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L’action mécanique ou la réaction organique

L'émotion crée une réaction. Cela est vrai ​pour l'ensemble du vivant. 
L'être humain crée dans la joie, 
Le ver fuit dans la peur, 
L'arbre fleurit dans la tension des sèves et par la musicalité du printemps. 

Mais l'humain a cette singularité dichotomique qui fait les êtres sociaux. Au delà de cette singularité qu'il partage avec d'autres espèces, il excelle dans la parole et la pensée. Cette force pensive qui le caractérise​ tente l'individu coupé d'un environnement naturel à être prioritairement dans la pensée, aux dépens de sa musicalité et des manifestations émotionnelles. 

C'est ainsi que l'être change de dimension, et de réalité. Il entre dans une dimension abstraite régie par ses propres représentations. C'est un monde empli d'images, où l'image ne représente rien d'autre qu'elle-même. Ce monde ainsi formé est purement anthropique et quand il est rendu, par la culture, comme une perception majoritaire, la civilisation devient anthropocentrique. Dans son mouvement, elle crée l'anthropomorphisme tous azimuts. 

Dans un tel monde l'émotion devient l'absurdité indésirable 
Laissant le champ libre à 
La volonté 
Ravageuse et froide, 
Éteignant de son autorité 
Chaotique 
La joie originelle. 

Quand la volonté cherche la joie, elle ne trouve que la satisfaction et le contentement. 
La satisfaction et le contentement ne sont que l'illusion 
D'une frustration 
Dans l'excuse 
De la résilience.

L'acteur, qui acte son intériorité, pour porter le vivant comme autorité inconditionnelle, ne peut faire de la volonté l'origine de ses actes. Toute présence en serait abolie, ainsi que toute légitimité à être autre chose qu'une intelligence aux utopies obsolètes. 

Agir pour le bien ou le mieux, 
Ce n' est pas réagir dans lo jòi. 

Seule la trace laissée par une intériorité
Peut porter en elle les musicalités indispensables 
À la beauté 
Dans sa justesse. 
Seule la trace laissée par une intériorité 
Peut porter en elle
La signature du cosmos.