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Abstraction ontologique de la forme

Ce que je retiens de cet étrange et nécessaire poème, est cette inspiration à admettre
Que ce qui est perçu par ma pensée n’est qu’une interface. Une interprétation de conflits de champs. 
Ma pensée est l'interface de mon humanité structurée d'objet,objets, dans un monde que le mouvement a façonné seul.

Ce que nous voyons n’estne sont que des courbures d’ondes lumineuses, que ce que nous touchons n’est que la force impénétrable de mouvements invisibles, et que ce que nous entendons n’est que le mouvement des déplacements de corps vibrants.  

Le monde que nous traversons n’est que le masque d’un cosmos invisible beaucoup plus dense qu'une simple apparence, où tout n'est que mouvements et infinis bouclés.

Au-delà des sens concrets qui me sont offerts et dont mon esprit aime se faire des représentations, il existe une réalité beaucoup plus dense, plus riche, plus lumineuse et plus vibrante encore. C'est une réalité qui s'approche du réel quand mon corps méditant vievit plus qu'il ne pense.
Mon corps organique a été façonné pour habiter la terre, mais indirectement, surtout, pour habiter l’univers et le cosmos. Il est fait des mêmes substances, des mêmes matériaux. Il est habité par un mouvement originel et commun. 

Ne pas s’ouvrir à l’intuition est une erreur ontologique, provoquant des abstractions trop fortes et dévastatrices.  
Toute l’humanité contemporaine s’est construite sur la pensée conflictuelle que nous a offert l’outil, auquel nous nous sommes maladivement identifiés.
Thèbes est sortisortie du cadavre d'un dragon.
Probablement par complexe à ne pas pouvoir être son propre contexte, l'être de l'humanité s'est affublé d'une tâche, d'un métier, d'un statut. Lorsqu'il est devenu quelqu'un, plus rien d'autre n'a eu d'importance. 
Être une idée, être une image, cela est devenu une obsession dissociative de masse.
L'image,image est
Est une représentation. 
L'image est une forme suscitant l'imaginaire etou leun souvenir qu'elle n'est pas. L'image est l'outil de la pensée qu'elle n'est pas.
Le mot est une image. 
C'est un masque, figé, convexe et concave. L'idée ne sera jamais qu'une interface entre une pensée et une inspiration, entre une humanité et une origine du vivant, entre ma part sociale et ma part intime.

Les choses formelles sont utiles à mon humanité. Elles me préservent en tant qu'individu, par l'intermédiaire de ma société. Mais les choses essentielles maintenant m'échappent. Elles m'échappent parce qu’elles n’ont pas de formes saisissables à ma pensée, pas d’utilité pour ma société. J'ai fait de la forme et de l'utile ma singularité, elles m'ont défini dans le monde du vivant.  
La forme s'est placée en ciment de ma philosophie occidentale. Ce qui m'est essentiel est tout ce qui me dépasse, l'essence de l'être est tout ce que je suis incapable de penser.  
Voici dans quelle tragédie je me suis engouffré : Puisque je ne peux pas penser certaines choses, alors je ne peux pas les résoudre. Afin de dénigrer cette réalité, j'ai mis en scène l’anthropocentrisme et l’anthropomorphisme à tue-tête, désespéré, j'ai donné au monde mes caractéristiques utiles, mes caractéristiques d'outil, J'j'ai donné au monde mon utilité pour l’homo-faber. 
Si une chose n’a pas de forme utile, si une pensée n’est pas pragmatique, si une chose n’a pas de cohérence mécanique, alors elle devient méprisable, probablement aussi dangereuse qu'un dragon insolent, ou aussi insignifiante qu'un brin d'herbe. 
Je suis ainsi culturellement. 

Mon utopie  
C'est rendre au temps la beauté de la seule présence, c'est rendre à l’espace sa nature fluctuante et son élasticité, c’est permettre de rendre à l'être sa qualité d’être changeant, seulement capable, dans l’effet, à être l'acteur de ses interactions, c'est rendre à l'être vivant sa nature cosmique, c’est l’inviter à se dépasser en mettant l'intuition au-delà de tout savoir, c'est mettre le savoir et l'intuition dans le juste solénoïde du vivant, c'est rendre à la connaissance ses sensations ineffables, c’est inviter son esprit à la vigilance des invisibles, c’est confier à son corps les responsabilités matures de son propre mouvement, c'est rendre à l'intimité son statut identitaire,  
Et cela  
Pour être dans la juste résonance avec le théâtre du cosmos, seule universalité possible.

Voici l'enjeu d’une abstraction de la forme : Être dans la justesse du monde,
Dans son mouvement juste plus que dans une idée naturellement tronquée.

Lorsque, au théâtre, le demiurgedémiurge crée la situation et dirige la parole, il ne reste à l’acteur que la responsabilité des mouvements invisibles qui caractérisent le vivant, et c’est cette propriété qui donne vie à une représentation.
Sans la capacité de l’acteur à exister présentement, à être dans la seule et juste intention d’acter sa présence dans le mouvement de son vivant, la représentation théâtrale perd toute sa substance, sa magie, sa beauté, sa direction. 

Quelle autre fonction pour nous, êtres vivants, que d’être vivants ? Ce n'est pas la bonne question. Être vivant n'est pas un objectif. L'objectif est volontaire. L'être vivant est vivant et vivre est pour lui une joie. Ce n'est pas une idée, c'est un mouvement persistant. Vivre n'est pas une fonction, c'est une dense absurdité seulement, et dans la joie de danser autour d'un monde habité par une justesse. 

Quelle autre fonction que de s'émouvoir dans la lutte des existences, passant outre l’objet d’une vie ? Le but, l’objectif d'une vie n’est qu’une illusion d'une dimension nourrie de fictions. Ce qui est présent ne peut être autre chose qu’un mouvement habité par l'incommencé et l’imprévu. Être est ce mouvement qui sans cesse, fait des autres les organes de sa pensée, afin d'harmoniser les invisibles qui habitent les corps. Habiter un mouvement dans la seule régie des interactions rendues précieuses, c’est tout ce que l’art du XXIe siècle devrait se suffire à être, plus qu’à vouloir représenter. C'est ce que je dois m'appliquer à faire avec acharnement, au nom de mon humanité.

Vivre, c’est là ce qu’il faut définir avec application, en explosant le corps de ses peaux utiles.

Représenter le vivant, c’est faire abstraction de ses objectifs, et être vivant, être vivant seulement, dans le mouvement généreux de cette étrangeté.

Je ne peux être un acteur si je ne trouve pas en moi cela, parce que c'est cela qui doit être acté. Je ne peux être vivant si je ne rends pas la pensée mouvante et fluctuante, si je ne rends pas la vérité changeante et si je ne rends pas à l'erreur tout le mouvement précieux qu'elle initie.initie, Sisi je n'écoute pas ce corps au point de m'y confondre, une fois immergé dans sa présence symphonique. 

Il faut essayer de trouver ce que peut être le vivant lorsqu’il n’est qu’un mouvement, un mouvement radical, essentiel, libre, commun et universel à tous les êtres vivants. Si ce mouvement est rendu concret par le vecteur d’un corps, alors il doit être le fruit d’un processus organique, d’une nature essentielle accessible aux poètes scrupuleux et aux comédiens consciencieux.

Après avoir longtemps observé  
Les vers  
Gesticuler dans  
Mes laboratoires douteux,  
Je me suis longuement attardé à définir ce processus,  
Et à l'enseigner aux comédiens  
Avec succès.