Je n'habite pas l'humanité seulement mais bel et bien Surtout Le cosmos.
Alors pourquoi utiliser le langage, l'écriture, pour faire l'éloge de ce qui ne se parle pas ?
De ce qui ne peut pas se penser ?
Parce que quelques personnes me l'ont demandé.
Et que je n'ai pas su
Si c'était leur désir qui s'exprimait
Ou bien le mien.
Dans la confusion,
J'écris
Que je suis vivant.