Poème Cosmogonique du Vivant Descendre Mon esprit crée.  Comme par complexe, il crée Des formes en permanence.  C'est tout ce qu'il sait créer.  Ces formes sont l’illusion D’un monde intelligible. Les formes sont finies. Elles sont les frontières qui englobent et délimitent des ensembles, qui deviennent des présences et des objets, Des idées, Avec lesquelles j'organise ma pensée.  L'objet est devenu le seul matériau d'un raisonnement qui se suffit à penser. La forme est utile à ma pensée. La forme à agencer est l'organe de ma pensée. Le mot est l'organe de la phrase. La forme est une image, une idée, un bloc, qui organise ma logique et ma compréhension par emboîtement, Agencer les invisibles est impensable.  L'impensable rôde, libre, dans l'air que je respire naïvement.  Si je dessine au crayon la forme d’une coccinelle, j'en reconnais sa forme qui est ici son image, sa représentation, Mais l’image ici n’est qu’une idée. Le contour, le trait, la forme reste l'idée pensive de la coccinelle et L’esprit qui raisonne avec des idées perd son corps, il perd son ancrage dans le mouvement.  Si maintenant je la peins, cette coccinelle sera investie de couleurs et de lumières, Et elle prendra une toute autre dimension. Elle ne sera plus une forme, elle sera douée d’un contenant vibrant, d’une mobilité, d’une perception, d’un agencement, habitée du mouvement invisible du vivant.  Si je fais abstraction de la forme, la coccinelle peut être représentée par de simples taches de couleurs, plus abstraites, Où la présence physique se devine comme une source plutôt que comme un espace limitant,  Et où je peux presque vivre les intentions de l'insecte seulement, lorsque son corps Est un jardin d'invisibles qui s'épanche dans une perception plus vaste que sa forme.  La couleur indique au-delà de la forme. Elle indique le mouvement de la matière vivante et inerte. La couleur indique le champ lumineux des présences, elle porte en elle l'intention des essences et leurs interactions.  La coccinelle m'a rendu la lumière rouge. C'est l'information qui m'est destinée et qui me lie à cette coccinelle comme une intention. Sa forme est l'intention que je lui porte pour pouvoir la penser.  Une réalité se trouve dans la transformation mouvante des propriétés Que la lumière met en reflet, que la lumière révèle.  Si le mot est une forme, la phrase est un agglomérat de formes.  La phrase et sa pensée sont les formes qu'il me faut investir dans leurs couleurs, dans leurs mouvements.  Écrire m'est parfois ce processus mystique où Mon propos est au-deçà du livre, Dans le spectre d'un auteur qui résonne  Par une lumière plus profonde. Je dois me familiariser avec Cette dimension abstraite Qui régit le concret. C'est l'enjeu de ce livre dont L'ambition Est de représenter le vivant pour mieux l'investir et le représenter.  Cette ambition est une idée. L’idée est la tentative de mon esprit d'abstraire le corps, À m'articuler dans la pensée, Plutôt que me mouvoir et de trouver un réel indiscutable dans un espace concret.  Cette attitude sert mon humanité, Et aux dépens d'une chose qui m'est plus que tout, plus vaste que cette humanité.  Parce qu'un auteur se rend à son humanité,  Il parle la langue de son humanité.  L'idée est ce qui me tient à mon humanité.  L’idée est cette forme qui fuit les perceptions et les affects pour ne s'agencer que dans les représentations de l'esprit.  L’idée est la trace d’une volonté de supplanter la perception du concret par l’objectivité de sa pensée.  Dès lors que la subjectivité se déploie à mes sens, dépourvus de leurs interprétations, j'admets que l'objectivité m'est moins concrète que ma subjectivité.  Ma subjectivité est tellement loin de ma pensée qu'elle devient une objectivité pour elle. C'est une objectivité plus réelle, supérieure à l'objectivité même de la pensée qui la définit.  L'abstrait qui trouvait une justesse dans mon corps devient une présence qui peut être plus concrète que ce que ma pensée parfois peut concevoir de concret. C'est la première absurdité, un paradoxe qui, quand je le vis, me fait rire Et rire me fait me sentir vivant.  Si mon esprit se fait moins volontaire, au prix d’un dur labeur, il est en mesure de regarder et de constater seulement.  Mon esprit devient propriété perceptive du corps et il recouvre alors une fonction primitive : j'habite mon corps.  Habiter mon corps, c'est être dans mon mouvement. C'est être, plus que faire.  Je me découvre ainsi une identité concrète, faite de mouvements invisibles.  Mes capacités à être, trouvées dans l'impensable, changent la forme de mon corps en une entité plus diffuse, au-delà de ma forme, de mon masque, de mon image.  C’est ce qui donne à mon corps une dimension plus grande que l’objet seul qu’il représente, ma subjectivité est alors en lui, et aussi en dehors de lui. Mon corps perd ses limites : il est aussi ce que je perçois.  Ce que je perçois et qui fait maintenant ma subjectivité est, plus que ma propre nature, la nature même : Mon corps fusionne naturellement avec les musicalités qui le traversent. En saisissant les ambiances, les intentions, les cinétiques et les traces, il saisit naturellement, organiquement, l’essence du contexte pour mieux le traverser et en être traversé.  Mon corps et son environnement dansent, ils sont Une sinusoïde  Qui dévoile un nouveau regard, fait de mystères.  Dans ce phénomène d'intrication (le mot est posé), je « deviens » ce que je perçois. Mon corps, allongé sous un arbre avec cette coccinelle, au bord d’une rivière, devient le moment. Il devient la scène et se confond, en elle, avec elle, en moi. Ce mouvement est une danse orchestrée par les organes extérieurs devenus les miens, faits miens. L’arbre, la rivière, l’oiseau, le possible poisson, la terre fertile et l'odeur des alluvions, cette ambiance, ce rythme est dans mon corps, est mon corps tout entier. Mon corps devient autre chose qu’un corps fini, il devient un champ, un champ de possible, un champ mouvant, parfaitement adapté par les rythmes inconscients de la rive. Il en est devenu l’amont et l’aval. Je pense à Narcisse.  Se serait-il noyé ici ? Mon esprit ne serait là que pour distinguer les formes, me rappeler à ma propriété d'être singulier et fragile, malmené par une pensée et un masque sidérant ?  Ou appartient-il depuis toujours à un cosmos fuyant, fait de présences mouvantes,  Que des rythmes distincts et remarquables, en proie à un monde dévorant,  Auraient confondu dans l'intrication d'un amour traversant, protéiforme et omniprésent ? Penser est parfois un exercice mystique, Ce qui devient un poème m'est une épreuve nécessaire pour acter au théâtre.  Une discipline se pense.  Le théâtre est une discipline.  Je dois penser comment ne plus penser  Et découvrir ce que cache cette idée irrationnelle.  Je dois penser par diffusion des sens plutôt que par diffusion d'idées.  Quand je ne suis que de pensées, je sors de ma présence organique et concrète. Mon corps devient un objet, une idée. Je ne peux m’émanciper que vers un monde d’illusion, dans lequel je perds toute capacité d'identification subjective.  "Je" n'est plus qu'une idée. "Je" perd tout sens commun.  Quand je ne suis qu'une idée, le monde se retrouve être une somme systémique d'idées. Je brasse un monde fictif de représentations objectales, un monde mécaniste. J'ai pour blessure une abstraction initiale de ma présence mouvante et concrète. Je ne suis plus qu'une pensée désincarnée dans la tragédie de ma dissociation. J'agence des concepts comme j'assemble les objets d'un puzzle, dans une utopie déterminée en projet.  Je reproduis hors de moi ce modèle où je ne suis moi-même qu'un rouage dans une machinerie déterministe et logique là Où mon corps, lui, Ne parle que d'intrications absurdes et insensées. L'absurde est la part de cohérence Que mon corps habite et Qui échappe à ma pensée. L'absurde est ce qui doit être validé Inconditionnellement Par l'esprit qui cherche un mouvement dans ses idées. Pour toucher le réel, Je ne peux pas le parler. Il ne peut pas se dire.  Il ne peut pas se penser.  Le réel se touche, se constate dans le maillage mouvant des présences insaisissables,  Par l'exercice du vivant, dans l'éveil d'une pensée qui regarde Plus qu'elle ne reconnaît.  Ce champ arrose et révèle Mes perceptions lucides, Mes émotions franches.  Il redonne à mon intuition sa nature Faite de mouvements et dont je devine  Une source profonde  Qui reflète les couleurs  Des invisibles. Écrire ce qui ne se pense pas Puis-je suggérer aux esprits une réalité des corps afin de les sensibiliser plus encore au vivant, et cela sous prétexte d'une discipline théâtrale ? Cet enjeu mérite toutes les audaces. Pour cela il me faut déconstruire ma culture pensive dans son exercice favori, l’abstraction, et m'animer dans la musicalité des intrications.  Je dois écrire une expérience, pas une idée. Je dois transposer, pas écrire. Je dois trouver et montrer Par mon mouvement. Je dois acter. Abstraction et Intrication Créer une forme c’est être en mesure d'en extraire son contexte, c'est un découpage par l'abstraction.  Ma pensée objective a découpé ma subjectivité et s'en est défaite.  Je dois faire abstraction de mon pouvoir d'abstraction.  Je dois faire abstraction jusqu'à l'abstraction de mon abstraction, pour tout faire renaître dans le seul regard de mon intrication au monde et m'habiller d'une subjectivité neuve. Je veux déconstruire l’abstraction jusqu’au paradoxe et reconstruire un monde dans son intrication ontologique, c'est une ambition poétique.  C’est user de mon langage abstrait, dans une construction confuse et par un style absent, où chacune de mes idées serait intriquée aux autres par la force de sa seule présence, sans paramètre causaliste de temps ni d’espace, et dans un souci littéraire nul.  J'investis mon poème dans un style littéraire indigeste, mais au plus juste de ma subjectivité :  L’abstraction de la forme pour une recherche cosmogonique de mon vivant.  L'intrication et l'abstraction sont les deux mouvements qui, dans leur combinaison, me donnent une forme, une forme pensable et pleine de sens. J'abstrais pour penser, puis j'intrique pour donner aux sens.  Mon corps organique et vivant m'intrique au cosmos, et ma pensée crée les abstractions nécessaires aux agencements. Intrication et abstraction sont mes deux mouvements fondamentaux. Je ne peux pas penser l'intrication seule parce qu'elle est absolue. L'intrication seule m'est une saturation. Elle est un bruit aveuglant et sidérant. Elle me demande d'initier un voyage omniscient où l’esprit serait aussi l’espace-temps, où tout serait signature de tout, origine de tout, où tout est par tout, vers tout et en tout. C'est impensable.  Je pense à Œdipe,  Déjà aveugle et qui Se crève les yeux   Pour justifier son aveuglement.  L’intrication seule, dans sa forme pensée, finit par être une forme d’abstraction par le plein. C'est une forme concave qui m'est intenable et qui m'indique qu'il est une direction que je ne peux initier.  L’intrication ne peut se comprendre par ma pensée que dans le mouvement d'abstraction qui la constitue. L'abstraction est le masque convexe de l'intrication. Abstraction et intrication sont les deux sens d'une même direction, les deux sens d'un même mouvement. Dans ma pensée, je touche l'intrication par les abstractions emmenées jusqu'où mon esprit est seul au milieu du néant, pour s’annihiler de lui-même et jusqu'à ce que tout soit confondu dans le néant. Si l’intrication est seule fonction proposée à mon esprit, celui-ci, Fusionnant avec le cosmos, Explose mon corps obsolète.  Je pense à Icare. Sans l’abstraction tout est brûlé, confondu à mes sens, à mon esprit, si tant est qu'il soit tenable d’évoluer dans la saturation du soleil. Je suis confondu au cosmos par la sidération.  L’abstraction est ce qui me permet d’échapper à la sidération du ciel, d'échapper à son aspiration cosmique.  Mes mains ont entraîné mon esprit à l'outil.  L'outil sort la matière de son contexte pour détourner son usage.  Ma pensée est devenue l'outil de mon humanité, dans le mouvement de son abstraction, et pour préserver mon humanité des dragons sauvages aux colères absurdes.  L'abstraction est mon outil,  Je peux abstraire une chose, une chose simple comme une fenêtre, puis un meuble et aussi quelques souvenirs et aussi les dragons. Dans un exercice puissant de méditation,  Je peux creuser, creuser plus loin, creuser Dans la mémoire de ma matière. Faire abstraction, c’est séparer et faire l’effort d’oublier. Est-ce que j'ai fait l'abstraction de ma fenêtre, abstraction par la fenêtre, ou encore Abstraction avec ma fenêtre ? Il m'a bien fallu une fenêtre pour en faire l'abstraction. Je fais abstraction de ma fenêtre et je ne vois plus que cette fenêtre. C'est le paradoxe d'une pensée qui ne comprend que ses abstractions.  Je fais abstraction avec ma fenêtre et voici que cette fenêtre m'aide à faire disparaître les murs et les dragons.  L'abstraction demande un référentiel.  Faire abstraction avec, c’est extraire un corps qui révèle l'ensemble de son système, C'est faire du vide une trace, une blessure.  L'abstraction porte en elle la trace de ce qui a été oublié.  C’est là tout à fait l’inverse de l’intrication. L'intrication est le rappel persistant que rien ne peut être ignoré, que l'empreinte et le pas sont une seule et même chose, rendant l'oubli inconcevable et faisant de toute trace une trace du cosmos. L'intrication et l'abstraction avec sont mes deux mouvements primordiaux, mon conflit ontologique. Ils dessinent l'intervalle hors espace temps  De mon propre mouvement. Faire abstraction avec est le mouvement que je cherche, car il est le mouvement d'intrication inversé qui concerne ma pensée. L'intrication fait perdre aux présences leurs formes pensables. L’intrication opère comme un éther gluant et confondant. Sans l’intrication, le cosmos ne serait que chaos de vacuités où l'absence serait la règle par l'interaction rendue impossible.  Pour donner un mouvement cohérent à ma pensée, il me faut user de l’abstraction seulement.  Pour penser l'impensable je dois épuiser l'abstraction jusqu'à l'intrication rendue inévitable.  Je veux ici confondre ma pensée dans son propre paradoxe du figé pour le mouvement. Je veux confondre ma pensée dans son pouvoir d'abstraction jusqu'à ce qu'il ne reste plus que l'intrication comme seule issue. Je me plie à l’abstraction seule, unique fonction accessible à la pensée, sans autre outil Qu'une pelle cosmique avec laquelle je dois abstraire toute apparition.  Faire abstraction avec Ma peau dessine mon corps.  Une peau dessine mes cellules.  Mes organes sont distincts. Mon corps est structuré par des abstractions avec.  Mon histoire m'a séparé physiquement de mon environnement en lui attribuant des limites.  Je fais abstraction du naturel en faisant abstraction avec mon anthropocentrisme. Ainsi l'anthropocentrisme et le naturel se retrouvent liés en négatif.  Deux choses distinctes sont deux référentiels l'une pour l'autre, et c'est un paradoxe  Que deux choses distinctes se reconnaissent en cela pour s'en retrouver confondues dans leur propre système. Ce paradoxe permet le mouvement. C'est une animation métaphysique qui donne à l'idée son mouvement.  Mon corps est cet animal, habité d'un jardin d'une essence impensable, une présence animiste qui a trouvé refuge dans une forme qu'elle avait repérée dans la différence. Une force animiste s'est réfugiée dans la contradiction d'une forme, pour acquérir un mouvement autonome, un mouvement propre dans le conflit d'un intervalle, une force d'indépendance qui lui a offert la mobilité dans une autre dimension. Cette mobilité lui a offert le probable, le possible, et une capacité au désir. En actant son unicité parmi d'autres unicités.  La mobilité produit l'expérience singulière intégrée dans un corps, la mémoire. La forme d'un caillou est sa mémoire, la taille d'un arbre est sa mémoire, mes mains portent leur mémoire, ma démarche est un mouvement empirique.  Des souvenirs surgissent comme des traces dans ma phantasia où les moments jaillissent dans des états venus d'autres moments, les premières représentations, vagues lumineuses et invisibles qui résonnent du passé et qui servent le présent.  Ces états synchronisent le passé et le présent, autrefois ils étaient un futur possible.  Cette représentation d'une mémoire par un état hors espace-temps, c'est ce qui a fait de la représentation un outil redoutable pour l'être animé.  Dans son perfectionnement, il a changé les représentations invisibles en pensées, en agencements de gestes, d'images, d'idées, puis de vocables. C'est un voyage vers l'abstrait qui, dans sa spécialisation à être chargé de mémoires, optimisait la survie des organismes.  Sortir la mémoire de sa structure génétique et de son expérience propre pour l'amener dans des dimensions autres, dans la langue, l'art, la culture,  C'est ce que mon humanité a porté comme spécialité.  Elle en a fait sa spécialité, au point où la tentation de n'être que cela fut accessible,  Jusqu'à la domination prédatrice,  Que seule une dissociation permettait.  Une abstraction, une dernière abstraction qui permettait de fuir la source des peurs, qui permettait de fuir le corps, qui permettait de tuer les dragons,  Et qui avait pour support la pensée.  Ce fut un modèle mis en mouvement. Le jardin est devenu la règle, puis le territoire, et enfin la cité politisée et conquérante. Les peaux s'étalaient, changeaient d'échelle, de concept,  Le mouvement était toujours le même, ne pas voir la peur.  Je pense à Thèbes,  Qu'Œdipe a gouverné, et qui désintéressait Narcisse sur la route de l'Asopos. Une ville née belliqueuse, du cadavre d'un monstre puissant et menaçant,  Une ville mythologique qui a inventé le calcul, la géométrie, l'astronomie, les jeux réglés et l’écriture.  Ville-représentation de notre humanité, construite par des soldats, sortis des dents du dragon,  Et centre des tragédies.  Thèbes est l'abstraction d'avec le Dragon. Ses dents sont les mots froids qui l'ont fait naître.  Si je cherche mon humanité, je fais abstraction avec le cosmos.  Si je cherche le cosmos, je fais abstraction avec mon humanité.  L’abstraction avec devient seule fonction proposée à mon esprit. Elle peut m'aider à aller à rebours, pour toucher cette chose singulière qui me distingue du néant. Cette chose en moi qui sera la dernière abstraction possible, l'abstraction de ma pelle.  Je veux trouver cette chose qui peut faire abstraction de l'ultime abstraction, pour pouvoir faire abstraction avec elle. Toucher ce mouvement, c'est ce qui me permettrait de mieux comprendre ma condition mystérieuse qui me fait vivant, en révélant des évidences oubliées par la métaphysique de ma pensée.  En l'écrivant je me rends compte que c'est cela La poésie.  La poésie trouve, retrouve.  Et alors je découvre la nature de ma démarche et je continue de creuser, avec le corps léger des poètes caressant les soleils.  Je fais abstraction avec ma langue.  Mon corps est né depuis l’intrication d'où il s'enfuit par abstraction avec lui-même, grâce à la pensée qu'il génère dans une dimension où l'espace est lumineux. L'abstraction est la pensée. La pensée bégaye et s'affine et quand j'observe son mouvement alors je peux penser ma pensée.  L'abstraction est la pensée, la pensée peut se penser. L'abstraction peut se penser et l'abstraction avec peut révéler la charge infinie du soleil. Ma pensée bégaye comme un coup de pelle.  Ma pensée agence maintenant des mouvements absurdes dans la canicule d'un espace hors temps.  Le soleil brille sous la terre de mes abstractions.  L’abstraction est la source de mes confusions quand elle n’a pas réussi à trouver ses fondations dans le néant même. Je veux la voir sur ses terres ! Je veux voir le soleil inaccessible et abstraire le ciel qui nous sépare, creuser ses brûlures jusqu'au froid du néant.  Je fais abstraction avec ma poésie.  L’abstraction est une source de paradoxe quand une chose est abstraite depuis deux ensembles distincts. J'imagine ce que je pense à résoudre par l'objet quand tout n'est que mouvements lumineux de questions directionnelles sans aucun sens.  Je dois m'abstraire de mon corps pour faire l'exercice de ma pensée seule, mais je ne peux pas m'abstraire de mon corps pour faire l’exercice de ma pensée.  Je ne peux pas m'abstraire de mon corps orgasmique pour respecter le désir impartial de résoudre ma nécessité poétique.  Mon corps organique est un objet concret, Un corps orgasmique mouvant dans la dimension qui rend au concret toute sa lucidité.  Je suis dans une direction déboussolée, c'est l'absurde d'un mouvement abstrait qui s'ancre dans le paradoxe essentiel de ma raison.  Je dois faire avec, et ainsi raisonner avec, et abstraire avec, et Peu importe l'objet puisque Il n'est ici question que de couleurs, de néants, de mouvements vers l'inerte. Je constate sans difficulté qu’à la vue de toutes ces contraintes, C’est un exercice périlleux qui m'attend. Une poésie où L'absurde est la clef. Sa régie est stricte, elle Est mon orgasme, mon désir, mon élan vital, mon conatus, mon... Il doit exister un mot... Ce mouvement est là je ne peux pas être le premier d'autres l'ont trouvé c'est sûr je ne suis pas le seul poète dans cette langue je dois trouver le mot je dois arriver à penser avec ce mot... L’abstraction est l’aveu de ma pensée comme une fatalité insupportable. L’abstraction m'oblige à ma présence. Elle m'oblige, par conséquent, physiquement, à chaque autre présence, concrète et abstraite. Dans cette direction, elle m'oblige  À la tentation des intrications,  À la tentation du corps.  Je fais abstraction avec mon corps.  Je lutte et m'accroche à ma pelle bègue, aspiré par le soleil,  Certain d'être porté par la justesse de l'absurde et ses paradoxes.  Au bout des formes extraites, il y aura un ensemble intriqué et crevé. Il y aura l'essence  Qu'il faudra réagencer.  Je sens en moi la maniaquerie objectale de l'abstraction, comme un désir solaire de regarder où la lumière abstraite devient visible. Il m'est littéralement impossible de penser. C’est le paradoxe de ma pensée. Je ne peux m'abstraire de mon corps pour penser.  Je dois penser dans l'abstraction avec mon corps rayonnant,  Je dois m'intriquer, de corps, à l'abstraction.  Dans l'intervalle de ma phantasia Je me retrouve face à mon projet, Face au cosmos, avec ma pelle. Je le regarde, nos corps se parlent.  Ils sont un double vecteur, la direction à prendre pour toucher ce que lui et moi nous fait nous rejoindre. Le corps du cosmos est le vecteur qui me tient à lui. Mon corps et le sien ne diffèrent que dans l'abstraction qu'en fait ma pensée. Avec mon corps, je fais abstraction de ma pensée.  Ma pensée est mon corps, Mon corps est une pelle. Je le regarde avec ma pelle. Il rit et, inébranlable, il se moque.  Pour penser le cosmos, avec justesse, je suis contraint de l’aborder par la relation qui me tient à lui :  Penser notre relation, penser les mouvements qui nous animent l'un à l'autre.  Ma pelle est une pelle cosmique avec laquelle je suis en mesure  De théâtraliser le cosmos,  Porté par l'audace joyeuse des poètes. Il s'ouvre à ma pensée.  Je tranche une première plaie, puis Je regarde ma pelle. Je réalise la fragilité des objets, des idées, et j'observe le mouvement de mon poème. Cette pelle n'est pas l'objet, elle est abstraction. Elle fusionne avec le cosmos et le morcelle.  Je découvre que je ne suis plus qu'un mouvement traversant les concepts concrets. La plaie s'évapore et entre dans mon corps innocent.  Plus je creuse le cosmos et plus il entre en mon corps.  Plus j'abstrais par la pensée et plus mon corps sature d'un cosmos qui m’inonde.  J'imagine Icare s'envoler avec ses pelles de cire et de plumes et je ris d'une brûlure absurde.  Ce monde trouvé avec cette pelle, ce monde découvert de ses objets, est un monde d'invisibles et fait de mouvements, un monde traversant et traversé, Où les choses se touchaient bien avant leur contact. Il m'est maintenant nécessaire de jouer, de fondre ma pensée dans mon corps omniscient, et de transfigurer mon imaginaire anthropomorphe en le projetant dans Une phantasia lumineuse, Dans son mouvement, dans le mouvement qui lie le corps à son esprit, cet organe mouvant de ma pensée. Pour percer le cosmos, je dois devenir cette phantasia, ce spectre organique, trace d'un cosmos dans l'invisible de mon corps.   Je veux plonger plus loin, je dois creuser encore et dans ce cosmos qui m'habite.  Je dois confier ma pensée à mon corps, à son héritage, à sa présence d'ici et là-bas. Lui seul saura m'indiquer la direction pour creuser le tunnel de mon poème.  Je dois trouver la source lumineuse de ma phantasia.  Le corps sensible est mon héritage, il est adapté à l’univers, Il est son plus fort témoignage.  Mon corps est habité par une mémoire invisible  Qui partage la même histoire que mon cosmos.  Mon corps est le livre cosmique écrit de mouvements.  Mon corps est, par le cosmos, la base et la fin d’un vecteur pour atteindre une pensée vers la justesse du cosmos. C’est la subjectivité réinitialisée dans la sidération d'un nouveau-né. Remonter ma phantasia me fait trouver mes souvenirs avortons. Ce n'est pas ce que je cherche. Je cherche dans le mouvement même de ma phantasia. Rentrer dans sa lumière et trouver l'éclat du premier mouvement,  Je veux vivre le cosmos avant même ses objets.  Ma phantasia est le liant subjectif de mon corps avec son cosmos. Ils se réfléchissent l’un dans l’autre sur l’écran de mon esprit qui ne peut enfin que constater les jets d'étoiles qui s'échappent de mes coups de pelle dans mon corps cosmique de poète.  Cette phantasia que je dois faire briller, c'est le bruit cosmique d'un cri originel, c'est l'image mouvante d'une page aux livres infinis.  Mon corps est la poésie absolue, source concrète de connaissance, seule expérience de pensée abstraite qui fuit la vacuité du savoir.  Ma phantasia saura voir ce qui ne se pense pas.  Mon corps attend de disparaître, ma phantasia gardera la trace de ce que je cherche.  Ma poésie est l'état méditatif de mon interaction avec le cosmos. Par la poésie de mon corps, je trouve cette beauté qui me fait être une présence du cosmos. Ma poésie est dans l'état qui valide une vérité par la beauté, dans la révélation du corps, et en inversant la phantasia jusqu’à retrouver le chant originel du cosmos.  Théâtraliser la relation qui peut exister entre l’objectivité mentale et la subjectivité orgasmique, c’est investir ma connaissance par son juste mouvement poétique, c'est Abandonner le phantasme de la pensée seule et fictive,  Et trouver la phantasia des images mouvantes de mon corps,  Dans une seule loi d’intrication qui aura créé son inverse :  L'abstraction avec ma pelle. L’intrication est le phénomène de ma pré-humanité, un pré-espace-temps où rien n'est dissociable du tout, Où l’identification d’une chose est rendue impossible par l’absence de formes D'un monde où l'absurde est la seule direction Pour ma phantasia.  L'inconscient n'a d'inconscient que le nom.  Il est ma part du cosmos qui agit dans l'ombre et que je ne peux pas penser.  Il apparaît inconscient quand ma pensée dévore ma phantasia et Il apparaît conscience quand le corps valide chaque réminiscence Dans le regard stupéfait de ma pensée.  Ma pensée m'appartient, Ma phantasia elle, Est un chant du cosmos. Ma trouvaille se fera dans les dialogues à moi-même, dans la relation qu’a mon esprit d'idées avec mon corps confondu au cosmos, Dans l'intervalle entre mon corps et ma pensée,  Dans ma phantasia. Je fuis la vérité, la vérité préméditée, la vérité éphémère qui disparaît au moment même où elle apparaît. La vérité est une forme condamnée à l’annihilation par la nature amorphique du contexte qui l’a vu naître. Pour échapper à cette imposture je dois m'ancrer dans le sentiment de beauté que m’offre une pensée rendue vierge,  Une pensée inouïe de justesse, la pensée du cosmos intérieur découvert par une pelle,  Une pensée rendue vierge et cohérente par l’abstraction avec mon corps intriqué au cosmos,  Une pensée qui court dans mon corps orgasmique, en criant des hourras comme une divinité enfin réveillée.  Ma subjectivité réduite à son faisceau primordial absurde est la seule fonction fiable pour écouter et entendre le cosmos.  Je plonge dans mon corps rendu hypersensible. Je fais les abstractions en cascade dans le tenseur du cosmos dont je suis le témoin vivant. Je trouverai, à la source éblouissante de cette phantasia, la pensée seule et nue, la pensée muette et savante, la poésie que je pourrai chérir pour initier mon vivant aux joies des découvertes primordiales, au-deçà des sciences et des savoirs. Je suis prêt,  À creuser.  J’abstrais et dérive le tenseur du cosmos J’abstrais mon humanité, mon histoire, mon avenir. J’abstrais la flore, la faune. J’abstrais chaque chose, Le soleil et la lune. Le sol, les étoiles et les vents, J’abstrais encore Et encore j’abstrais Jusqu’à éteindre la lumière de ma mémoire Jusqu'à ce qu'il fasse nuit, Nuit sur la nuit et nuit encore. J'abstrais tout ce qu'il m'est possible de creuser. Au terme apparent de ces abstractions, sous le chaos lui-même, Bien avant l’espace et le temps, Il y a  Le néant nulle part omniprésent.  Je le vois, là-bas, sous ses dernières guirlandes que j’émiette encore.  Phantasier le néant, ce n'est pas le fantasmer. Je dois maintenant disparaître également, je dois m'éteindre et éteindre ce théâtre d'ombre,  Je dois fondre mon corps et son cosmos dans la phantasia seule d'un bruit qui s'éteint. Il me faut abstraire ma pensée et son référentiel, abstraire ces présences indésirables.  Je dois être autre chose qu'un poète flottant dans son éther vidé.  Je dois sentir le trou du trou noir cosmique des abstractions jusqu'à trouver ce qui reste,  Je veux voir le mouvement nu de l'intrication. J'ai abstrait avec et  Mon esprit meurt dans son projet...  Je pense à Icare,  Son corps lévitant sous les ailes fragiles de sa pensée,  Cherchant dans la saturation du soleil le silence  Que le poids de sa chute a su lui donner.  Je me réveille, la vie lourde,  Voici ce que j'ai trouvé :  Le néant est incommencé. Il est un incommencé probable, ici, où le temps et l’espace ne sont pas encore.  L'incommencé est l'intrication vide.  Le néant est l’incommencé, un incommencé sans espace ni temps, un infini.  Le néant est l'incommencé et l’infini intriqués. Le néant est l'absurdité paradoxale, l'instabilité potentielle suffisante pour que l'incommencé soit initié avant même sa propre dimension dans l'erreur d'un temps absent. Le néant, ce néant sans plus d'abstraction possible, n'est plus qu'un mouvement.  L'abstraction est aboutie, il ne reste que l'intrication des avenirs oubliés.  Il est mouvement sans espace et sans objet, sans espace, ni objet, ni temps, ni rien. Le néant est le mouvement seul de l'incommencé dans sa posture infinie d'inerties des devenirs,  Toujours sans espace, ni temps.  L'incommencé pour toujours. L'immobilité infinie tient la part d'utopie de l'incommencé, avec lequel elle s'intrique. Ce néant est le mouvement primordial dans la direction de l'abstraction avec, et qui peut rebondir dans une absurde promesse d'intrication.  L'incommencé et son infini sont les deux sens d'une même direction. Ils sont un mouvement seul, le mouvement pur, débarrassé de leurs dimensions hors espace-temps.  Ils sont une dimension d'intention pure.  Le néant est le mouvement abstrait pur d'un incommencé infini, d'un incommencé et d'un infini coincés l’un dans l’autre par la danse intenable des présences hors dimension, d'un infini incommencé sans dimension.   L’infini plus un est encore l’infini. L’infini n’est pas une fonction, il est un mouvement. L'infini est intriqué à l'infini plus un, comme l'incommencé est intriqué à l'infini.  L'incommencé est un infini moins un qui n'a jamais été distingué de son intrication avec l'infini.  Ici tout n'est que mouvement cristallin. Le mouvement sans le geste.  L'incommencé infini est, par nature d'intrication, l'infini incommencé.  Cette chiralité des deux mouvements les distingue en deux objets qui étaient un mouvement originel et qui maintenant sont une répétition d'eux-mêmes, plus une variation.  C'est le bruit d'un rythme. C'est un rythme intriqué. C'est  Un intervalle.  Il y a maintenant un intervalle. Un intervalle hors espace et hors temps.  Le néant est un intervalle sans espace ni temps entre un incommencé originel face à son infini potentiel.  Ensemble, ils sont leur propre conflit, parce qu'ils sont une même chose dans le paradoxe naturel de leurs sens inverses. Une infime déviation qui les distingue en un rythme où l'intervalle s'installe. L’incommencé et l’infini ne sont encore que les avortons du temps et de l’espace pensés. Ils se ressemblent comme deux fœtus et grandiront comme deux jumeaux. Ils sont distincts et intriqués comme Dionysos et Apollon dans la naissance d’une tragédie.  Cet intervalle est une densité imaginaire, c’est la densité des possibles sans espace ni temps.  C’est une densité mise en tension par l’absence d’espace-temps. Une densité de mouvement sans son geste.  Un mouvement d'une densité infinie qui n'a jamais eu la dimension d'exister.  Une densité qui se répond en larsen, un larsen synchrone où  L'incommencé se boucle avec son infini.  Dans l'intervalle, l'incommencé et l'infini se confondent maintenant dans leur champ.  Un champ avant l'espace, un champ comme un mouvement d'intention commune. Dans le larsen la résonance a pris la tangente hors d'une non-dimension.  Ils ont créé un axe. La danse sinusoïdale de l'incommencé et de l'infini trouve l'axe fuyant de son solénoïde. Dans le champ d'un intervalle bouclé, mis en larsen, sans espace ni temps,  Une densité croissante, exponentielle qui rayonne sans espace ni temps, A créé une dimension, Un corps, sans espace ni temps.  L'axe perpendiculaire trouvé est d'une autre nature, un premier axe d'une première dimension à naître.  Elle est déjà née, depuis un futur qui se fait sentir dans cet endroit étrange sans espace et sans temps.  Le néant est une polarité mouvante, dans le rythme rebondi du paradoxe,  Le rythme absurde dans la potentialité de leurs probabilités.  Le moteur du cosmos.  Le néant a maintenant un corps. Un corps perdu comme Abstrait avec.  Il est devenu un espace entre deux mouvements abstraits. Il est devenu le rythme moteur et primaire d'une rencontre archaïque de deux équivalents entrés en résonance. Le rythme, c'est quand une même chose est double, qu'elle a été doublée dans un néant sans espace ni temps.  Le rythme commence quand deux choses se confondent dans leur apparence, mais qu'un détail les sépare dans leur mouvement.  Il suffit d'un intervalle pour qu'un rythme ait existé.  Un coup de baguette est un son.  Deux coups de baguette sont deux fois le même son.  Deux sons identiques et séparés dans une variation accessoire de temps.  Deux sons qui suffisent dans leur intervalle à initier leur musicalité, leur champ,  Que le musicien entretient dans l'insouciance de son corps à boucler l’expérience du vide.  Le rythme crée une précision abstraite comme une propriété suffisante à l'intervalle sans espace ni temps.  Cette précision donne un corps au néant. C'est l'idée inconsciente du néant.  L'intervalle a trouvé un corps, un champ. Il peut maintenant interagir dans la nature absurde du paradoxe, moteur du cosmos.  Son corps, cette boucle, est fini,   Mais son champ ne l'est pas.  Il brille dans une autre dimension qui indique la présence d'une boucle et Qui crée l'utopie que l'incommencé recommencera.  Sans espace ni temps,  L'incommencé et l'infini n'ont pas de nature. Leur champ est leur seule nature.  L'incommencé et l'infini se boucle dans la nature de leur champ.  L'incommencé rencontre son propre champ et l'infini rencontre son propre champ.  Un champ déboussolé de trois champs qui se rencontrent dans trois nouveaux intervalles.  Trois intervalles qui trouvent leur propre champ et Les interactions, maintenant, se multiplient dans le champ fractal des champs.  L'incommencé et l'infini se synchronisent, ils créent une nouvelle boucle.  Disparaître c'est apparaître, et le concave est convexe.  Je pense à Sisyphe Et l'intervalle absurde.  Il est le plus grand clown de l'histoire de la tragédie. Les champs émergent de toutes parts, confondus,  Ils sont des dimensions isolées qui jaillissent dans une explosion cosmique dont on ne verra jamais que le bruit.  Le néant est maintenant un champ de champs tissés Qui se croisent, s'embrassent, s'aiment, s'intriquent et qui parfois Trouvent la résonance qui leur donne un visage.  La dimension primordiale a trouvé son accélération. Elle devient une cascade de champ, puis de dimensions puis de   Champs-dimensions dans une cascade cosmique hors espace-temps.   Les champs sont des présences irradiantes qui se cherchent une interaction dans le souvenir originel d'une utopie d'intrication.  Ils sont des présences irradiantes prêtes à synchroniser leur rythme par l'intrication d'avec d'autres dimensions.    La nature du champ est de porter vers l'intrication par De nouvelles dimensions,  Dans la loi fractale des rythmes traversants. Et alors je pense à mon humanité, Grandissant dans les cascades exponentielles La cascade de l'évolution la cascade générationnelle la cascade des civilisations la cascade des idées la cascade des images la cascade des images superposées la cascade mystique des croyances la cascade de la connaissance la cascade des matériaux la cascade des techniques la cascade des vies des morts le flot magmatique des niveaux d'humanité dans le retour impossible d'une cascade bouclée dans l'explosion irréversible d'une danse originelle propulsée par et dans l'infini d'avec l'incommencé,  Mon humanité comme un mouvement transposé du moteur cosmique jusqu'à la croisée des civilisations. Mon humanité tragique et promise à être un jour animée dans sa propre dimension.  L'abstraction de l'abstraction était déjà un rythme intriqué.  J'accélère.  Les infinis se bouclent maintenant par la symétrie de leurs incommencés, des opposés et des inverses, qui dans la fuite dérivée des nouvelles dimensions créent la source cosmique des champs.  Des dimensions jaillissent en cascade d'étoiles dans une cacophonie de dimensions solitaires.  C'est l'énergie sombre, maillage de cordes sans résonance, et support du cosmos.   C'est la trace de l'espace et du temps dont ils sont eux-mêmes la trace. Les dimensions sont des diapasons, qui créent de nouvelles dimensions dans l'association de leurs résonances. Ces nouvelles dimensions qui à leur tour cherchent une résonance quelque part pour vivre une amplitude plus forte vers un niveau supérieur.  Quelques dimensions entrent en résonance, leur intervalle crée l'espace, un espace pur de mouvement sans geste. Les dimensions restées solitaires tendent vers les dimensions synchrones, tentent l'inimaginable diapason et créent les turbulences. Ces interférences plastiques qui perturbent l'espace, le rendent discontinu et lui confèrent la propriété du temps.  Le tissu bouge, c'est le geste du temps. La boucle de l'espace et du temps est le maillage des proto-dimensions entré en conflit avec les incommencés dans l'équilibre diapason des solénoïdes. C'est l'univers en expansion, il est l'infini, le pluriel d'un infini en devenir, la tension du cosmos dans son mouvement qui cherche sa résolution dans l'équilibre musical du big bang.  Le temps, puis des particules de toutes sortes bouclent leurs infinis dans les dimensions concrètes et insoupçonnées. Par le geste et l'absurde, la forme est cette dimension qui a fait le champ de la pensée.  La forme s'est imposée comme matériau de l'outil de l'abstraction, comme  Un coup de pelle.  La boucle bègue de la pensée est l'incommencé entré en conflit avec l'infini dans le maillage des champs. Parce qu'on abstrait une chose seulement avec le référentiel de son inverse,  Comme le masque concave accueille le visage convexe,  L’espace est la trace du temps et le temps est la trace de l’espace, Le présent est le moment absurde où l'infini et l'incommencé se sont intriqués.  Le présent est le temps omniprésent, le bruit cosmique persistant,  L'endroit de toutes les dimensions.  Mon corps, où j'ai trouvé la poésie du cosmos, est son antenne intriquée.  Sans l'abstraction d'avec mon humanité. J'ai vu le néant rebondir sous ma pelle.  J'ai vu le néant rebondir sur lui-même et s’échapper dans le champ de son absurdité.  J'ai vu le néant intriqué à lui-même et devenir son propre rythme pour s'échapper dans un champ.  J'ai vu l'intrication œuvrer dans son paradoxe des sens, dans son paradoxe des mouvements,   J'ai vu l'origine dans le mouvement nu de l'intrication,  J'ai vu le bruit des dimensions invisibles et J'ai vu les dimensions synchrones tisser la toile du cosmos dans l'explosion des champs.   Mon esprit est le champ de mon corps et ma pensée, dans la danse matricielle de mon humanité. Je pose ma pelle. Des pas, seulement des pas,  Je suis un rythme,  Je suis mes pas.  Je danse,  Dans le champ de mon vivant.  Je lâche ma pelle et je danse l'intrication,  L'intrication dans le rythme De mes pas, dans ma Dimension échappée  Du néant, l'immense Dimension des corps Symphoniques.  J'avance, traverse ce Monde, sans souvenir Et sans projet. Ma respiration suit Mes pas. Ma pensée Est la rosace mouvante des Apparitions et disparitions.  Mon seul talent n'aura jamais été Que d'avoir trouvé le néant Et de l'avoir vu rebondir.  Ma mort et ma pensée sont sans espace ni temps.  Mon corps le savait.  Ma pensée bégaie, pour appartenir  À la musicalité du cosmos, au Plus profond du monde. En moi,  La première trace du temps, l'unité où Tout était déjà là. Une présence dans un mouvement, Un référentiel nu, Je suis vivant.  Tout se confond dans une sensation inouïe : Je suis vivant L’abstraction crée le néant. Le néant crée le rythme. Le rythme suinte le champ. Le champ est l'avenir et la trace du passé. L’intrication crée l’absurde. L’absurde crée le paradoxe. Le paradoxe crée l'absurde. Le passé est une trace de l'avenir. Je danse ces dimensions qui m'intriquent  Dans un monde coloré, Où quelque part, au fond de moi, Tout est déjà intriqué. C’est la naissance intriquée de l’absurde et du paradoxe comme mouvements fondamentaux d’un univers fait de  Mouvements insaisissables qui me définissent. C'est la naissance d'un monde mouvant où "Je" est insaisissable hors d'un sentiment de beauté, de joie. L’absurde est le mouvement qui a quitté la tension chaotique de l'abstraction,  Qui a fui le seuil des possibles pour traverser le concret, dans un cosmos où le rythme est un fondement qui ne se vit que dans les intervalles.  La forêt est absurde, et on n'y est qu'entre les arbres.  L'intrication est un mouvement concis, qui n'attend pas de se faire sentir.  L'absurde est mon organe matriciel, il est l’intrication vectorielle séquencée hors espace-temps par l’abstraction de l’abstraction, il est la simultanéité des opposés et des inverses dans la définition solénoïdale de leur mouvement. L’absurde est la matière première de ce poème créé dans le champ de mon vivant, au plus loin du chaos, Où chaque mot s’intrique pour rendre la musicalité d’une pensée rendue dans l'intervalle de mes organes. L’abstraction de l’abstraction s’est dissoute dans le rythme pour libérer l’absurde dans ce qu'il a de plus concret.  L’absurde est la manifestation cinétique d'un univers où tout n’est qu’interactions d'invisibles et d'inconcevables, dans l'interaction mouvante des intrications,  Mais en plus concis. L’absurde est une lumière, un champ, une phantasia.  L’absurde est la forme d’organisation par les invisibles impensables d’un mouvement réalisé dans le référentiel des dimensions intriquées et tirant vers leurs synchronisations dans un bain d'interférence de mouvement,  Mais en plus concis. Là où mon corps, Heureux et rieur, Constate  Que mon mouvement est fait de ces interférences,  Je suis l'erreur originelle de ma pensée,  Et c'est un soulagement. Il doit exister un mot, dépourvu de mystique, qui désigne la forme d’un univers où tout est intriqué quand Nos esprits entraînés touchent enfin leur naïveté à être.  Ce mot ne peut qu'échapper au langage. Il est le bruit d'un brouhaha dont la douceur ressemble à la caresse d'une étoile.  Cette étoile en moi, cette  Trace du cosmos.  J’ai investi l’intrication dans l’espace tensoriel et absurde du cosmos. De cette expérience, Force est de constater que Je suis vivant. C’est ainsi que l’humanité a désiré le théâtre : Pour tenter sa cohérence Avec le cosmos, Dans un simple désir d’intrication À se regarder Et se laisser Affecter. Ce mouvement est  Mon identité. Je suis vivant.