Être humain
Un être humain est une mobilité, un organe mouvant dans une métamorphose permanente. Il échappe ainsi à toute définition. Sa nature vivante lui évite de subir l'emprise de la limite. Ce qui caractérise l'être humain se trouve l'intervalle entre ce qu'il est ce qu'il n'est pas, entre ce qui peut disparaître et ce qu'il peut devenir.
Être une image est une fulgurance, qui nous fait être et disparaître instantanément, mais être un mouvement est d'une cinétique qui persiste dans un long écho organique. Je me retrouve, encore pour un moment, dans la peau de l'Ors, et alors je profite de cette dualité d'être à la fois un homme, et à la fois un ours, pour soustraireêtre dans l'animalintervalle de ce qui peut disparaître et trouverce lesqui contourspeut propresdevenir. à
Dans le commencement d'une pensée radicale, je suis comme l'Ors qui cherche son humanité. Je suis le corps organique seul, Le corps organique seul habité d'une intériorité mouvante et inspirée. Je suis le cor, réceptacle seul de mon êtreinvisibilité. Le cor comme mouvement de mon intimité est le mouvement que je partage avec l'ours. L'ours et l'humain sont ici le même être, le même cor, comme une seule direction, animé dans deux sens différents, deux utopies opposées, vers l'ours ou vers l'humain.
Un être humain est une mobilité, un organe mouvant dans une métamorphose permanente. Il échappe ainsi à toute définition. Sa nature vivante lui évite de subir l'emprise de la limite. Mais il y'a des choses qu'il n'est pas et qui le caractérise.
Il rejoint l'ours en ce qu'il est vivant, ainsi l'être humain et l'ours ont quantité de similitudes. L'être humain J'éprouve tant de proximité avec l'ours, qu'ilque seje me rapproche ainsi de la truite, de l'abeille et du grand chêne. Je trouve enfin cet endroit, ce jardin de peau où le monde entier sort de terre,
Ce jardin de peau en moi où tout est lié.
Ce jardin de peau que je partage avec la truite, l'abeille et lo casse grand.
Ce jardin est la forêt de mon ours.
Cet état, dans le constat, qui permet d'échapper au monde des représentations, est une base nécessaire pour sentir sa présence, et donc
Un état nécessaire à l'acteur, le poète, le danseur, le peintre qui souhaitent acter une trace, image d'une incarnation juste.
Je nedécouvre furètece donc pas après une définition mais après une trouvaille, qui doit être le fruit d'une longue déconstruction, une marche, singulière à chaque individu et qui mènerait à un corps débarrassé des propriétés qui le rendent singulier, jusqu'à trouver le corps d'un ours,jardin prêt à rencontrerfaire sonjaillir humanité.n'importe quelle fleur, JeCe nejardin vaisprêt doncà proposerfaire icijaillir qu'untoutes exempleles personnelcouleurs depar cettema intention, un état de vigilance, que j'ai trouvé hors de la parolebouche et qu'ilmon m'importegeste. d'investir dans la philosophie, la poésie et la mystique, pour qu'elle puisse être suggérée dans l'esprit d'un lecteur.
Je suis un être
Je cherchetrouve cet universel, cette base radicale, commune et inévitable, qui fait l'être.
Je dois sortir mon être humain de son propre concept, pour ne plus être que dans le simpletrouve et évident constat de ma présence lucide.Je dois trouver etpeux acter cet être que je suis quand je suis loin des regards quand,
Au milieu d'un bois,
Mon nom a été oublié.
L’anthropocentrismeQuand a déraciné l'être humain de sa Terre,Et il a fait de la Terre un ballon de football dontIl faut se disputer l'engagement.
Jeje déshabille mon être humain de ses représentations, de mes représentations,
J'enlève chaque masque de chaque idée pour ne plus me voir que
Dans le plus simple regard.regard, dans
Un reflet qui trouve l'eau pour sa vraie nature,
Mon regard quand je regarde hors de moi quand je suis enfin hors des images dans la
La subjectivité cristalline.cristalline d'un cor aux feux de chairs.
Je suis un corps humain j'ai
Un ventre une bouche deux yeux deux pieds deux mains deux jambes deux bras des poils des veines sous une peau un sexe et tout est articulé et un squelette des tibias
Une inspiration
des côtes des rotules un crâne des oreilles un nez des paires de dents une langue une trachée des poumons un estomac un pancréas
Une expiration
Un foie un transit un nid des bactéries du sang des nerfs un cerveau un cervelet une moelle en cellules des acides désoxyribonucléiques des brins ribonucléiques des organites des charges et décharges dans le liant électrique dans ce corps dans son eau je suis un diaphragme le mouvement de l'intrication d'un organe puis un autre dans les rythmes intriqués de ma
Respiration.
Cette alchimie m'anime dans l'invisible des champs je suis comparable et confondu par le sol aux
Singes aux moutons aux vaches aux porcs aux poules aux serpents aux cerfs aux lézards aux lynx aux limaces aux chenilles aux lapins aux lièvres aux hiboux aux moineaux aux guêpiers aux fourmis aux pigeons aux rats aux mulots aux marmottes aux ours aux têtards aux manchots aux requins aux crabes aux pieuvres aux moisissures aux peupliers aux ciguës dans
Le mouvement des présences par les respirations sur
La terre dans la terre dans le ciel dans la mer dans la jungle au désert des montagnes percées de grottes où s'engouffrent les nuits des glaciers des rivières des canyons des volcans des failles en mouvement dans le champ du fer bouillonnant du cœur de la cellule cosmique de la Terre.
Ceci n'est pas une régression,
Ceci n'est pas une utopie c'estNotreLa condition commune, indéniable, et
La promesse faite à tous les êtres depuis la nuit des temps.
Cette promesse, c'est
La promesse absurde d'une
Disponibilité à la joiejoie, au bonheur exalté dans le grand carnaval c'est
Cela
Être vivant.
Cette disponibilité à la joie c'est...
L'être humain ne peut être que
Humilité
Face à cette condition invariableinvariable, et
Il ne pourra jamais rien être d'autre
Que cette promesse, sa
Tragédie annoncée.annoncée dans sa couleur la plus immaculée.
Être, c'est tenter d'appartenir au monde et acter
Mon essence organique, animale,
Dans le grand carnaval terrestre.
J'acte ce cor dans ce corps cette lumière d'un jardin de forêts.
Comment pourrait-il en être autrement ?
S'entraîner à ressentir cela est plus puissant qu'une psychanalyse.
Je suis maintenant un corps humain
Épluché et
C'est ainsi que l'acteur neuf se présente sur une scène :
"Je suis un corps humain".
C'est là l'identité primordiale de l'acteur.acteur, c'est ainsi qu'il se présenteSeulAux constatpremiers évidentregards, possibleAuEt regardc'est ce qu'il doit être
Pour pouvoir devenir.
L'acteur de théâtre est cet ours-humain sans masque,
Qui, bientôt, commencera la transformation qui melui surprendest sanspromise. mon masque.
C'est mon corps humain qui me tient au vivant et c'est celui-ci que je dois recouvrir et entendre et laisser parler, en deçà des artifices,
C'est lui
Qui fera le spectacleDe la beauté
D'un événement, d'un propos, d'une réaction, d'une folie, d'une réparation, d'une présence
Humaine
Incarnée dans
L'autorité de son humble nature.
C'est lui qui a le jardin où se cueillent
La justesse et la beauté.
Ce corpscor humain qui nous est, et qui nous parle dansdepuis l'écho invisible qui
De noustoutes sépareles forêts et tous les déserts du monde,
Dans notre jardin de notrepeau.
L'inconscient qui n'a d'inconscient que le nomnom, et quiil se trouve dès qu'il semble accessoire de dire, de justifier et de commenter.
C'est là mon intimité juste, dans cette trace de mad'une promesse originelle et dont je suis de nouveau responsable et sans laquelle ma vie n'aurait aucune
Tension dramatique.
Je suis un être humain
Aussi,Je lesuis théâtre étant d'une propriété humaine. Il serait déplacé, voir de mauvais goût,espèce d'organiserours unqui théâtreparle. animal,
La perduparole entreest lacet crainteorgane etinné lequi désir.Parmia les caractéristiques fortesfait de mon êtrecor humainun semorceau trouveLad'humanité. plus cruciale :
Ma nature sociale, ma
Part sociale
Indissociable et d'une autre dimension dont
La parole
Est le ciment.
C'est ce qui me distingue.
De l'ours.
Ainsi je suis cette part sociale, une part hors de moi qui m'obsède dans un cossir permanent.
Le cossir du troubadour c'est son obsession du vers.
Ce cossir, c'est mon humanité qui travaille dans le moteur pensif de son organisation.
Paradoxe du champ de l'être
Si je veux être et humain et vivant, je dois être le mouvement d'un intervalle.
Je dois être entre l'intériorité de mon cor et l'extériorité de mes cossirs.
Je dois être ce mouvement, être unce champ, je dois être unle paradoxe. Je dois Séparerséparer le masque de mon visage.visage et être dans leur intervalle.
Le visage est l'acteur.
Le masque est l'accessoire du comédien qui entrele fait entrer dans le monde des images et de sa société.
La Terre est un carnaval, l'humanité est une mascarade, le théâtre est leur conciliation.
C'est ainsi que mon cor est devenu
Le sensible le mouvant l'intrication la rêverie la phantasia l'amour la danse le geste la mémoire le joi l'eau d'un jardin qui jaillit,
Et tout ce qui est invisible en mon corps.
Et c'est ainsi que toute chose ineffable est devenue concrète.
C'est ainsi que ma parole est devenue
L'artifice la fiction l'envers du drame la dissociation la tragédie l'espoir l'humanisme la règle la loi l'art les dieux la politique l'économie et
Et tout ce qui était invisible et hors des corps.
Et c'est ainsi que toute chose devient abstraite dès lors qu'elledite est dite.devenue abstraite.
Lo joi ? L'ors a dit lo joi...
La parole c'est l'autorité sociale, une cruauté invisible,
Impalpable,
La blessure ded'un l’êtrecor quand il a été amputé de son corps et sa promesse.
La parole c'est la manifestation de ma communauté, mon implication dans sa culture, ma dévotion envers sa force dominatricehumanité qui m'a permis de devenir humain plus qu'êtreêtre, pour m'émanciper de
L'intimité de la Terre et du ressenti qui me lie à elle.
La parole c'est
Ce que je dois faire germer depuis mon jardin de peau
Plus que des idées sans couleur.
L'être humain est ce conflit, ce
Champ
Entre deux parts, entre
Sa part intime et sa part sociale,
Son corps et son esprit,
Son visage et son masque,
Ses actions et sa pensée,
Son désirjoi et sa volonté,
Son mouvement et son objet,objet.
Lo cossir, c'est mon humanité,
Un conflit investi entre
La Terreterre et son image.
L'acteur du vivant doit scrupuleusement rendrerend au corps ce qui lui appartient, laisser à la parole ce qui lui est digne et
Toujours
Chercher à exprimer ce qui échappe à sa pensée car
C'est à cet endroit qu'il doit acter,
Au nom des
Utopies concrètes.concrètes
Mises en mouvement.