Donner du Sens
Musicalités dans le Mouvant by Léopold Sauve
Ce matin
Tout a recommencé.
J’ai à nouveau été accouché et ce matin
l’univers encore,
dans mon corps, tout mon corps, mon corps entier l'univers entier ce matin encore,
L’univers entier partout dans mon corps.
Je ne suis redevenu humain qu’après quelques instants.
Un humain neuf
Avec un ventre énorme,
Là j’ai senti. J’ai senti une sève monter.
J’ai senti une sève traverser mon tenseur.
Mon esprit a multiplié, multiplié encore, encore et encore il a
Multiplié les dimensions et
Au passage
Tout ce qu’il était possible de multiplier.
Au-delà de l’impensable, mon corps
Surréaliste déployait ses
Racines concrètes. Mon
Esprit lyrique captait dans
L’ineffable, j’étais
Le canal du vivant.
J’étais
Vivant et
Vivant seulement
Et animé par cela.
J’ai senti la sève de la nuit et la radiation du jour.
J’étais l’arbre multiplié hors du temps, j'étais l’animal lumineux du matin.
J’ai senti
Monter la sève dans l’ombre des images humaines,
Dans l’ombre coincée des images objets.
Je devais me dépêcher.
Je devais sortir des images.
Je devais d’être lent,
Absolument absent ! Hors de moi je
Devais absolument être
Là.
C’était intenable.
Mon corps courrait comme une sève, la gorge échaudée comme une veine collée de sève, empêtrée dans le vivant.
Les mots s’échappaient tout azimut dans
Le chant moelleux de la fuite de
Mon corps objet vers
Son spectre de chair
Endormi.
Le chant de ma brèche.
Le champs de mon spectre.
Viande.
Quarante années de contractions matinales stupéfiantes qui explosaient dans un râle, un
Brame souple
Et coloré.
Je traversais mon accouchement, chaque nuit,
Sans rien comprendre au vertige. Sans rien comprendre à ces normes, je fus ce matin
L’animal lumineux au ventre de désirs dont
La viande le ventre sans mot se vidait de ses matins d'ether et retrouvait sa
Terre cosmique sa
Terre du matin natal.
Il me fallait
Du papier. Du papier pour jouer et embrasser.
Pour jouer la justesse du vivant et embrasser mes bras, mes mains,
Mes chaussures et mes assiettes :
Donner du sens
À cette journée.
T'embrasser toi aussi.
Je t'embrasse.
Je t'aime.
Je t'aime dans
Le cosmos.
Dans, par, via, avec et confondu.
Je t'embrasse
Maintenant toi et moi sommes confondus
Parce que la parole nous lie comme deux souliers et
Parce que dans mon souvenir, tu étais là, cette nuit, étoile hors du temps.
Nous riions de la beauté du chaos jusqu’à ce que
L’incarnation ce matin nous sépare dans
Le paradoxe originel des fusions.
Je ne te suis plus qu'un livre.
J’ai écrit ce livre que je suis devenu.
Je t’aime alors je deviens un livre.
Je suis un livre
Je suis un livre
Un livre fait de papiers au
touché doux aux
bords de feuilles qui
accrochent papier mouillé de traces de mémoire de douceur – mes mots d’encre, mes
mots-images imprimés en contraste absolu absolument ancré dans ta carne.
Ces mots trouvés musclent
Ton corps vivant habité du son du papier.
Je t'embrasse,
Tu as le pouvoir de transformation.
Je suis le livre tu es ma viande.
Je suis le livre du corps incarné. Je suis le livre qui t’a lu dans le corps. Je suis le mot incarné de tes sens. Je suis le livre qui parle la viande rose ferrique du vivant, de ta viande vivante forte et rose golem de papier de muscle. Je suis un livre fontaine de muscles et je parle avec de l’eau avec la structure des fusions. Je parle l’eau profonde du cosmos. Je suis le souffle de la fontaine à reflets qui ancre ses bulles dans la langue du langage des gencives de l’écume de ta mère qui t ‘embrasse.
La lumière du soleil est un mouvement je suis
Un livre de poésie
Un livre de science radicale surréaliste
Un livre de science relative du ressenti absolu
Un livre tenseur
Un livre utile
Un livre de répétition
Un livre dard à tuile
Un livre de méditation
Un livre d’enquête psycho-animiso-animal des corps transpirants par le tien je suis
Ton corps coinçé entre deux pages je suis
Un contre-temps Je suis
Je suis
Un livre de théâtre tu me regardes je suis
Un livre avec un cheval je suis
Un livre de cheval je suis
Un livre écrit par toi, cheval, je suis
Un livre pour un cheval je suis
Un livre pour regarder un cheval je suis
Un livre pour voir le cheval le sentir le toucher l'embrasser le devenir ne plus pouvoir le nommer s'habiller d'un cheval je suis
Un livre chamanique
Un livre d’hypnose
Un livre qui donne du sens
Qui donne du sens à tes naseaux
Un livre de sorcier.
Le grimoire du cosmos, ce
Tenseur de dimensions exponentielles est
Dans tes mains inhumaines.
Dans tes mains la source sépia qui noiera le soleil
Dans les années-lumières de ton inconscient jusqu'au vide éblouissant.
Toi et moi sommes l’encre dans ce grimoire du cosmos
pour que
L’ether de ton cheval puisse tisser sa viande vivace
Par ses crins rugueux dans le ventre de ton vivant.
Le vent de
Ton Vivant
Mon Vivant
Le saint esprit
Quatre paires de sabots.
Pour ton cheval galopant
D'un soulier tenant l'autre
Par ma main tournant tes pages.
C'est très rapide et
Je t’aime, page n°7
L’orgasme de ton doigt dérouté dans la chaleur du papier. L’articulation soignée ici est une tannerie battante aux tonneaux de cuirs épaissis par jets de jus de tabac dans les rythmes des pieds des ouvriers giflant l’eau bleue parlée de la rivière aux poissons immortels.
Voici
Une selle pour un cheval.
Avec le métal des échos nets les aiguilles vibrantes de ton crâne fusionnant chaque métamorphose du ciel quelques millions de lieus avant l’eau du soleil dans l’époque glaciaire du cœur de tes molaires, avec ce métal
Nous ferons des étriers.
Ma musique des moelles mâche les cuirs mouillés.
Une eau fossile mille précieuse sort de tes dents elle
Est un vent
Dans l’os creux de ton ventre viande où le génie attend les sifflements du fer dans les tambours des sables pour te faire danser comme
Un cheval fier.
Je t’aime, cheval.
Le cheval est comme un dieu il sait.
Le cheval affirme qu’il est prairie.
Le cheval affirme qu’il est forêt.
C’est parce que c’est ce qu’il est.
Et toi, hussard, tu as un cheval dans ton ventre, tu es un cheval dans ton ventre.
J’écris cheval
Tu vois un cheval
Tu ne seras humain que lorsque tu seras un cheval.
cheval
Ce cheval est une bête aussi sauvage que le bruit,
Incontrôlable, il va de toutes parts.
cheval
Laisse les pieds de l’esprit devenir la communauté des arbres et deviens ton cheval.
cheval
Donne du sens à ce mot :
cheval
Il est la couleur qui te plaît. Son odeur, fière, musquée, chaume et sel de toutes les odeurs du monde se répand dans les bruits soufflés et sourds de sa respiration prévenante. Son cou immense se laisse traverser par un ronflement puissant qui vient raisonner la cage de son front interminable dans toutes les odeurs du monde et de la Terre.
Au fond de ses yeux cinquante millions d’années de divinité.
Les mêmes cinquante millions d’années qui frappent le sol dans cet art unique de ne jamais douter. La
Masse imposante est animée par l’entière tension d’une planète.
"cheval"
Lorsque tu réponds au nom de cheval, lorsque tu ressens cheval, lorsque tu respires par tonneaux et que les mouches commencent à te mordre pour fusionner avec toi, lorsque ton souffle chaud balaie l’herbe grasse et fleurie, et qu’il devient aisé de lancer six cents kilogrammes de noyaux d’atomes de viande de ventre par tes sabots indestructibles dans la prairie fusionnée à ta danse, lorsque tu deviens l’air et la vitesse et l’orage et la foudre et lorsque le mot cheval a enfin été oublié pour qu'un cheval entre dans ton corps,
À ce moment,
Lorsque tu es cheval,
Tu recouvres ton humanité.
"cheval"
Je suis ainsi.
Un haïku de colère de revanche,
Un livre simple et pas facile,
Dans une dimension superposée,
Un spectacle vivant dans un corps dansant,
Articulé par tes doigts agiles et
Imprimée par une machine.
Chacun de mes mots est un cheval,
Et toi, tu domines ce troupeau.
Dieu est plus grand que Dieu,
Mais rien n’est aussi grand que
cheval.
J’aime le désir des mouches.
L’image est devenue mobile, glissant
Sur la vague des hennissements littéraires de cette poésie.
Elle est le processus du vivant,
Son juste mouvement.
La parole n'est plus
Qu'un chapelet prié
De maladresse et
D'onomatopées.
cheval
caillou
dans
un escalier
Léopold Sauve
Tous droits réservés
leopold@mouvant.icu
Larves de poèmesPoésie horizontale à ras terreRecueil sans titre des notes lyriques en 2024.
Ce recueil est un agrégat de notes et micropoèmes lancés à la volée sur mon téléphone en 2024. J'ai donc repris ces avortons littéraire pour leur donner plus de maturité, plus de corps, avec plus ou moins de succès. Quoiqu'il en soit, faisant couramment l’expérience des actes manqués et des révélations depuis l’impensable, j'essaie de ne pas juger leur valeur et je les expose tous ici. Peut-être trouveront-ils des esprits d'adoption ?Quelques fautes subsistent peut-être, dans ma nonchalance orthographique et mon désintérêt coupable et heureux.Les poèmes avec des titres de petit taille ont été retravaillés. Le recueil sera disponible au téléchargement quand toutes les 163 larves de poèmes déjà organisées auront été retravaillées.Les Larves de poème suivent nécessairement le poème "Donner Du Sens".
Par Léopold Sauve,tous droits réservés,leopold@mouvant.icu
0. la disparition
Certains souvenirsMe laissent un sentiment sourd.Oublier que j'oublie me laisseCompter avec des trous.
1. un
"Il n'est jamais trop tard pour être ici."Un caillou
2. J'enfourche
Les dimensions sont nombreuses elleForment un mille-feuille làOù mon corps estUne fourchette.Penser, comme écrire, ne permet pasDe traverser le cosmos.Le cosmos ne se parle pas, ilSe sert de notre corpsPour traverser les fourchettes.
Désormais,Je serai La Fourche.La Grande Fourche Cosmique oùNous serons tous confondus.
3. Le Lazzi Sème
Abstraire pensée et forme phrase non écrire maisexpulser du corps le son des imagesne pas lire dans l'écrire êtrel'intuition son geste le geste de l'intuition tombersur le poème comme une répétition du corps bègueêtre l'oiseau de sa parole ne pas dire pas parler laisserraconter ce que les masques taisent.Ne pas lire dans l'écrire maiscreusercreusercreuser etplanter.
4. Sens des verticalités
Avoir une vieD'empirismes mémoriels deProjets idéaux etD'identifications nécessairesÀ la cohérence.Vivre Être vivant deTraversées sensoriellesSentir Fleurir laLumière de sa pensée via laFantasia du monde.
5. Petassou
J'ai dormi enfouiD'un sommeil baigné duCreux des yeux.Le Matin, sur mes jambesLe désir sans objetLa fermeté assassineD'un esprit sans paroleD'une pensée sans verbeDe mon être sans attribut.Aujourd'hui encoreJe serai pour chacunCette partie d'eux-mêmes leurPart spectrale animale.
6. Lazzi 6
C'est facile de rêver.Il suffit d'un cheval d'un épervier et d'un peu d'herbe.Un océan un tracteur une montgolfière un bol de tisane des sous-vêtements une épaule desCasseroles un orchestre des nappes et des nattes des pattes un sac un cimetière uneBulle de la bière une pierre un bloc de misère une aurore auriculaire un mariage troisNains un ravin scatophile une femelle sexe et des larmes de joies du bruit dans la peauEt des lances-lumière.
7. L’œil remonté de
L'intuitionC'est toutCe dont je me souviens.Ma poésie estUne nostalgie Animale.L'humain se déshumaniseQuand je parle.Quand je parleJe suis fou. Quand j'écris,Je suis fou. Quand je grogne,Je chante.Je ne veut plusManger que DesSerpents Crus Et qu'ilsMe rendent ma colonne.
L'intuition c'est toutCe dont je me souviens.L'oiseau des dires estCreux comme son os.Je ne veut plus manger queMon intuition traverséeDe serpents nostalgiques.Je ne suis fou Que quandJe parle.
C'est un démon qui m'a donné le donMoindres battements de cœur. EtJe vois - je vois que Le ciel estNoirci de rapaces en bataille. --- DansLe monde des idées L'airEst vicié de PlumesEffilochées et De crisDdésespérés.
Pour échapper À l'épaisseur du vent,Je ne dis plus les choses,Mais je chose les dires DansLes silences cardiaques DeCette humanité.
Un œil de coq,Un œil de RocRemonté des enfers,Roule, me suit, meSurveille.
8. l'endroit inexistentiel
La liberté est sans propriétéSans particularité etSans identité.Cela n'est pas une abstraction,C'est un corps rendu aux sens etÀ sa nature.Être un cheval QuiPense être un caillou DansUn escalier EstUne chose tout à fait essentielle !
Deux jours !Deux jours que je n'ose ni monter NiDescendre.
L'escalier est mon espace de liberté.
9. Transit de l'escalier
Ce qui est franchement abstrait,C'est de pas être dans tous les sens.
Ce qui est le plus absurde,C'est d'être au bon endroit, et au bon moment.
Être dans l'escalier, c'estÊtre sur une marche deXVcm de large, bien assez pourÊtre debout.Je veux dire :Suffisamment debout.Je veux dire :Debout et c'est tout.Je veux dire :Debout avec l'abstraction des autres dimensions.
Chacun en aura déjà fait l'expérience.
Je suis dans l'escalier.Ça ne veut rien dire,Ça veut dire que je ne suis plus qu'Un mouvement debout.J'écris que je ne veux rien dire.Est-ce que cela est signifiant ? Oui, saufDans un escalier parce la parole iciA été perdue et oubliée,Silencieusement abstraite, laissée avecUne paire de souliers.
Je suis dans l'escalier donc et il ne me resteQu'à patienter de ce mouvement.
Si je projette mon esprit dans mes souliers,Je ne serai plus dans l'escalier.Je serai abstrait et dans aucune sens et doncDans tous les sens.
Alors que dans le mouvement vertical,Je peux juste aller,Et profiter à être, avecMes pieds nus et leur mémoireDes écorces et des baies glanées.
10. Principe élémentaire d'un cannibalisme abstrait.
Comment faire abstraction d'une chose sans cette même chose ?Je ne fais donc pas abstraction "de",Mais abstraction "avec".L'abstraction n'est donc pas une abstraction, c'est un affect.Il devient alors nécessaire de reconsidérer la pensée, organe de l'abstraction puis Dans la satiété cannibale,Regarder la nature revenir.
11. Ma cache
Dans l'escalier On est seul Muet Rêveur Dynamique Vertical Engagé Libéré du sol Et totalement absent des lieux où l'on est naturellement attendu.Si par hasard nous devions le conscientiser,Nous voudrions y passer la vie entière.
L'escalier est donc bien plus qu'une architecture,C'est un espoir qui plane c'estL'espace des égarements insouciants.
Attendre dans un escalier c'estDevenir la proieD'inspirations insoupçonnées.
12. Prendre de la couleur.
Être regardé est un art qui dépasse de loin être vu.Être regardé c'est un luxe qui permet d'êtrePlus grand qu'on ne pouvait alors l'imaginer.Là je suis regardé. Je doisÊtre. Je doisTenir le mouvement avec lequelOn peut empathir. C'estUne manière quiVa DansLa profondeur.Ça me donne de la couleur.
13. Il est cette chose dans mon corps qui mange.
Il est cette chose dans mon corpsQui ne se parle pas.Il est cette chose dans mon corpsQui a ton odeur, quiBouge avec toi etPrend ton soleil.Il est cette chose dans mon corpsQui me fait être au mondeEt me fait toi.Il est cette chose dans mon corpsQui ne se parle pasEt qui me porte dansLa petite immensité des amoursCannibales dansLa sauce de mon ventre.
14. Impensées Précises, concises, justes, riches...
Impensées Précises, concises, justes, riches, cohérentes. Improbables. Philosophiques, Poétiques, Dramatiques, Lyriques ! Ni doute ni hésitation. Pas de condescendance ni cynisme. Responsabilisation de l'esprit et du corps. Respect du corps. Feu de cheminée du corps jusqu'à disparition. Oubli. Aller faire du cheval. Respirer le ciel. Regarder ses mains. Faire du théâtre avec son cheval. Meilleure recette.
15. J'ai des plumes.
J'ai des plumes.Pourtant j'étais sûrD'être un cheval.Les chevaux réservent bien des surprises. Ça y est.Tout est rentré dans l'ordre,Déjà.Alors j'apprendsQue nos plumes disparaissentQuand on veut rester un cheval.
Je dois me le noter quelque part.
16. J'aime les cailloux.
J'aime les cailloux.C'est parce que je ne suis pas une machineQue j'aime les cailloux.J'aime vraiment beaucoup,Mais vraiment beaucoup,Les cailloux.Un jour j'adopterai un caillou.Je l'appellerai : Caillou.Avec un C majuscule.Il me préserveraDe devenir une machine.De devenir mécanique.Peut être qu'un jour même,Je serai aussi minéral que lui,Et que je pourrai vivre au fond D'une rivière,Vivre de gravités.
Pour l'instant,Je suis vivant.
17. Je ramasse encore un autre caillou
Je ramasse un caillou.Je ramasse un autre caillou.Je ramasse encore un autre caillou.C'était différent.Je ramasse encore un autre caillou.C'est la même phrase alors queTout était différent.Je ramasse encore un autre caillou.C'est la même phrase alors queTout était nouveau.Je ramasse encore un autre caillou.C'est la même phrase alors queCela me semblait comme être une première fois.Je ramasse encore un autre caillou. C'est la même phrase alors queJe suis tout à fait transformé.Dire est un raccourciDont il est agréableDe se passer.
18. La trouvaille
Je sais faire la différence entre écrire "je suis vivant"et écrire que je suis vivant. C'est un improbable projetQui a été touché.
19. Je suis l'insignifiance
Je suis L'insignifiance.L'insignifiance n'est pas une idée maisUne origine.Je suisL'âge de la terre quiN'est pas un nombre maisLe mouvement de mon insignifiance.Je suisLa joieLa paixD'être enfin,Plus grand que moi même.
20. Je vais jouer !
Je vais jouerJe vais jouer toute la journée.Je jouerai demain encoreJe vais jouer,Attention,Jusqu'à tout faire décoller.Quand je danserai à en voler,Je serai prêt à tout absorber,Tout colorer.C'est la seule digne contre-psychose.Jouez-vous les uns les autresAvec moi,Pour colorer les cadavres,Rendre vie aux ventres irradiants,Aux Visages des coins rieurs, auxTambours cardiaques des Frénésies orgastiques.
21. L'animalité des joies
Cette vigilance, cetteManière de Regarder Avec les arbres, D'écouter Avec la berge Et de toucher Avec l'avenir C'est Mon corps explosé dans L'animalité des joies.
22. L'autoportrait Est un homme Stupide
L'autoportrait Est un homme Stupide en stupeur Largué et perdu Immobile et lucide Suspendu au présent vertigineux et Délicieux D'être vivant Et rendu vivant seulement Par l'effacement induit De sa condition naturelle À rendre son mouvement À l'immobilité.
23. Le conique cyclone des incapacités divines.
Le monde.Le tout petit monde deTous ces petits dieux enAvatars quiSe signent de leurs vastes vacuités enNatures mortes et enKilomégatonnes de petits commentaires.Ont-ils la moindre idée de tout ce qu'effaceUne vie de commentaires ?
Par le logos foisonnant,
Les petits dieux-avatars fuient leurs corps pourSe retrouver dans le désert des fictions.Les fictions de fournaises des commentaires bouclées d'informations commentées oùLe commentaire est l'information prépondérante.Disparaître dans les galeries perdues du réseau fondu de plomb obscure des commentaires surrenchéris par le mouvement des peurs mortuaires,C'est le tribut à payer pour exister dans la dimension des paroles de fournaise.
Le commentaire,Est un art cyclone à l’œil inversé qui,Efface, en de profondes immatures insouciantes, desCentaines de millions d'années d'opportunités à vivre.
Je dois galoper plus loin encore,Au plus près des cailloux dansL'ascension des grottes célestes parLes escaliers lyriques où
Les dieux sont déformés et lusDans le mouvements de leur inertie.
"Les chevaux se câlinent avec leurs cous."Un caillou.
24. Limite
Il existe des membranes contenantes, nourries d'idée conflictuelles, où le chaos peut être un abcès.Cette limite se touche quand notre nature se fait passer pour une nature.
25. La conscience est l'habit de la mort
La conscience est un dangereux à priori. Cette conscience, quiÀ chaque fois précède,N'est que volonté anxieuseN'est qu'un projet perdu dans l'avant.
La mort la ronge.
Le cannibalisme me manque.
26. Inertie sage
La pensée est un spectre.Elle appartient à l'esprit.L'esprit est un spectre,Il appartient au corps.Le corps est un spectre,Il appartient aux émotions.L'émotion est un spectre.Elle appartient au contexte.Le contexte est un spectre,Il appartient à l'environnement.L'environnement est un spectre queJ'habite en fantôme, confondu aux
Lumières. La couleur coule,VivanceChaleurJoie des caillouxInerties sages deL'avenir paisibleDe la fin des temps.
27. La fantasia a supplanté la phantasia.
Le cannibalisme ouvre la voie d'une Scatophilie sensée,Joyeuse et saine.
Nous appartenons à notre culture.
28. Cannibalisme responsable
Le paradoxe estLa justesse des interactions.En son milieu, le videMaternel des êtres responsables où L'absurdeN'est qu'uneSuperpositionIntriquée au vivant.
Le cannibalisme me manque.
29. Le silence de mon intimité
Silence et intimitéSilence et intimitéIntimité et battement respiration résistances relâchement électricité mécanique tension oreille silenceEt intimité Perception des
Températures petites et petites tactilités.SilenceIntimité mouvante dans un flux d'appartenance à un silence de précieuses présences unanimes d'une globulation collante de mon devenir en direct et hors de.JeSuis hors du silence et c'estMon intimité.
Le surréalisme c'est faire le bruit de son intimité puisPenser que penser est un acte terroristeMe Fait me dire jusqu'à penser queL'explosion du silence de mon intimitéEst une vaste blague.
Rien ne sortira vivant deMa pensée.Et cela me calme.
La musique des blagues deMon intimité me calme.
Le silence de mon intimité.Le silence de mon intimité.
30. l'équilibre du vent
Le silence confondAbsence et présence,Ce silence estUn propos digne.
Il est même une langueDes plus belles écritures.Un vide bègue.
Dans mon jardin poussentDes chevaux.Leurs yeux sontDes cailloux.Je les arrose avecUn escalier.
31. Conflit dimensionnel.
Le souvenir ne peut être qu'à posteriori.
32. Le vecteur n'est pas un mouvement
Le vecteur n'est pas un mouvement,Le mouvement donne naissance au temps.Le mouvement est atemporelLe mouvement donne naissance au temps.L'infini est un mouvement,Pas le vecteur.Le mouvement donne naissance au temps.Le mouvement n'existe pas.Le vecteur n'existe pas.C'est impossible.Le mouvement donne naissance au temps.Le mouvement donne l'espace au temps.
Ma pensée est un vecteur.Ma pensée n'existe pas.Problème régléDans la douleur.
33. Lettre anonyme # 3
Impenser est une fonction captivante.Le déni, l'acte manqué, la sidération et l’hideuse connerie ont tous en communCette zone psychique inaccessibleQue la poésie seuleEst apte à combler.Aussi,L'impensable est souvent la caractéristiquePrincipaleDes intellectuels etDes revendicateurs.
Il sont à ma recherche.Peux-tu déclencher le protocole comme prévu ?Ceci ne peut pas rester en l'état.(Et préviens aussi Samuel, sinon tout cela n'aura servi à rien).
Adieu.
34. Lettre anonyme # 4
Bonjour madame,Je pourrais m'appelerJorič Mandravian.Est ce que cela ferait de moi quelqu'un ?Absolument pas.Je ne reste que personne à vos yeux.Et cela me torture autantQue cela me soulage.Je n'ai jamais été quelqu'unQue lorsque dans un moment de solitude,Je me suis mis à vous parler alors queVous n'étiez pas là.Depuis je suis à vous,Tout à vous,Tant que vous respecterezMon désir à n'êtreQue dans cet instantQui ne vous a jamais été offert.
Merci de tout coeur
35. Maintenant, cheval, Je suis cheval
Maintenant, Cheval,Je suis cheval.Et je te promets qu'un jour, Cheval,Je deviendrai le cerf,Que tu admirais,Avant qu'il nous ignore.
36. Mon corps l'insignifiance
À la source de mon intuition,La véritéFourmille comme un soleil.Mon corps la véritéTu n'es qu'un enfant.Personne n'écoute un enfant parceQu'il parle tropPour ne rien dire.
Mon corps la véritéMutiqueTu te débats parceQue la véritéEst un soleilUne fournaiseD'insouciance etDe paix
Insignifiantes.
37. Négociations contreparties concessions
Négociations contreparties concessions abnégations effacements dévotions abstractions adaptations dons absurdités réinitialisation mouvements créations réflexions observations prolongements maturations regards empathies puretés poésies philosophies sons toucher odeurs couleurs températures corps espaces divinités beautés cheveux animaux sexes paix amour enfants enfantsEnfants
Enfants
38. ô caillou
On ne dit pas Ô caillou.Ô, C'est déjà un caillou.On dit ô et puis c'est tout.Après,On ramasse le caillou.Quand on dit par exemple ô rage,C'est qu'on vient de trouver une rage,Sèche, simple, indubitable,Comme un constat,Comme une trouvaille déstabilisante,Mais sans surprise.Comme un caillou quoi.Ho n'est qu'une honteuse déformation Pour nuire à la réputation du caillou.
39. Oubliez la lumière, Le rythme,
Oubliez la lumière, leRythme,L'énergie.Le mouvementEst seule curiosité matricielle.Il défini tout ce qui est perceptible.
Ne dit-on pas d'une choseQu'elle est une choseSeulement parce qu'elle est en mesureD'être dans son mouvement ?
L'immobile devient alorsSource mystiqueDe dimensions inaccessibles...Parce que nous ne sommes rien d'autreQu'un mouvement.Et l'immobile est ainsi condamné,Par notre esprit,Au doute de notre esprit,Comme je sais l'être,Au milieu de cet escalier.
40. Plus personne ne sait lire cheval. Plus
Plus personne ne sait dire cheval.Plus personne ne sait admettreQu'un monstre est ce qui nous lieÀ ce que nous fuyons, qui estCe à quoi nous aspirons, désironsAu point de le détruire dansLe plus pur complexe des imbéciles.
Montre-moi, cheval,Aime-moi,Cheval, apprends-moi à te dire."Hors de question.Si je t'aimais, tu finirais par me remplacerPar des machines, commeTu l'as fait pour toi-même.Si je t'aimais,Cannibale,Tu me dévorerais.Ne me dis pas non,
Ne me dis pas.
Personne ne doit dire, personne."
41. Pour l'option échec de vie premium
Marre de la course à la réussite ?Envie de tout gâcher pour recommencer dans une déchéance libératrice ?Léopold Sauve te propose ses services d'accompagnement vers l'échec,Un suivi calibré pour tout foirer avec pertinence et enfinÊtre en mesure de s'adapter au monde avec un maximum de cohérence !
N'oublie pas le plus important : automatise les réponses négatives. Sans ça tu finiras toujours par construire malgré toi.
Ne prend pas de risques insensés, choisi plutôt la fatalité !
42. Quatre poèmes intriqués
La poésie est la perpétuelle justification désespéréeDu corps invisibleDans un monde d'objets.
L'écrire c'est tenter d'échapper à L'imposture De la pensée.
L'intuition devrait être,Sans filtre, Suffisante à l'amourEt à la révolte.
Le cannibalisme me manque.
43. La folie exactement
Quel plaisir Deprendre la liberté Decomprendre l'univers. Quelleillusion joyeusement investie Aunom d'une science Del'intuition. Trouverle cristal des espacesTemps, Dé-crire les mouvements Ducosmos, et De-Venir le noyau du big bang Co-llisionner l'infini dansla lumière Etvivre le rêve le plus improbable Quetout était dans mon corps.
44. Rien de plus sérieux
Une affirmation ne peut être que partiellement vraie.De la même façon, uneAffirmation est toujours partiellementVraie. LaParcimonie est l'ambiance totale.Celui qui trouveLa vérité n'est qu'un être partiel.L'affirmation est une malice quiNe va pas sans rire.Il n'y a rien de plus sérieux.
La divergence est un Graal qu'il faut chérir avec identité.
46. S'il n'avait jamais été un mot
Le mot est une trahison.Il est une forme donnée àL'inintelligible et l'évanescent.
Le manichéisme plombeL'humanité tout entière.
Si une forme était donnéÀ son contraire,Si un mot pouvait définir leMouvement de la profondeurD'une pensée infinie...L'amour ?L'amour peut-être oui,S'il n'avait jamais été un motAlorsOui,L'amour.
47. Tout les jours Chaque jour À chaque
Tout les joursChaque jourÀ chaque fois parJour après jour duDébut du jourJusqu'à la fin du jour etAu jour le jour d'après commeAu jour d'avant sûrementPlus encore aujourd'huiCe jour là encoreÀ ce jour deSoleil vibrant.
J'écoute cette beauté à répondre au soleil d'un nouveau geste surprenant et cardiaque irradiant deJours pénétrants etRéjouissants quiMe rappellent à chaque battement que
Je suis vivant..
48. Tuto révolution 5
Manger de la terre.Devenir une flaque. Transmettre son désir À être Un abreuvoir à cerf. Disparaître dans l'humus des attentes. En faire une culture. Oublier l'avenir.Regarder la nature revenir.
49. Tuto révolution 6
Prendre la pensée à contre pied. Réfléchir à perdre ton temps. Laisser la vie te dépasser.Regarder la nature revenir.
50. Tuto révolution 6 bis
Prendre la pensée à contre pied. Normaliser l’idée que l'être humain a perdu sa nature sociale. Devenir désespérément seul et fou jusqu'à l'autorégulation.Regarder la nature revenir.
51. Un animage
Un animage,C'est un oiseau qui se prend pour ma tête,Un cheval qui court avec mon corps,Une araignée de mon visage,Ou un caillou qui s'appelle.Les animagesSont souvent des poules à cœur de bœuf,Des lézards-poils qui fissurent le sol,Ou encore l'ombilic lombric de l'ombreDe mon profil carpe à dard.Les animages dont cetteFaune fantasia phantasia quiM'emporte chaque matin dansSon troupeau d'opéra desTambours de rivière duMusée de mes doigts.
52. Un cheval debout et fier m'explique
Un cheval deboutEt fierM'explique enDansant queLa vacuité de mon être n'estQue la tentative morbide deMon esprit àDéjouer son immatérialité.Nous dansons ensemble dansLa brume séchéePar les herbes hautes et matinale deCe nouveau printemps.
Tout va bien,Je suis vivant.
53. Une théorie est sans contexte
Une théorie est sans contexte.Elle est sans référentiel concret etSans mouvement initial.
Je suis vivant,Sans théorie possible et
La vie estUn joyeux bordelIntenable etC'est ma seule issue.
54. les rythmes émanants.
Une voixEst une parolePlus précieuse qu'un discours
J'entends les voix.Les voix qui disent :- "Mon corps délassé fait chanter les cailloux dans le chœur tellurique. Ma parole est le chant continue de mon corps dans le moule des humus embrassant les cailloux. Ma voix est l'avalanche rugueuse de nos attractions."Elles le disent comme ça, mais d'une seul coup.
Les voix parlent beaucoup d'elles,C'est leur nature etDans leur écho s'est blotti le lyrisme.
55. caillou figure
Les cailloux sont simples, fiables,Imperturbables et pleins d'autorités.Une fois dans la figure,Tout devient clair etInutile d'ajouter autre chose.
Le caillou, c'est le stade ultimeDe la raison.
56. Quitter la fuite
Je suis dans mon escalier, j'aime respirer l'idée que chaque marche où mon pas se pose est l'étage qui m'importe.Le rythme des étage m'est l'amour d'une verticalité transversale et dans cette musicalité je
MonteEt descendPuis monteEt descend puis...
57. dérivée de l'image
J'aime les mathématiques.Par exemple :
La présence est la fonction dérivée du corps.Le corps est la fonction dérivée de la danse.La danse est la fonction dérivée de la réaction.La réaction est la fonction dérivée de la perception.La perception est la fonction dérivée de l'interprétation.l'interprétation est la fonction dérivée de la culture.La culture est la fonction dérivée de l'image.L'image est la fonction dérivée du mot.Le mot est la fonction dérivée de la phrase.La phrase est la fonction dérivée de l'information.L'information est la fonction dérivée du capitalisme.Le capitalisme est la fonction dérivée du concept.Le concept est la fonction dérivée d'une drôle d'idée.
Et à l'inverse également :
La phrase est la dérivée du mot.Le mot est la dérivée de l'image.L'image est la dérivée de la perception.La perception est la dérivée du corps.Le corps est la dérivée de la Terre.La terre est la dérivée du cosmos.
Ce qui me prouve que :Pour ma penséeL'objet est une dérivée de ma perception qui est une dérivée de mon ressenti qui est une dérivée de mon image qui est une dérivée de l'information qui est une dérivée du mot abstrait qui est une dérivée de la phrase qui est une dérivée du concept qui est une dérivée du cosmos qui est une dérivée de l'intervalle de ma connaissance dans le tenseur social.SoitX l'objet remarquableEt X⁶ la densité du mot abstrait qui le porte. "D'où cette étrange fascination !"
MAIS !Pour mon corps narcissique omniscient inconscient,Le concept est une dérivée de la phrase qui est une dérivée du mot qui est une dérivée de l'information qui est une dérivée de l'image qui est une dérivée de mon ressenti qui est une dérivée de mes perception qui est une dérivée du sujet concret dans le tenseur du cosmos.Soit :x le mot concretEt x⁶ est l'intensité réelle de ce qu'il représente pour un ver. "D'où cette intense inspiration !"
Conclusion à ras terre,Si on fait se rencontrer à vitesse de croisière la pensée et le corps nu comme un ver dans un mot investi à 1g, nous avons des mots lourds comme 500 soleils au moins (x⁽⁶*⁶⁾).
ChevalCaillouEscalierCannibaleEst une constellation de 2000 étoiles de masse dans un seul ouvrage poétique.
58. Entre
Entre.C'est souvent entre dont il s'agit.Tout ce qui est important est invisible parce qu'il est toujoursEntre.Entre des choses suffisamment contraignantes pourCapterToute mon attention.
Ces "choses" qui m'empêche d'accéder à cet endroitExtrêmement mobile et confortable,Chaleureux, inutile et où tout demande à être :Entre.Le seul endroit escalier où l'on n'est plus perdu.
Escalier est aussi un adjectif.
59. Être acteur
Être acteur c'estÊtre en mesure de faire surgir la dramaturgie malgré soi.C'est n'être plus que le vecteur des lois du cosmosPar la manifestation des processus du vivantEt hors de la pensée et de la volonté.
C'est non le travail d'une seule vie, maisCelui d'une communauté entièreInvestie dans le mouvement de la raison.
60. je ne suis plus que le rayonnement de mes perceptions
Je disparais.Je perçois mieux.Je perçois mieux depuisQue je disparais.Je perçois mieux l'invisible depuisQue je disparais.Je vois plus clair depuis queJe voisÀ travers.Je sens plus fort depuisQue jeSuis ce corps transparent.Je suis plus au dedans qu'auDessus duVisible quandJe suisDisparu dansL'en dehors depuisL'en dedans des matières.Je suis au jour disparu,Nu d'apparence sans plus aucuneFrontière.Libre dans je ne suis plus que le rayonnement de mesPerceptions.
61. La source impensable
De quoi "je" est-il l'image ?Quelle est cette chose insondable, inquantifiable,Qui est à la racine de la paroleEt qui annonce le vivant ?Il est la source impensable des imprévus les plus troublants.
62. la vérité objectale
Doit-on arrêter de penser dès qu'une réflexion sort des lois objectales ?C'est une tendance contemporaine triste à mourir.
À mourir.
63. lettre anonyme #2
"Je vous attends.
Vous négligez votre disposition àÊtre, dans mon esprit,Absolument tenaceEtVous vous accrochez avecCette insouciance irresponsable deL'innocent.
Merci de vous faire oublier,Par pitié.
Enfin, c'est la loi des des choses !Vous donnez l'impression qu'être oublié est de toute passivité etDans votre confort vous restez marbré dans ma rétine.Non, être oublié estUne activité qui demande beaucoup de concentration.
Je vous rappelle donc, avec lassitude et autorité, queL'on oublie que ce dont on se souvient qu'on a oublié.Sinon l'oubli reste tout à fait nul et auraitTrès probablementDisparu depuis longtemps.
64. Le courage de la revanche
Pour me venger, je deviens seul.Mais pour la revanche, je m'affecte ainsi :Dans l'excès pour la justice etDans le courage pour l'absurde justesse.
65. Être entre
Être entre,C'est être uneOndulation D'espace. C'est êtreAu cœur de la lutte c'estL'équilibre queChaque mouvement désir.
66. Être ou ne pas être un caillou
Être ou ne pas êtreUn caillou.Telle est la question existentielle deL'objectivité.
Le caillou est tout à fait subjectif.Il est caillouDepuis l'intérieur jusqu'à l'intérieur.Il existe pour lui-même et cela suffit à sa maturité(La maturité du caillou est une dissolution ionique millénaire jusqu'à disparition totale, céleste et diffuse).C'est en ça qu'on le jalouse, nous,Humains condamnés aux autres.
67. La science exacte de l'absurde
Être vivant est la science exacteDe l'absurde.
Quand la convenance est droite monEsprit s'échappeDans les géométrie molleDu caillou confortable,Des nuages de pierre,Dans l'adrénaline des méditations jusqu'à ce queL'oiseau du toutEnracine ses mains dansMon ventre magmatique.Mon œil lucide alorsDévoreLes autoroutes de mon humanité.
Le cannibalisme me manque.
68. Issue anthropique
Dans le spectre concretJe suis vivant.Je rie.
Et parfois, à contre sens, je pense.C'est une bonne récréation pour le passionné du désespoir que je suis.Explorer les questions pour accumuler les phrases,Cultiver ma dissociation dans le plaisir de discréditer mes sens,Discréditer la force du constat du concret,Tout cela me rapproche du monde anthropique,La TerreAnthropique au delàDe l'humanité même.
Le cannibalisme me manque.Je rie.Je suis vivant dansLe spectre du concret.
69. Bébé crocodile
Absence et cruauté-Secs-Se sont unies.Elles ont donné naissanceAu désirSec.
À ce moment, loin des feuxSecs,Un renardeau, au souffle truffe court sur,Poils soyeux des racines sous sol sylvestre,Découvrait les longues secondes deSa première radiation au jour.
70. De l'oubli de la rigueur du devoir du monde
De l'oubli de la rigueur du devoir du volontarisme de l'isolement dégénéré de la suffisance du fascisme obscure et pensif du racisme ignare et de l'incompétence des idéaux établis par le peuple pour que tienne l'illusion des privilèges.Le monde.Ne soyons pas pudique.Le monde.C'est le monde.Le monde rond.Mon monde.Que je regarde.Je regarde le monde.Mon regard tombe.Mon regard par terre.Mon regard se tortille,Percé par la vision du monde.
71. J'habite ce qui m'arrive.
J'habite ce qui m'arrive.Seul responsable du vent qui passe,Je sors les voiles.
Dans le vent le mouvantImprime l'explosion de ma présence.
Bonheur insaisissable,Il me suffit.
J'habite le vent des lumières.
72. À cheval sur le vent
J'habite le monde une maison unEscalier L'ombre de cet arbre un jardinLa compagnie d'une moucheLe ciel des fumée le bruits des hommes le parfum des crânesLa litière des dieux la lumière du temps unTube de dentifrice.
73. La force de la vérité
Je répondrai toujours cheval, quelle que soit la question.Avec cette réponse jeN'ai plus besoin d'autorité.
74. Un amour lucide
L'arbre derrière moiL'odeur de la rivièreLes sons sourds des hommesEt les nuage quadrillés uneSemelle dans un trou de taupeLa lourdeur de la lumière dansLa mémoire de la blondeur làOù les regards convergent il y aCet amour que j'aiLongtemps cherchéComme un conDans tes féminités.
75. Saint-Caillou
Le cailloux,C'est de la lumière fossile.C'est le tamis du temps, c'estLa crotte terrestre qui témoigneDe dieu en chaque endroit.
76. Vivant comme un caillou
Le caillou est à la fois inerte et en même temps il est immobile.C'est la résonance entre ces deux états quiLe rend si désirable.
77. Lettre anonyme # 6
Lettre anonyme # 6
Bonjour,Il a vos yeux.Si vous le croisez vousNe pourrez pas ne pas le reconnaître.J'aime que vous le sachiez.Vous vivez dans la même ville.Je le sais parce que longtemps on m'a fait croire qu'il était mon frère.C'est faux.Vous n'êtes pas mon père.C'est notre seule certitude à tous.
78. Ma destinée
Qui prend soin des cailloux dans ce monde hein !?Qui !?Un jour ils vont partir et on sera bien embêté.
Imaginez la Terre sans son squelette sans sesCailloux.
Comment pourront grandir les enfantsEt les corbeauxSans les cailloux ?
79. Tu es mort cheval. Pour te remplacer
Tu es mort cheval.Pour te remplacer j'aiBrûlé la terre de tes foulées J'aiSorti le métal de ton pays j'aiFait la machine.
Elle n'a pas tes yeux, cheval.Elle est seule et folle, cheval.Et maintenant dehors, cheval,Elle efface le souvenir de ton ombre, chevalElle nous fait t'oublier, cheval.
Sa frénésie dévoranteAvale le temps où autrefois, Cheval,Je t'admirais,Toi, et mon pays, cheval.
Cette machine mon ami,Me fait gagner beaucoup de temps etC'est le temps qu'il me fautPour te pleurer,Cheval.
80.
Cheval est un mot écritQui est l'image du mot parlé chevalQui est l'image du souvenir chevalQui est l'image de l'utopie cheval.
Alors qu'un cheval,C'est l'image de dieu et que DieuEst l'image du cheval.
81. L'entre est l'antre où s'engouffre le reste
L'entre est l'antre où s'engouffre le reste. Ma pensée a tout transformé en rêve.Le rêve a éteint le desir etM'a offert l'envieD'un ventre insatiable.Je traverse le mondeEt rampe, creux,Taenia.Entre moi-même ne reste queLe creux.La faim, le vide,Est tout ce qui me reste,Mais aussiLe souvenir d'une promesseQui disait "L'entre est l'antre où s'engouffre le reste."
Je ne savais pas qu'iciUne promesse était une phrase.Et alors je me vide du vide et trouveQu'une phrase est aussi son inverse.
"L'entre est l'antre ou s'engouffre le reste."Quel autre nom pour les trous noirs ?
"Je suis un puits de mouvements."
82. Upgrade Nietzsche
D'un côté il y aUn autre côté.L'entre deux distingue.Plus qu'une séparation c'estUne différenciation.Un mur n'est jamais qu'une différenciation faiteEntreDeux représentations de l'espace.Le mur est l'interface.Le visage est une interface.La peau est une interface.Le souvenir est une interface.Je suis une interface.Vivre l'interface dans l'obstacleEst une métaphysique cosmogonique D'avenir.Nietzsche is upgraded.
83. Ils existent
On peut penser. Au peut aussi penser que. On peut penser comme. Il y a plein de façons de penser.
J'en ai vu qui pensent étrangement.Ils pensent avec une voixEt ce n'est pas leur voix.Et bien ils pensent qu'il entendentUne autorité.Et cette autorité valide ce qu'ils ne savaient pas encore.Ils se disent alors qu'ils pensent et que maintenant ils savent.Alors ils pensent qu'ils pensent et qu'ils savent puisqu'ils le tiennent d'une autre voix.Ils ne savent pas qu'ils ne savent pasParce que savoir c'est bien avant penser et alorsDans le flou total le plus simple c'est encore de penser qu'ils savent.Alors ils disent que comme ils arrivent à savoir, c'est bien qu'ils savent ! Non ?Ces malheureux n'arrêtent jamais.
84. L'erreur nécessaire du possible
C'est très amusant, réconfortant et pertinent de réaliser que pourQu'une chose soit possible,Il doit nécessairement avoir une erreur.
85. Mon plus vieux secret
Je n'ai appris à marcherQue pour monter le chevalEt feindre le sentiment cannibaleDe l'avoir accouché.
86. une autre dérivée
Le cheval n'est pas courageux, ni fier, il n'est pas savant, il n'est pas fort ni consciencieux, il n'est pas lucide, pas rapide, encore moins il est beau, il n'est pas libre non plus, pas affûté, pas perspicace.C'est un cheval.Un cheval !Il est le courage, il est la fierté, il est le savoir, la force et la conscience. Le cheval est la beauté. Il est l'art, l'art éternel et radical. Le cheval est la lucidité, la vitesse. Il est l'affût et la vérité.Il est cheval.Cheval.Che->val !
87. Une trace nette
Les anthropologues du futur nous étudieront comme la société paradoxale de laDémocratie d'un peuple psycho-logiquement incapable de se sentir responsable.
88. Lettre anonyme # 5
Monsieur,J'ai bel et bien remarqué votre désir à esquiver sans cesse.Vous esquivez les situations, les personnes, même celles qui vous sont chères.Pourtant je sais que vous profiter de vos solitudes pour rouspéter,Prenant une salière pour votre patron, ou votre chaussure pour votre père. Alors,J'imagine que si vous vous en prenez aux fleurs, c'est pour mieux vous dispenser de vos amours !Vous n'echaperez pas à vous-même monsieur.Elle a besoin de vous,Et moi,D'elle.
89. AntiFreud
Penser, C'est mourir un peu.
90. Plonger Se sentir à l'intérieur
Plonger seSentir à l'intérieurL'apesanteurDe l'insignifianceEtLa dépendanceÀ l'invisible
Plonger etSentirSa chairRessentirL'échoDu pleinAvecSon vide.Plonger
91. le mouvement importe
Le mouvement, c'estTout ce qui importe.
Le mouvement est tout ce qui importe et pourtantOn s'acharneÀ ne voir que les formes.Elle est là,La seule tragédie de l'humanité.
92. 1kg de dires
C'est d'une densité dontIl s'agit alorsArrêterDe chercher un sujetEst une bonne Mèche.
93. tel caillou
Ce qui me manque estCe que je n'ai jamais vu qu'en rêve.
94. L'incendie de crins
Cette nuit,La couleur de la terreS'échappera des naseauxD'un chevalQui dort.
Demain le cheval rougeAura chargé la TerreDe son souffle chaudDemain le cheval rougeOuvrira la TerrePour naître le soleilDans le ciel des sabots.
Et moi je me lèverai tôt,Trop nu trop humain,Pour espérer brûlerQuelques divinités.
95. Cheval
Continuez à écrire des poèmes,Moi je n'écrirai plus queCheval. Cheval. Cheval.Un cheval.Le cheval.Ce cheval.Cheval.
che->val.
96. Curiosité
Un bruit m'a rendu curieux.Un vent m'a rendu curieux.Ce parfum m'a rendu curieux.Ton grain m'a rendu curieux.Quel intérêt à cette curiosité ?Quel intérêt à l'intérêt ?L'intérêt est une curiosité quandIl rebondit.
97. De l'autre côté du visage.
Il y a le visage convexe,Le visage concave.Le masque transforme le concave en convexe, et le convexe en concave.L'égo est un monde retourné ilFait perdre les faces.La scène est le masque des situations.Elle est le négatif des inversés.Ainsi,Elle agence les lucidités.
98. tout ça pour ça
Dans l'inversion des gravités, qui S'épanchent des mailles dans L'éther des étoiles,...Et caetera blablabla...
In Fine,Il ne restera (de l'humanité)Que les onomatopées.
99. projet professionnel
Je dois bosser sur ma vision d'éthique stratégique holistiquo sectaire d'inhibition idéale inclue dans un principe de business plan militaire soviétique,C'est tendance.Ça va cartonner.
100. Upgrade Orphée
Je veux une peau de pieuvre.Je suis poète.J'ai une peau de pieuvre.
Ainsi soit-il.
101. L'oeuvre de l'idéal
Pour maîtriser ma pensée, j'ai dûMaîtriser mes sens.Pour maîtriser mes sens, j'ai dûMaîtriser mon environnement.Pour maîtriser mon environnement,J'ai détruit.
Maintenant que je suis le seul maîtreDe mes tristesses,Je me retrouveCondamné à la solitude. VoiciL'œuvre de l'idéal.
102. Sur l'épaisseur des sens.
Ma plus petite colèreEst la plus signifiante. PlusQue mes plus immenses joies. Je suisMinuscule parfois,À peine présent, prêt,Disponible à l'affect, là-haut,Sans boussole dansL'épaisseur des verticalités.
103. L'eau qui le gorge
Le cheval est fier.Fier comme son regard,Gorgé comme un puits.Il est fier malgré lui,Le puits décide-t-il de l'eau qui le gorge ?
C'est ce qui le rend curieux,Et muet.Cheval,Apprend-moi la poésie.
104. Le nihilisme est un anthropomorphisme
Le nihilisme est un anthropomorphisme pernicieux.Il faut beaucoup d'orgueil pourConstater que tout n'est rien.Alors qu'il faudra surtout beaucoup de couragePour constater queJe suis moins encore ;Car c'est ici admettreL'autoritéDes beautés invalidées qui m'entourent.
105. Lettre anonyme # 1
Ma main est un héritageHors d'âgeEt inutile.
C'est ma joyeuse paresse qui,Dans sa participation à l'évolution duMonde, a rendu inutile maMain et ses pratiques.
L'évolution n'est plus qu'attentes.
J'attends.
J'attends le spectacleDe ma disparition.Une disparition prophétique.Je suistellement excitéDe ne rien faire.Merci de ton attention,
Laisse-moi.
106. Lettre anonyme # 7
"Je suis tellement désolée.Je ne voulais pas.Disons que j'ai cru que ça serait sans conséquence.Vous ne méritez pas cela.Je ne peux plus vous regarder dans les yeux sans que vous découvriez la vérité.Je dois partir et ne plus jamais vous croiser.Avec un peu de chance, vous ne remarquerez pas ma disparition.Je ne veux pas me confronter à cette idée non plus,C'est insoutenable."
107. Lettre anonyme # 8
"Monsieur,
Excusez moi s'il s'agit d'une erreur maisJ'ai reçu, ou je ne sais trop comment dire, j'aiPerçu Un message.Ce message me disait d'écrire une lettre à cette adresse.C'est cela, la télépathie ?Pourquoi moi ?Saurez-vous recommencer ?Cette adresse existe-t-elle ?J'ai tellement de question depuis.Je ne reconnais plus le monde que j'ai appris.Dîtes-moi que c'est une erreur.Merci."
108. Coupé du cheval
Je me demande.Vraiment je me demande siQuelqu'unA déjà vu un cheval.Et franchement je me le demande parce queTout m'indique le contraire.
109. La profusion n'est pas la densité
Quand je crée je crée pourFuir la profusion d'un monde Inintelligible."Une araignée rouge me court sur le bras,Empêtrée dans mes poils.Et je ris beaucoup,BeaucoupPlus qu'elle."Tout devient beaucoup plus accessible après.
110. Tuto révolution 4
Axer les regards vers le soleilJusqu'au noir.Jusqu'à ce que l'objetPerde sa façade.Alors confondus dans les essences,Nous recouvrons nos dépendances auxIntérieurs etAux fréquences des liantsPour enfinÉcouter la nature revenir.
111. Tuto révolution 6 bis
Embrasser les tendances.Je suis totalement rassuré, l'humain n'est plus un animal.Notre degrés de conscience est nul et c'est ce qui nous distingue des animaux.Je suis un spectre de moi-même et je hante un paradis perdu.Regarder la nature revenir.
112. Insister
Continuez à écrire des poèmes,Moi je n'écrirai plus queCheval. Cheval. Cheval.Un cheval.Le cheval.Ce cheval.Cheval.
che->val.
113. des cycles de la paresse
Il faut apprendre à estimer avec justesse la fréquence des cycles de la paresse.Sans quoi elle pourrait disparaître.Et si cela arrive,Que vais-je devenir ?
114. Bonne entente
Je suis un imposteur. Ce n'est pas un syndrome, c'est un compromis.
115. Parole de Cheval
C'est un cheval qui me dicte ma pensée.Notre amour lui manque.C'est un cheval avec des dentsEt quatre sabots.
"Les soies des coursesFollesSontLes hormones du ciel.HennissementsJoieFiertéAnimal sexeTotem abondanceFleur de fumier."
Signé : Cheval.
Merci Cheval.
116. ChevalChevalCheval~
ChevalChevalCheval galopMatière sabotMatière chevalEsprit matièreSang eau cheval de couCou de cheval course galop de couMatière sabot course cou chevalBroute boit cou paille vide-rivièreÉteint vent cheval frappe écrase galopSouffle fort fort caverne du cheval pierre de sabot moulin à pierre vallée du cheval ChevalChevalCheval~Jusqu'àRepos du soleil.
117. Constater dans l'écoulement Des
Constater dans l'écoulementDes paradoxesLa dure pertinenceDe la confusion laDouce persistance des fréquences desDisparitions.
118. Sans titre
Crise du dicible.
119. Dynamique du vide
Dans l'isolement,La brûlureEst un goût.
120. Repos
Farine ouate chaude cendre à blé tendreAttendreMonSquelette sec pince traque @ the endObjet crabe mortAttendreQue l'ennuie me saigne.Papier gratte balais à mouchePupille pâte peine pupitre à pitre.Ancré d'encre oreiller d'oreille en pied de nezZèdAttendrePlus que de raison.
121. Flowed wind
I flow the timeLike I'm the windI flow the wind likeI'm the time I'm theSavage Time
122. Les communs immortels
Il suffit que quelqu'un trouve un caillouPour que tout le monde le désire.
Alors que quand un caillou trouve quelqu'unTous les cailloux éprouvent une joie.
C'est la principale différence entre nous et le cailloux.Nous avons l'idée du désir en commun,Ils sont le commun de la joie.
123. L'amour du vide
L'attente visse.L'attente perce.L'attente tourne.L'attente boisFendue sauf siTroué. Le trou,L'espoir,Le creu,La prémonition,L'assurance,Le vide.Le vide estSeule certitude de l'esprit.
Les fritesSont làPour colmater les vides de mon esprit.Les frites étouffent les vides.Les frites comblent les vides secsEt béantsGlissant dansLa mayonnaise des emballagesCartonnés de monRegard bauf à frites.L'inadmissible kebab d'orOffre la résistanceDu vide satiété jamais rassasié.Le grec surgit magiquement sémite.Chaque frite est un vide qui s'imbriqueDans une autre frite.C'est fou cette tendanceÀ manger des fritesÀ Défaut d'étoiles.
L'amour du videPasse mieuxAvec de la mayonnaise.
124. Je promets de ne donner aucune définition.
L'art c'est représenter le monde pour le rendre intelligible.
125. L'hôtel des égarés ****
Les gens perdusPassent et sontDes Gens de passage des gensSans voyage.Un hôtelSe dresseCet hôtel improbable,Accessible à tous,Répondant à chaqueDirection inattendue in-Espérée. Cet hôtel est Là.Là,C'est,Un espace,L'espace de ta densité traversé parUn immense escalier.
126. Pas besoin de sermon.
L'échec, c'est la matrice.Rien ne me permet d'en douter.J'ai la foi.Dieu adore les blague.
127. Exemple de blague divine
La discipline, c'est miser sur l'ordre, la soumission à l'idée, dans la promesse d'une punition. C'est un protocole qui nous extrait du plaisir dans un soucis d'efficacité.Il faut du courage pour se soumettre volontairement à une discipline, Pour s'offrir à la punition.S'extraire de la discipline, de la punition demande du courage ?Etre libre n'est pas se libérer.Se discipliner, c'est admettre notre incapacité à nous adapter, à improviser.
128. Paradoxe de la redondance, mécanique de l'idée.
La fatalité seulement sait entraverLa fatalité.
129. plis croisés
La foudre est une rivièreQue la mort a rendue verticale.
130. La joie
La joie n'est véritableQue quand elle est un pas de danseEntreDeux cailloux.
131. La musicalité est un art
La musique est une discipline oùLa musicalité est un art.La poésie est une discipline oùLa musicalité est un art.Le théâtre est une discipline oùLa musicalité est un art.La danse est une discipline oùLa musicalité est un art.La pétanque est une discipline oùLa musicalité est un art.
132. La plume croasse l'herbe.
La plume croasse l'herbe.C'est une bonne direction.
La plume croasse l'herbe.Cela demande plus d'attention.Il faut beaucoup se concentrer
-La plume croasse l'herbe-
Pour que cela finisse par exister.
Une fois queLa plume croasse l'herbe, etPour de bon,Nous pouvons respirer.
133. Le eisèop
Le eisèopC'est l'inverse de la poésie.C'est son processus inversé.C'est confondre le mot cheval,Avec le cheval.C'est confondre dieuAvec un mot pas drôle.On appellera cela laLittérature,C'est plus bourgeois etPlus facile à prononcer.
134. Le latin est une sensation obligeante.
Lyricismus notiones valde male sustinet.(Le lyrisme supporte très mal les concepts).Ius non habemus ut pulmenti.(On a le droit de ne pas aimer la soupe.)Et non sicut pulmenti.(J'aime pas la soupe.)
135. Le soleil est un cheval.
L'abstraction de la paroleRend au mondeSa forme lourde.
C'est elleQui donne au poète.
136. Densité du caillou
Le silenceC'est l'affectQui a changé de référentiel.C'est l'écoute deL'écho devenu intérieur.
137. Le sol Est simple
"Le solEst simpleMa chairEst sourdeEt toiCoupable."Floraison régime de fureur à vivreBoule à passoire de fluxArrosageDe libres riensAux silencesDes rires cantates desEaux d'un flot transparent transperçant lesEncres des encore etDu mouvement des attentes dues desProchains battements de cœur.
Mais le solA disparu.
138. Les imprévisibles
Les imprévisibles jaillissent de toutes parts,En permanence.Elles sont les étincelles fécondesDu présent et des possibles parLes sexes de nos libertés.
139. Baptême électronique
Mon téléphone s'appelle :"Le désespoir des autres".
140. L'oiseau nuage
NuageNuage électrique électricité statiqueÔ rageBrou alliage de cervelle con fuse organorage arc fulgurance lisseLumière lien ciel et solTambour du coeur ceNuageDissipé dissident que même ZeusMenaçant AgiteLe nuageLéopold.
141. Où l'amour se trouve une identité
L'humain cherche dans l'humainUne chose qui ne l'est pas.L'humain cherche en l'autre leConfort du videPar le plein de soi. AlorsIl crée en l'autre les servitudes,et toutes cesPetites morts pensées indispensables etFaisant déresponsables.
Créer soi-même etEn soi-même le vide libère le mondeDe son humanité.Le videEst une source inépuisableDe mouvements transparents oùL'amour se trouveUne identité.
142. pas d'autopilote sans route
Pas facile de tenir la barre quand on va au milieuD'un océanDe la douche solaireDu cœur de l'instabilitéEt d'un horizonDevenu vertical.
143. Proposition de néologisme : Vériter :
Créer des vérités totalement opportunistes pourTenter de légitimer désespérément un égo absolument fictif,Fatalement illusoireEt holographique.
144. 0°O
L'eau c'est des milliards de petits cailloux électriques qui font un nuage très lourd au fond des trous.
Quand ça stagne, ça pue.Comme un dictionnaire.
145. Redevenir animal
Redevenir animal,C'est retrouver son odeur, sesSens, son visage, uneParole hors des fictionsUne parole qui parle aussiAux arbresEt à mon épouse.
146. Verle melre
Répéter, s'obséder,C'est fuir un monde de progrès.Mon cerveau bègue rêveAux merles où chaque ver estUn seul mouvement dans un décor mouvant.
147. Tuto révolution #1
Détruire les egos en masse,Avec pertinence et urgence etRegarder la nature revenir.
148. Like l’éclatement
Un post sur un réseau social, c'estUne lettre anonyme dansL'irresponsabilité de l'adressage nul.D'un point de vue métaphysique, c'est un message à son égo.L'égo, se nourrissant par lui même,Gonfle d'autophagie etAttends l'éclatement.
Like l'éclatement des autres etRegarde la nature revenir.
149. Limite et horizon noir
Une limite n'est qu'un vecteur qui emmène dans une autre dimension.C'est aussi improbable que vertigineux, émancipateur en tous points.Quand on croise une limite, on comprend qu'on était pas encore au bon endroit, pas assez ouvert pas assez
Loin
150. Penser tue
Une nature morte est une représentation juste de la pensée.Organiser son modèle, c'est symptomatique d'une volonté à stopper le mouvement du monde.Mais la nature n'est pas faîte ainsi.La phantasia est un bouquet de couleur,La lumière est le champs du mouvement,L'esprit est en chasse dans la fantasia des représentations.L'imaginaire n'est que culture formaliste et perverse lorsqu'il est réduit à un idéal :C'est une nature morte.
151. Voici un caillou
Voici un caillouC'est un caillouIl a beaucoup voyagé
Regardez comme il est paisible et tranquilleOn dirait qu'il dort alors qu'en faitIl danse.
Mais c'est très très lentBeaucoup trop lent pour nous.
Merci Caillou
152. Nouveau spectacle !
Deux cailloux sous hypnose peuvent faire de grandes choses !
153. fonction dérivée du vide
Poème de réconfort pour le marginal :Le plus dangereux chez l'aiguilleCe n'est pas la pointe,Mais là quantité d'absence qui l'entoure.
154. Le périnée
Il existe un endroitOù les choses se trouvent,Et qui révèle toutLe mouvement polymorphique du monde.
155. Irresponsable
Écrire est l'acte irresponsable quiConfie mon intimitéAux inconnus désaffectés.
Ma parole rouillera statistiquementDans ton ventreComme un sanglier sous la lune,Assis et repus sur un matelasDe seringues et verres pilésOubliés dansUne décharge barcelonaise.
Ma parole estTa pensée estPerdue dansNotre peur àNous connaître.
156. l'obsolète littérature
L'écriture est un champ entre deux invisibles.L'invisible est sans forme.L'informe est mouvant.L'écriture est un champ entre deux mouvants.La littérature a pris l'écriture et l'écriture est l'écriture littéraire.L'écriture littéraire est une forme figée qui commente le mouvant.L'écriture est obsolète,Déjà vouée dans un futur certainÀ se faire bouffer par les narcisses à la racine.
La pensée n'est qu'un accessoire rendu sacré par ceux qui savent en faire un privilège.
157. le ridicule
Le ridicule est un risque qui impose le respect.Il est de ces actes les plus courageuxQui forgent les plus grands esprits.
158. les beaux
Dans mon village j'ai remarqué que tout le monde était beau.J'ai trouvé ça trop louche.J'ai déménagé.Ça va mieux.
159. paire d'oubli
L'oublie marche par paire.
Dans une efficacité redoutable on estAisé d'oublier cette précieuse première fois où l'on aMalencontreusement marché, avecUne chaude chaussetteSur une éponge mouillée.
Le désagrément est si fort que l'instinctFait le deuilDans un instantané déni.Et alors il est fort probable que la seconde fois arriveÀ grands pas etCela se fera sûrementDans un équilibre parfaitEt mousseuxDe gesticulations d'orteils
160. Sans boussole
Le paradoxe du penseurC'est qu'il cherche l'imprévuDans la constructionDe ses propres attentes.
161. rester bredouille
Ce qui m'est important n'est pas ce qui est grave.N'est grave que ce qui est sévère.Ce qui m'importe, c'estD'aimer l'air qui entre par ma respiration,Ce qui m'importe, c'estD'aimer vivre mon bras délicat etKinesthésique qui s'élève gratuitement sans but et quiEspère l'improbable rencontre du vide et du creux dansUne feinte déceptionÀ rester bredouille.
Rester bredouille,Voilà ce qui m'importe.
162. tout s'est changé en oiseau
Tout s'est changé en un oiseau,La terre s'est changée,L'herbe s'est changée,Mon œil,Ma bouche monVentre mon pied leLit et la litière Du cheval,Tout s'est changé en un oiseau.
Maintenant l'oiseau vole sans cielL'oiseau vole en lui-mêmeFou comme un vent chaud,Fou comme un oiseau,Parce que tout s'est changé en un oiseau.
Alors l'oiseau braille,Tout là-haut.Il est fou cet oiseau de tout,Et c'est tout ce qu'il voulait.Il est fou cet oiseau de tout etIl chante les tremblements de terre.
163. fin
écrire est repousser l'échéance des regrets