Les styles dramatiques dans le processus du vivant Le processus du vivant est un modèle qui m'aide à former un comédien. Son universalité est puisée dans l'ensemble du vivant, dans un simple tenseur fait de mouvements plus que dans l'équation complexe d'idées inappropriées.  Le vivant est un tissu de cors intriqués par lo jòi où chaque organe se transforme par la musicalité d'un lieu, depuis sa perception jusqu'à sa réaction émotionnelle, qu'elle soit une griffure ou une floraison.  C'est un processus qui s'est transposé en cascade dans l’arborescence fractale des solénoïdes dimensionnels. Dans ce tissu, chaque chose s'incorpore au mouvement quand elle est en mesure d'être affectée et de manifester sa présence en affectant à son tour.  C'est ainsi que le corps, qui a surgi du vivant, a de la même manière vu surgir en lui un cor invisible, où tout est encore lié, et dont parfois la pensée en est la trace, n'en est qu'une trace.  Cette même pensée qui donne du sens à nos histoires, dans la recherche d'un canevas qui serait une réponse face à l’ineffable. Dans cette question éternelle, qui n'a d'issue que dans l'abandon de la pensée régalienne, L'être pensant a pu sentir les mouvements qu'il était en mesure de reconnaître quand il s'est accroché à son corps plus qu'à son cor. L'être pensant a pu sentir ses propres mouvements hors intrication. L'être pensant de mon humanité sent ses propres mouvements qu'il transpose dans ses narrations collectives.  Il voit ses propres mouvements quand il observe autour de lui pour s'affecter d'objets et d'idées, là où tout n'est que mouvements. Il voit ses propres mouvements quand ceux-ci s'imposent à lui dans une question mystique apportée par une présence sourde, et que la pensée interprète en narrations mystérieuses.  Cette question, dont la réponse est donnée par lo jòi, suit les mouvements des cors qui inspirent les intuitions d'un réel plus riche que notre réalité. Chaque trouvaille qui émerge d'une pensée abîmée par un cor est une trace du réel.  Repérer ces trouvailles, omniprésentes, c'est être poète.  C'est ainsi que le processus du vivant participe aussi au mécanisme de nos récits, à la manière d'une mythologie, surcouche culturelle d'un animisme plus ancien et trouvé dans le cor archaïque.  Ainsi une histoire sans affect, métaphorisée en un grand désert, invite ses sujets isolés à grandir dans leurs intériorités et leurs rêveries sauvages ;  Ainsi une histoire qui perçoit sans musicaliser, et qui finit par se résoudre par la volonté devient l'image de la performance humaine et de sa volonté ;  Ainsi une histoire qui passe outre les sentiments complexes et mouvants, outre la nature musicale des réminiscences, qui génère des émotions directement depuis le corps perceptif devient un style burlesque ;  Ainsi une histoire qui prend la musicalité du monde sans en faire découler ni émotion ni trace parce qu'elle est elle-même la trace et le prétexte, devient un documentaire, un journal d'information ; Et ainsi une histoire qui ne génère pas la trace de ses émotions, mais qui érige l'émotion comme finalité suffisante, devient le mouvement d'une tragédie qui transforme ses sentiments en boucles, organisant la fatalité dans une boucle infinie.   Le vivant, quand il est abordé dans son mouvement et non dans l'idée, est une sensation ineffable, mais intelligible parce qu'il se trouve dans chacune de nos subjectivités.  Quand le vivant est abordé dans l'idée plus que dans son mouvement, il crée les histoires qui sont en mesure de révéler sa source, et par les abstractions singulières de la pensée qui l'a invité.  Tant d'abstractions à initier, tant d'histoires à croiser dans des interactions de réalités abîmées d'incarnations, tant de personnages variés à confronter entre eux et dans leurs humanités,   Qui restent à trouver, à adapter et à jouer Pour nos utopies à venir.